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       D'étranges papiers collés ornent les murs de Paris, montrant toujours le même homme, nu. Nu sous le regard des passants comme dans un cauchemar. Une bouée l'enserre, le protégeant ou le retenant prisonnier. Son visage est inexpressif mais ses différentes postures traduisent son embarras et son angoisse.
     
     

    homme bouée, papier collé à Paris

     

      La bouée évoque les vacances, la plage, la mer, la liberté et le plaisir. Ce baigneur hors de l'eau ne trouve rien de tout ça ici. Il est écrasé contre des murs hostiles, la bouée ne lui sert à rien et il est évident qu'il ne s'amuse pas. La plupart du temps, ses bras sont entravés par la bouée, symbolisant son impuissance à fuir un monde qui lui est étranger. Les mains ouvertes écartées, il semble dire: "Qu'y puis-je, ce n'est pas de ma faute!" 
     
     


    homme bouée cachant son visage dans le mur
     papier collé à Paris


        Tantôt l'homme nu essaye de dissimuler son visage dans le mur, comme une autruche qui enfonce sa tête dans le sol. Mais comme pour l'autruche, il reste très visible pour ses prédateurs. Tantôt l'homme nu se recroqueville, de froid ou de peur, dans sa bouée ou rampe sur le sol en de curieuses contorsions.
     
     


    homme bouée cachant son visage dans le mur
     papier collé à Paris


       L'homme à la bouée est un solitaire, il aime les recoins.  Parfois cependant il retrouve quelques semblables perdus comme lui dans la ville. Ils se regroupent alors, deux face à face, trois dans la même bouée ou à cinq pour regarder un dessin sur le mur. Le même dessin existe en grande et petite taille, créant une conversation improbable entre les Gugusses, comme certains les appellent.
     
     

    homme bouée
    à coté du guerrier de Kouka et sous la fresque de Jean Le Gac
    papiers collés Place Fréhel à Paris

     
       Une image, tout aussi anxiogène, montre l'homme bouée sans bouée. Est-ce la première image, celle de la naissance où le personnage est projeté dans notre monde, comme Terminator arrivant nu sur la terre, ou comme un nouveau-né monstrueusement adulte, résultat d'une démoniaque manipulation génétique?
     
     


    Nouveau né monstueusement adulte ou homme bouée libéré de sa bouée?


       Est-ce la dernière image, quand l'homme à la bouée a réussi à s'extirper de sa baudruche et qu'il se retrouve encore plus fragile, sans rien à quoi s'agripper? Le début ou la fin du cauchemar?
     
     


    homme bouée faisant ses courses
    papier collé à Paris


       Une image intermédiaire montre l'homme bouée faisant ses courses. Une occupation tout à fait normale qui prouverait que l'homme de papier s'est intégré à la vie citadine. Le personnage est si  bizarre que  le comique voulu se mêle à une impression de malaise diffus, un peu comme l'humour  des dessins de Topor.
     
     
     

    homme bouée papier collé à Paris


     
      Ces différentes images racontent une histoire de malaise, d'errance, de douleur dans un espace en deux dimensions. Au passant de trouver la signification et la chronologie de ces collages, s'il y en a. Et l'histoire n'est pas finie car l'auteur continue de coller ses papiers découpés sur les murs parisiens.


        Fait de papier kraft crayonné et coloré, le dessin est volontairement un peu flou, estompé, donnant au personnage un aspect incertain. Les papiers collés sont toujours placés en hauteur, en fonction du décor, afin de mieux souligner l'absurdité de la situation. Les arpenteurs des rues guettent les apparitions de l'homme à la bouée, street-art intrigant sans créateur connu.



    Liens:
    Philippe Hérard, l'homme à la bouée, une comédie humaine

    autres photos de l'homme à la bouée.

    L'homme à la bouée sans bouée, avec échelle: variations du street-art
    Street-art: l'homme à la bouée et le maître nageur, images de l'intranquillité

    Des murs bien bavards: arrête de souffrir, crevez pas de tristesse, murmurent-ils 


     
    Palagret
    août 2009
    street-art
     

     
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    "fugit irreparabile tempus"

     

        "Le temps fuit irrémédiablement", telle est l'inscription qu'on peut lire sur un banc de Vancouver. Posé au milieu du jardin qui vit avec les saisons, de l'éclosion des fleurs à la chute des feuilles, cycle de vie et de mort, le banc invite le passant à une méditation romantique sur la fragilité de la vie.  
     

