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    C'est ainsi que les gens vivent

     

        Délaissant les monuments, les grandes villes et les banlieues, Raymond Depardon s'attache aux paysages de l'"entre-deux", aux "lieux de peu" 1. Des lieux qui se construisent tout seuls aux périphéries des villes, loin du regard des experts, urbanistes ou paysagistes, des lieux bricolés, hétéroclites, fragiles. 

     

     

    expo Depardon France BN 1Parti communiste Français, Hérault

    Café le Maracana, Bédarieux, Hérault. Resto, Le Bosc, Hérault

    La France de Raymond Depardon, exposition à la BNF

     

     

       Comme Eugène Atget, comme Walker Evans ou les New Topographics américains (1975, Stephen Shore, Robert Adams), les photos de Depardon ne montrent presque jamais les gens, elles montrent les traces laissées par l'occupation humaine, boutiques, cafés, enseignes, signes, panneaux de signalisation, fils électriques. Comme dans les 36 vues du Mont Fuji, estampes d'Hokusaï, le paysage, ici péri-urbain, est le plus souvent déserté.

     

     

    expo Depardon France BN 2La France de Raymond Depardon, exposition à la BNF

     

     

        Les rues sont vides mais l'écho de la vie humaine se répercute doucement entre ces façades neuves aux couleurs fortes et ces murs décrépis. C'est un territoire habité tout au long des siècles et qui subit les bouleversements de la modernité. Une modernité en plusieurs strates où les années 2000 côtoient encore les années trente, cinquante et soixante.

     

     

    expo Depardon France BN 3432Sélestat, Alsace

    Le Portel, Pas-de-Calais

    La France de Raymond Depardon, exposition à la BNF

     

     

       "Si je pars du voyage, c’est bien pour avancer vers la présence de l’homme qui, par son intervention au fur et à mesure de l’histoire, a modifié le territoire. En ce début de troisième millénaire, c’est un état des lieux, une bonne occasion « d’arrêter » des photographies." Raymond Depardon

     

     

     

     

     

    expo Depardon France BN 3419

    Garage, Saint-Claude, Jura

    La France de Raymond Depardon, exposition à la BNF

     

     

        

        Habituellement, les photographes évitent les poubelles, les fils électriques disgracieux, les enseignes trop voyantes, les publicités qui pourraient gâcher leur composition. Loin de la photo touristique, flatteuse, Depardon lui photographie la banalité de l'habitat et ses petites fantaisies éphémères, reflet de la vie réelle. Cadrées frontalement, ces lieux de peu nous sont familiers même si le regard ne s'y arrête pas.  

     

     

    "Je fais des photos que tout le monde pourrait faire, mais que personne ne fait." 

    Raymond Depardon

     

     

    expo Depardon France BN 3423La France de Raymond Depardon, exposition à la BNF

     

       Utilisant une chambre photographique de 20x25 cm, Raymond Depardon expose 36 impressions numériques de 2m sur 1,65, sélectionnés parmi les centaines de photos argentiques enregistrées pendant son périple à travers la France de 2004 à 2010. Placées côte à côte, sans indication de lieux, les photos à la précision et aux couleurs magnifiques sont impressionnantes par leur banale étrangeté. Guidé par sa seule fantaisie, Depardon dresse un inventaire non scientifique, poétique. C'est aussi un document, une documentation exacte sur un territoire péri-urbain, une France en pleine transformation,  là où les gens vivent "loin de la foule déchainée".

     

     

    expo Depardon France BN 3431Primod, Antibes, couleurs éclatantes,

    La France de Raymond Depardon, exposition à la BNF

     

     

       A la sortie de la grande salle, 36 diapositives identifient les lieux sélectionnés par Raymond Depardon. Ensuite vient une exposition pédagogique où le photographe cite ses influences et montre ses travaux préparatoires (carnets, cartes, polaroïds).

     

     

    expo Depardon France BN 3437Identification des lieux

     La France de Raymond Depardon, exposition à la BNF

     

     

     

     

    La France de Raymond Depardon

    30 septembre 2010 - 9 janvier 2011

    BnF François-Mitterrand

    Grande Galerie

    Quai François-Mauriac - 75013 Paris

     

     

     

     

     

     

    Depardon-EXPO-France-BNF-Che-Guevarra.jpgFaçade du Parti Communiste Français, Le Vigan, Gard

    La France de Raymond Depardon, exposition à la BNF

     

     

     

     

     

     

     

     

    Lien sur ce blog:

     

    Raymond Depardon: une photo du Maracana, café de Bédarieux, dans le bureau de François Hollande

     

     

     

     

    Palagret

    archéologie du quotidien

    décembre 2010

     

     

    Sources

    Catalogue de l'exposition

    1- Michel Lussault in Hors Série Télérama

     

     
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    "La tristesse de ne pas avoir vaincu sera la honte de ne pas avoir lutté."