    Sed fugit intera. Fugit irreparibile tempus. Love is for ever
    banc public avec une plaque gravée à Vancouver, Canada
    source


         Dans les pays anglo-saxons, de nombreux bancs dans les jardins publics, les cimetières ou sur les promenades de bord de mer portent des inscriptions: in loving memory of, en souvenir de, offert par. Le nom du défunt est souvent accompagné d'une citation, d'un poème ou d'un conseil:

    "Apprends nous à nous asseoir tranquillement" dit un banc à Collingham, Angleterre.

    "Il n'y a pas de colline plus charmante que celle qui a accueilli mes pensées fatiguées", Hawkshead, Angleterre.


    Nouveau banc public en acier au Jardin des Plantes à Paris
    devant la statue de Buffon


        A Central Park à New-York, depuis 1986,  plus de 9000 bancs portent une plaque gravée au nom du donateur ou de la personne à honorer. Le banc et la plaque, à partir de $7,500, seront entretenus aussi longtemps que le parc durera.


    A la mémoire de Maldwyn Edwards qui a passé tant d'heures
    sur l'esplanade à travailler à sa tapisserie

    banc public avec une plaque gravée à Scarborough, Angleterre
    source


       A partir du 7 septembre, les nouveaux bancs  du Jardin des Plantes s'orneront eux aussi d'inscriptions. Il sera possible d'avoir une plaque à son nom ou à un « cher disparu » sur l'un des 255 bancs du jardin, pour la modique somme de 1 800 euros par banc simple et 3 600 euros par banc double. Il sera aussi possible d'écrire un court texte.


    Nouveau banc public en acier au Jardin des Plantes à Paris


       Découpés au laser, les nouveaux bancs d'acier s'inspirent des squelettes de dinosaures qu'on aperçoit à travers les fenêtres du  Muséum. Benoît Le Thierry d'Ennequin, Yves Pagès et Virginie Mira ont remporté le concours lancé en 2006. L'agence Explorations architecture a déjà dessiné des ponts aériens à Leicester et Dublin et le pavillon d'entrée provisoire à Versailles.


    Nouveau banc public en métal au Jardin des Plantes à Paris


     
    Fabriqué en matériau durable et recyclable, les bancs de Benoît Le Thierry d'Ennequin, Yves Pagès et Virginie Mira remplacent d'anciens bancs de bois, eux aussi durables et recyclables. Espérons que le nouveau mobilier en acier, élégant et confortable ne sera pas bouillant en plein soleil et glacial en hiver,  comme les sièges des abri-bus.


    "The Captain and the purple lady, the sun is always over the yard-arm" 1
    banc public en pierre avec inscription, à Treyarnon en Cornouailles
    face à la mer, source


         Le parrainage du mobilier permet de récolter de l'argent et le Muséum, lancé dans un vaste programme de rénovation en a bien besoin.


    Nouveau banc public en métal au Jardin des Plantes à Paris


        Très répandu dans les pays anglo-saxons, le parrainage n'est pas nouveau en France. En 1999 à Versailles, l'opération "Adoptez un arbre" a permis  de replanter 10000 arbres après la tempête. Après "Adoptez une statue" en 2005, les bancs du parc de Versailles sont maintenant proposés au mécénat depuis juillet. Les 170 bancs de pierre et de marbre seront restaurés grâce aux donateurs.


       Avec ses bancs d'acier au design moderne, l'opération "Adoptez un banc" du Jardin des Plantes aura sans aucun doute du succès auprès de ceux qui en ont les moyens. On peut aussi se cotiser. Sinon, à défaut d'y graver leur noms, les amoureux pourront toujours se bécoter sur les bancs publics, comme le chantait Brassens.

       La rénovation du mobilier se poursuivra avec la signalétique, les fontaines et les poubelles.
    Il est peu probable que les poubelles soient à parrainer.


    Le cerisier du Japon du Jardin des Plantes
    Les statues du jardin de Versailles en hiver
    Riches mécènes, adoptez une statue à Versailles

    Palagret
    août 2009


     

    Sources:

    Toutes les photos sont de Palagret                     cc.gif

     

    Dossier de presse: 

     

    1- Le Capitaine et la dame pourpre, le soleil dépasse toujours le bôme de grand voile. Allusion au fait qu'un gentleman ne boit pas d'alcool fort avant que le soleil ne dépasse la bôme du bateau, en fin d'après-midi. Après .... Une inscription probablement dédiée à un amateur de whisky et à sa dame.
     