        Voici une phrase de José Marti, peinte sur un portail à Cuba: La tristeza de no haber vencido sera la verguenza de no haber luchado. Petite maxime pour contrebalancer les tristes messages de la rue trouvés sur les murs d'Arles.

     

    BARACOA-tristeza-Jose-Marti.jpgLa tristesse de ne pas avoir vaincu sera la honte de ne pas avoir lutté.

    Jose Marti, Baracoa, Cuba

     

     

        Les citations des héros de la révolution castriste et les slogans optimistes couvrent les murs des villes cubaines pour motiver une population dont la vie quotidienne est un combat pour s'approvisionner ou se déplacer.

     

     

    Liens sur ce blog:

    Images, slogans et propagande à Cuba

    Fugit irreparabile tempus, message pour le nouvel an

     

     

    Palagret

    philosophie de la rue

    décembre 2010

     

     

     
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       Papiers collés ou tracts, voici deux modestes contributions à la philosophie de la rue, collées par un street-artist sur les murs d'Arles.

     

     

    Arles-street-art-rien-1384.jpg"Soyons réalistes, ne demandons rien" tract collé à Arles

     

     

     

       Un triste message bien éloigné de celui de Che Guevara qui nous disait: "Soyons réaliste, demandons l'impossible". Le slogan révolutionnaire, énergique et joyeux, fut repris en mai 68 par les étudiants sur les barricades à Paris. 

     

     

     

    Arles-street-art-rien-1299.jpg"Des miettes sinon rien"tract collé à Arles

     

     

     

       Les slogans utopiques de la révolution castriste ou de mai 68 n'ont pas résisté au principe de réalité. Il n'y a plus de rêve, la crise est là. Les philosophes de la rue nous provoquent en affichant de tristes slogans. "Soyons réalistes, ne demandons rien" pourrait être une résolution désenchantée pour le Nouvel An. Quant à  "Des miettes sinon rien" c'est une phrase assez drôle qui parodie la publicité! Un slogan utilisé par plusieurs publicités dont Mercedes (the best or nothing).

     

      Un autre slogan probablement du même auteur: "arrêtes de faire semblant tu es bien pire" photographié à Arles par Youguie ici

     

       Raisonnables et dépressifs, ces messages de la rue aurait attristé José Marti, autre héros de la révolution cubaine, qui parlait de la honte de ne pas lutter. Voir ici.

     

     

     

    Liens sur ce blog:

    Nouvel an 2012: vive la crise! Champagne!

    Fugit irreparabile tempus, message pour le nouvel an

    Philosophie de la rue

     

     

    Palagret

    philosophie de la rue

    décembre 2010

     

     

     
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       Les artistes de rue intègrent les reliefs et les encoignures des murs dans leur tags ou collages. Parfois, quand le mur est trop lisse à leur goût,  l'un d'eux colle un cadre de bois sur un mur.  Ensuite d'autres recouvrent le tag ou le paste-up initial par leur propre oeuvre. 

     

    street-art Beaubourg visage cadre 0517Cadre de bois, papier collé et tags

    janvier 2010

     

        Voici quatre papiers collés glanés du côté de Beaubourg à Paris, en 2010:

    - un visage en noir et blanc

    - une femme en maillot de bain avec un smiley jaune pour visage.

    - un sticker I love TP (Tony Parker? Travaux pratiques? le Tout Puissant?)

    - une chanteuse noire sur fond rouge

     

    street-art Beaubourg Danzig cadre 4799Cadre de bois, papier collé de Mittenimwald

    et tag de spone vide akazmai 2010

     

    Street-art Beaubourg I love TP cadre 2212Cadre de bois, papier collé de I love TP et tag de spone vide akaz

    juillet 2010

     

    street-art Beaubourg ArteStenciva portrait cadre 3446Cadre de bois, papier collé et tag de spone vide akaz

    novembre 2010

     

             Une autre photo du cadre prise le 15 décembre par la fuséé

     

     

    Lien sur ce blog:

    Street-art: bestiaire urbain intégré au mur

    Objets collés, Gregos et ses masques

     

     

    Palagret

    art urbain

    décembre 2010

     

     

     
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       Place de Clichy à Paris, l'utopiste Charles Fourier n'est toujours pas revenu sur son socle. Par contre la cabine de verre a disparu au grand déplaisir du Collectif Aéroporté qui l'avait installée en 2007

     

     

    Fourier-socle-vide-place-Clichy-6.jpgSocle vide de la statue de Charles Fourier au 9 décembre 2010

     

         La ville de Paris a lancé un concours pour une commande publique afin de remplacer l'utopiste de bronze fondu pendant la guerre. Choisi, Frank Scurti posera une pomme sur le socle vide:

    "Ma proposition pour la conception d'un hommage à Charles Fourier associe l'image de la pomme comme catalyseur du principe d'attraction universel à celle du planisphère comme principe d'organisation et de planification du monde. Le projet se développe à partir du socle original de la statue d'Emile Derré et se fonde sur l'opposition du cube et de la sphère, de la transparence et du reflet. L’ensemble étant structuré par la relation harmonique entre les trois couleurs primaires et leurs complémentaires."