     
     
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       "Venez comme vous êtes" nous dit McDonald's la chaîne de restauration rapide. Les affiches de la campagne publicitaire illustrent ce slogan avec deux personnages issus de l'univers du cinéma hollywoodien: Dark Vador et King Kong.

     

     

    affiche Mac DO King Kong 3King Kong au McDonald's, affiche publicitaire 

     

     

       L'humour et les citations sont toujours efficaces dans la publicité et ces deux affiches font sourire. King Kong est trop monumental pour tenir dans le cadre de l'affiche et on ne voit que sa main. Cette main qui dans le film tenait si délicatement la jeune femme qu'il avait capturé sur son île lointaine. La serveuse du fast-food, très professionnelle, essaye de cacher sa crainte devant le gigantesque singe.

     

     

     

    affiche-MacDo-King-Kong-m-tro.jpgKing Kong au McDonald's, affiche publicitaire dans le métro

     

     

       Ici le gorille préhistorique s'apprête à recevoir son Big Menu dans sa paume tendue. Non, il n'est pas mort au sommet de l'Empire State Building, mitraillé par les avions. Le singe fabuleux a survécu à ses ennemis, il s'est intégré et comme tout le monde, il va au McDo, sans façon.

     

     

    affiche Mac DO King Kong 5King Kong au McDo, affiche publicitaire 

     

     

     

    Liens sur ce blog:

    Dark Vador est parmi nous, publicité McDo

    McDonald's: Scream, Asterix, Cendrillon, venez comme vous êtes

    Affiches Macdonald's: Tintin, Lara Croft, Taxi et des serveurs bien ignorés

    Quick et Star Wars: Yoda, Dark Maul, Dark Vador, combat de hamburgers

     

     

     

     

    Palagret

    archéologie du quotidien

    août 2009

     

     

     
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       "Vous êtes ici" dit un pochoir sur un mur bien propre. Affirmation absurde puisqu'il n'y a aucun plan pour se situer à côté du signe. Affirmation incontestable puisqu'évidemment je suis ici. Où pourrais-je être sinon ici et maintenant? Un questionnement philosophique pas si innocent.
     


    "Vous êtes ici"
    pochoir noir aux cercles concentriques


      Sur les plans de métro ou de bus, le pictogramme "ici" permet de s'orienter. Comme toute information extraite d'un ensemble, non reliée à d'autres informations, le pictogramme isolé se vide de sens. L'ironique pochoir ne sera d'aucune utilité au passant perdu qui pourrait même se mettre en colère contre celui qui se paye sa tête. Détourné, le petit dessin est une plaisanterie surréaliste.
     


    "Vous êtes ici"
    pochoir noir aux cercles concentriques


        Deux timides pochoirs se trouvent dans la même rue, du côté de Beaubourg, comme si le pochoiriste n'osait sortir de son territoire. Quelque jours plus tard, un petit bonhomme apparaît, scotché sur la cible.
     


    "Vous êtes ici"
    pochoir noir et Bonhomme de maïs aux bras et jambes bleus

     

    Suite: Street-art? Bonhomme de Maïs à Paris


    Liens sur ce blog: street-art et philosophie de la rue
    23:59, cette heure arrêtée au cadran de la montre, street-art "Buying reality?", une bizarre interrogation taguée sur un mur

    graffiti pitoyable, philosophie de la rue

    Pourquoi? demandent les papiers collés

    Mieux vaut art que jamais

    Des murs bien bavards: souffrance, tristesse, mort, murmurent les stickers

    Street-art? Un petit bonhomme nous ordonne: "par ici", "suivez le"
     
     
     
    Palagret
    août 2009
    philosophie de la rue
     
     
     
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       Les zèbres s'ébattent dans la ville au milieu de tigres, girafes, rhinocéros et singes. Depuis près de vingt ans, Mosko et associés (Michel Allemand et Gérard Laux) égayent les murs aveugles de Paris avec leurs pochoirs animaliers.


    Zèbre de Mosko et associés à Ménilmontant


        Ici à Ménilmontant, on trouve quelques zèbres solitaires. Ces animaux sont plutôt grégaires et seule l'étroitesse des murs détermine leur isolement.


    Zèbre de Mosko et associés à Ménilmontant

       De tous les animaux africains représentés, seul le rhinocéros est un véritable solitaire. Dans la savane les zèbres, les girafes, les singes sont toujours en troupeau ou en bande. 


    Zèbre de Mosko et associés avec le bonhomme blanc de Mesnager, à Paris


        A Paris, cette faune sauvage est souvent associée à l'homme blanc de Jérôme Mesnager et à l'homme noir au parapluie de Nemo. Speedy Graphito sert parfois de décor aux animaux de Mosko. Du côté de la rue Mouffetard, le quadrupède rayé noir et blanc batifole sur le paysage géométrique de Speedy Graphito. Rue des rosiers c'est un tigre, rayé lui aussi, qui se détache sur l'herbe semée de rochers carrés, manquant de piétiner un serpent.


    Zèbre de Mosko et associés sur une fresque de Speedy Graphito
    à Ménilmontant

       Mosko et associés, Jérôme Mesnager et Speedy Graphito se connaissent depuis longtemps. Ils ont tous les trois participé aux Lézarts de la Bièvres et leur fresques sont visibles, en plus de Ménilmontant, dans le treizième et le cinquième arrondissement de Paris.

        Sur le boulevard de Ménilmontant, un autre zèbre orne une façade. C'est l'enseigne d'un ancien cinéma, le Berry, qui a failli disparaître sous les coups des bulldozeurs. Grâce à la mobilisation des associations, le Zèbre de Belleville est maintenant un lieu de spectacle.


    enseigne du Zèbre de Belleville



    Zèbre près d'une porte cadenassée à Belleville


    Liens sur ce blog:
    Jungle urbaine: les pochoirs de Mesnager et Mosko et les poubelles sauvages
    La savane de la rue de l'Ourcq
    Mosko, arrête de faire le zèbre

    Exposition Art urbain

    du 15 Mai 2009 au 29 Août 2009
    Entrée libre - Du mardi au samedi de 11h à 18h
    Pavillon Carré de Baudoin, 119-121 rue de Ménilmontant, 75020 Paris
    01.58.53.55.42


    Palagret
    street-art
    août 2009
     
     
     
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       Dans le quartier du Sentier se trouve un curieux immeuble à la façade très étroite qu'Eugène Atget a dû trouver intéressante. Attiré aussi bien par le banal que par le pittoresque, le photographe a réalisé des milliers de photographies à Paris à la fin du dix-neuvième siécle.

     

    La Maison d’André Chenier au 97 rue de Clery,  Paris 2è
    Photographie d'Eugène Atget, 1907 1


      

      Un siècle plus tard, en 2009, la façade étroite existe toujours et elle n'a pas tellement changé. En 1903, il y avait une boutique au rez-de-chaussée à l'enseigne  "Au poète de 93" en hommage au poète André Chenier 2 qui vécu là avant d'être arrêté par les révolutionnaires. Dans la boutique, on vendait des journaux et peut-être aussi du vin comme le dit une deuxième enseigne.

     

    La Maison d’André Chenier au 97 rue de Clery,  Paris 2è
    Photographie de Palagret, 2009



        En 2009, il y a toujours une boutique mais elle est protégée par des grilles et on ne voit pas d'enseigne en façade.

           En 1903, le dernier étage était couvert de zinc. Le zinc a été déposé et le toit est maintenant couvert d'ardoises. Au premier étage se trouvait le portrait d'un homme. Il a disparu. Par contre la plaque en hommage au poète est toujours là. Le coin de la rue s'appelle maintenant la Pointe Trigano.




    "Ici habitait
    en 1793 le poète André Chenier"
     pointe Trigano, rue de Clèry et Beauregard, Paris



        En contre-plongé, Eugène Atget a cadré les rues presque désertes, peut-être tôt le matin ou un dimanche. Ce quartier, proche des boulevards haussmanniens de Bonne-Nouvelle et  de Saint-Denis, était très animé et l'est toujours. On distingue sur la photo sépia une silhouette d'homme, sans doute le marchand de journaux, et une charette. Atget privilégiait les personnages immobiles car son appareil photo n'avait pas d'obturateur et tout mouvement apparaissait flou. Les rues désertes posaient moins de problème. Dans la composition, les pavé tiennent beaucoup de place, presqu'un quart de la surface, accentuant le vide de la scène, la rendant étrange.

        Ces pavés sont maintenant recouvert de bitume. En 1903, il n'y avait ni passage piétons ni panneaux de signalisation car les voitures automobiles étaient rares. Les charettes et les calèches tirées par des chevaux assuraient tous les transports. Les chevaux ont disparus de Paris dans les années cinquante seulement.

     

    La Maison d’André Chenier au 97 rue de Clery,  Paris 2è
    Photographie de Palagret, 2009



       Le vieux Paris, un Paris prêt à disparaître, avec ses ruelles, ses maisons, ses enseignes, a été systématiquement photographié par Eugène Atget. à partir de 1898. Il a laissé un témoignage inestimable et constitué une anthologie de la ville au tournant du siècle. Eugène Atget (1857-1927) vendait ses photos aux artistes, écrivains et peintres, aux institutions et aux collectionneurs.


    Vieille maison en sursis et encore habitée
     Ménilmontant, 2009


      Beaucoup des lieux qu'Eugène Atget a photographié ont disparu. Les quartiers épargnés par le baron Haussmann et qui ont résisté au vingtième siècle ne seront bientôt plus que des souvenirs. La rénovation urbaine s'accélère; les modestes maisons d'un  ou deux étages, les petits ateliers et garages sont rasés pour rentabiliser l'espace. Bientôt il ne restera plus rien du Paris populaire du dix-neuvième siècle.




    Lien: Photographies d'Eugène Atget
    Atget au parc de Sceaux, photos d'hier et aujourd'hui I


    Palagret
    photographie
    août 2009
     
     

    1- Le tirage, de 21 x 17 cm, sur papier albuminé a été réalisé entre 1903 et 1927 d’après un négatif sur verre au gélatino-bromure de 1903 ou 1904

    2-
    André Marie de Chénier, poète et journaliste français, dit André Chénier, né en 1762 à Constantinople,  condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire, pour avoir « recélé les papiers de l'ambassadeur d'Espagne », et guillotiné le 25 juillet 1794, deux jours avant l’arrestation de Robespierre.
     
     
     
    Source:
    Eugène Atget, photopoche, CNP, 1989


     
     
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       Les panneaux publicitaires ne suffisent plus. Maintenant les campagnes de publicité débordent sur tous les murs du quai de la station Champs-Elysées Clémenceau. Comme en mars dernier avec la marque Nike, la Ratp a vendu à Hugo Boss tout l'espace de la station et les voyageurs avec, dans un but mercantile. Impossible de ne pas voir la réclame, on est immergé dedans.


    Publicité Hugo Boss sur les murs de la station de métro


    Envahissante Publicité Hugo Boss
    sur les quais de la station de métro Champs-Elysées-Clémenceau


       Les visuels sont plus intéressants que ceux de Nike. Issues d'un concours international, les images déclinent le flacon Hugo Boss en différents styles. En attendant le métro, elles font passer le temps.


    Envahissante publicité Hugo Boss
    sur les quais de la station de métro Champs-Elysées-Clémenceau


       Même les escaliers et les couloirs de la station portent les couleurs d'Hugo Boss. Mais contrairement au quai, les affiches restent contenues dans les panneaux d'affichage.


    publicité Hugo Boss
    dans les couloirs de la station de métro Champs-Elysées-Clémenceau


         Les publicitaires doivent se féliciter de l'impact de leur campagne. En effet, l'impact est total. La cible captive que sont les voyageurs est transpercée de parts en part par les images. Nous sommes victimes d'agression visuelle et l'inventivité de la publicité Hugo Boss n'y change rien.
     
    publicité Hugo Boss
    dans les couloirs de la station de métro Champs-Elysées-Clémenceau


       Pitié pour les voyageurs, Messieurs de la RATP, laissez nous vivre, perdus dans nos pensées. Arrêtez de nous martelez le même nom: Hugo Boss, Hugo Boss, Hugo Boss. De quoi nous dégoûter d'acheter ce produit.

    Envahissante publicité Hugo Boss
    sur les quais de la station de métro Champs-Elysées Clémenceau

        Les affiches renvoient au site internet du concours. Un générateur permet de créer sa propre image à la gloire du produit. On a le choix d'aller sur le site ou non alors que la publicité on la subit.


    Envahissante publicité Hugo Boss
    sur les quais de la station de métro Champs-Elysées Clémenceau
     
    Liens sur ce blog:
     
     
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       Autour du Carré Baudoin où se tient une exposition de Jérôme Mesnager, Nemo et Mosko et associés, on trouve de nombreux pochoirs récents.
     
     
     
    Guépard à demi-caché par les cartons, pochoir de Mosko et associés
     
     
      Souvent réalisés dans les  recoins des murs ou des ruelles, les pochoirs cohabitent avec les encombrants et les ordures. Les animaux sauvages de Mosko et l'homme blanc de Mesnager sont presque aussi bien cachés par tout ce bric-à-brac abandonné au pied des murs que par les hautes herbes de la savane.
     
     


    singe au miroir et rhinocéros, pochoirs de Mosko et associés
     
        Ces rebuts accumulés pourrait-ils être des offrandes aux animaux d'une terre lointaine? Même pas, il ne s'agit ici que d'indifférence. Comme partout ailleurs à Paris, à quelques jours du ramassage mensuel des encombrants, les recoins deviennent des dépotoirs et, ici à Ménilmontant, les habitants déposent leurs ordures là où ils en ont l'habitude, sans se soucier des fresques peintes sur les murs.
     
     
     
    Girafe, papillons et homme blanc entourés de rebuts
    pochoirs de Mosko et associés et de Mesnager
     
     
            Les animaux peints représentent la vie libre et sauvage. Le dépôt d'ordures sur la voie publique est-il une manière de clamer sa liberté et le refus d'une vie trop encadrée?
     
     
     
    Girafe, papillon et homme blanc entourés de rebuts
    pochoirs de Mosko et associés et de Mesnager
     
        La poésie naïve des pochoirs est de peu de poids face à la nécessité de se débarasser des vieux matelas et des meubles cassés sans s'embêter à aller à la décharge.
     
     
     
    rhinocéros, pochoir de Mosko et associés
     
       Dans les rues alentour du vingtième arrondissement, d'autres pochoirs sont préservés, perchés trop haut ou à des endroits peu propices à l'entassement des rebuts.
     
     
     
     
    Palagret
    Photos prises le 14 juillet 2009
    rue du Retrait à Paris
     
     
     
     
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    Dossier de presse de l'
    exposition Art urbain:

    Du 15 mai au 29 août 2009, la mairie du 20e consacre au pavillon Carré de Baudouin une exposition à trois artistes majeurs de l’art urbain : Mesnager, Mosko et associés, Nemo, ainsi qu’au photographe Gérard Faure, leur complice de toujours. L’entrée est gratuite.

    Depuis presque trente ans, le corps blanc de Jérôme Mesnager, l’homme à l’imperméable noir de Nemo, le bestiaire des Mosko’s courent sur les murs du 20e arrondissement, leur terrain de prédilection. En investissant la rue de leurs peintures et pochoirs, ils ont transformé la ville en espace de rêverie et de surprise, étendant leur renommée au-delà de leur territoire de création parisien.

     


    L’exposition Art urbain – Mesnager, Mosko et associés, Nemo et Gérard Faure, photographe rassemble :

    • - trois œuvres de grande dimension spécialement réalisées pour l’exposition,
    • - des œuvres récentes des artistes,
    • - des photographies de Gérard Faure, leur complice de toujours,
    • - des films présentant le travail des artistes, projetés dans l'auditorium du pavillon Carré de Baudouin:

     

    La vie est belle de Tristan Duhamel, 2004 (4min)
    Nemo de Belleville de Najib Dhoum et Allan Wisniewski, Marjane Production, 1998 (26min)
    Peignez la girafe de Milena Donato, 2004 (7min)
    Albedo de Bruno Fabresse, Hors Piste Production, 1998 (10min)
    L'éléphant de l'Ermitage de Gérard Faure, 2002 (7min)
    Au pied du mur de Clara Rosenfeld, 2009 (5min20)

     

     


    Exposition Art urbain

    du 15 Mai 2009 au 29 Août 2009
    Entrée libre - Du mardi au samedi de 11h à 18h
    Pavillon Carré de Baudoin, 119-121 rue de Ménilmontant, 75020 Paris
    01.58.53.55.42
     
     

     

     

     

     

     
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  •     La Coupure, travail in situ de Daniel Buren, coupe le bel hôtel classique en deux depuis octobre 2008. Ou semble le couper puisque l'installation qui commence dans la cour d'honneur, se poursuit dans les salles d'exposition et se termine dans le jardin n'est en fait qu'un trompe-l'oeil. Sous le bois recouvert de miroirs déformants l'Hôtel au coeur du Marais est intact.
     

    La Coupure de Daniel Buren à l'Hôtel Salé dans le Marais


        Les fenêtres colorées et les rayures noires et blanches de l'intérieur seront démontées.
     


    Hôtel Salé, fenêtres colorées de Daniel Buren


       Dimanche 23 août 2009 à 18 heures, le musée Picasso fermera ses portes pour deux ans et rouvrira au plus tôt en février 2012. L'hôtel Salé va être rénové et adapté aux nouvelles normes muséales.
     
     

    Miroirs noirs de Daniel Buren à côté des tableaux de Picasso,
    à l'Hôtel Salé

     
        Le musée possède plus de 5000 oeuvres de Picasso mais seulement mille m2 d'exposition; seule une petite partie des dessins, tableaux et sculptures est présentée au public, faute de place. L'architecte Jean-François Bodin prévoit de doubler la surface d'exposition. Dès lundi, le déménagement des oeuvres commence.



    Musée national Picasso, Hôtel Salé
    5, rue de Thorigny, 75003 PARIS
    01 42 71 25 21


    Liens:
    La Coupure de Daniel Buren face aux tableaux de Picasso
    La Coupure de Daniel Buren, cour d'honneur et jardin
    Les colonnes de Daniel Buren en bien mauvais état
    Une palissade rouge cache les colonnes de Buren en réfection
    La Force de l'Art 2: Daniel Buren, un vitrail éphémère
    Buren, le vitrail crée pour la Force de l'art est désormais visible tous les jours
    Buren, la Pergola colore les pavés de l'Hôtel de la Monnaie
     
     
     
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      Un magasin fermé, abandonné, et aussitôt il se couvre d'affiches sauvages. Ici, il est envahi par des stickers qui se masquent les uns les autres. Il y a de tout, des étiquettes des postes avec un graffiti manuel, des stickers imprimés, des rectangles de papier griffonnés, des tags élaborés et des images, des souris et des hommes.
     

    Haut de forme et casquette, souris, pixel art
    Vitrine couverte de stickers à Paris


       Les étiquettes des postes françaises, allemandes ou américaines sont très pratiques. Adhésives, elles laissent un espace libre pour écrire l'adresse du destinataire. Ici le destinataire est le passant.


    Vitrine couverte de stickers à Paris
        L'étiquette "Hello my name is" est aussi très prisée pour inscrire son tag. Un tag difficile à déchiffrer, c'est la règle du jeu.
      

    Vitrine couverte de stickers à Paris

        D'habitude, les stickers, petits et discrets, sont collés sur des tuyaux, des poteaux, des boîtes à lettres, à l'envers des panneaux de signalisation, tous supports sur lesquels les messages adhèrent bien. Les murs avec leur surface rugueuse due aux grains du crépi conviennent mieux aux collages plus grands.

        
    Main verte
    Vitrine couverte de stickers à Paris

        Les vitrines abandonnées sont un excellent support et, ici, les colleurs de stickers, emportés par leur enthousiasme, ont tout recouvert. La composition change tous les jours car, en voyant une si belle surface dédiée au stickart, des passants reviennent pour apporter leur contribution ou au contraire décoller les imagettes.


    Writing, SOS Fantômes, Hello my name is, Stickers Soup, I love to destroy,
    extra-terrestres
    Vitrine couverte de stickers à Paris


         C'est une belle anthologie de tous les styles de tags. La calligraphie est inventive allant du plus orné au plus austère.

     
    Vitrine couverte de stickers à Paris


       
    Le collage géant sature l'espace jusqu'à l'indigestion. Une appropriation de l'espace ludique que certains peuvent trouver oppressante. Vandalisme ou street-art, destruction ou création? Un sticker proclame ironiquement : "I love to destroy" (J'aime détruire).



    Notes et photos sur le street-art sur ce blog:
    ➙ Stickart: les stickers colonisent les tuyaux de descente de pluie
     
    Palagret
    Août 2009

     
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