     

     

    Scuri-pomme-projet.jpg"La quatrième pomme", projet de Franck Scurti

     pour le socle vide de Charles Fourier, source

     

     

       Pourquoi une pomme pour rendre hommage au grand homme? Charles Fourier racontait qu'il eut l'idée de son système économique dans un restaurant parisien où il paya une pomme quatorze sous. A la campagne les pommes valaient alors quatorze sous le cent.

       "Je fus frappé, dit-il, de cette différence de prix entre pays de même température, que je commence à soupçonner un désordre fondamental dans le mécanisme industriel, et de là naquirent les recherches qui me conduisirent à ma découverte."

       "J'ai remarqué depuis ce temps qu'on pouvait compter quatre pommes célèbres. Deux par les désastres qu'elles ont causés, celle qu'Eve offrit à Adam et celle que Pâris offrit à Vénus, et deux par les services rendus à la science : celle de Newton et la mienne. Ce quadrille de pommes célèbres ne mérite-t-il pas une page dans l'histoire ?"

       Grâce à cette pomme au prix exorbitant Charles Fourier comprend le rôle néfaste des intermédiaires dans la fixation des prix.

     

    Fourier-socle-vide-place-Clichy-3.jpgSocle vide de la statue de Charles Fourier au 9 décembre 2010

     

         D'après le site de Charles Fourier, la pose de "la quatrième pomme" de Franck Scurti aurait dû avoir lieu le 30 novembre mais une photo prise le 9 décembre montre le socle toujours vide. Où est passé "la quatrième pomme" de Franck Scurti?

     

     

    socle en pierre de la statue de Charles Fourier, surmonté d'une cabine de verre. Place de Clichy
     
     
     
     
     
       La "Quatrième Pomme" de Franck Scurti a finalement été inaugurée le 10 janvier 2011. Photos ici.
     
     
     
     
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    Palagret
    décembre 2010
     
     
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       Comme dans une profane assomption interrompue, figée, Johan Lorbeer lévite entre ciel et terre, seulement appuyé d'une main à un mur. Comment fait-il? Quand il redescend au crépuscule, on comprend le tour mais inutile de casser la poésie de Still Life, cette étrange performance.

     

     

    104 Johan Lorbeer perché 2Johan Lorbeer appuyé au mur du 104, The still life performance

    au fond, le "Mur Ouvert" de Pascale Marthine Tayou

    enseignes au néon et diodes électroluminescentes

     

     

          Au contraire des statues vivantes qu'on voit dans les lieux touristiques comme Beaubourg, Notre-Dame ou le Sacré-Coeur,  Johan Lorbeer ne s'impose pas l'immobilité, il bouge un peu. Ce Tarzan de la jungle urbaine en costume gris est bien peu athlétique et il ne parle ni aux animaux ni aux humains. Un sourire aux lèvres, il se livre au regard de tous mais ignore les questions ou les plaisanteries des incrédules à ses pieds. Stoïque comme un "horse guard" devant le palais de la Reine, il ne garde rien sinon le nouveau palais de l'art contemporain, le 104.

     

    104 Johan Lorbeer perché 3Johan Lorbeer appuyé au mur du 104, The still life performance

     

     

       Dans la rue Curial, les voitures ralentissent et les conducteurs tendent le cou pour essayer de comprendre ce qu'ils voient. Un bouchon se forme tandis que les piétons amusés mitraillent de photos l'artiste suspendu à près de deux mètres du sol.

     

     

    104 Johan Lorbeer perché 1Johan Lorbeer appuyé au mur du 104, The still life performance

     

     

       Oeuvre d'art vivante ou simple attraction, artiste ou saltimbanque, Johan Lorbeer captive le public qui attend son élévation ou sa chute comme il attendait que les miroirs de Pistoletto volent en éclats.

     

     

     

    104 Johan Lorbeer perché 4
    Johan Lorbeer appuyé au mur du 104, rue Curial

    The still life performance

     

     

       Si épuisé, Lorbeer enlevait sa main du mur, tomberait-il lourdement sur le bitume? Il rejoindrait alors l'Ange tombé (the fallen angel) des Kabarov qui git un peu plus loin dans la Halle Curial. 

     

     

     

    104 Johan Lorbeer perché 5Johan Lorbeer appuyé au mur du 104, rue Curial

    The still life performance

     

     

       Still life, le titre de la performance de Lorbeer, veut dire vie tranquille c'est-à-dire nature morte, ce qui désigne des objets représentés dans un tableau ou une photo mais jamais un être humain! Dans le tableau de James Whistler, la dame en noire assise tranquillement sur une chaise (arrangement in black and grey, 1871) est classé comme un portrait et non comme une nature morte bien que l'immobilité du sujet soit tangible. 

       Appuyé au mur dans une position périlleuse, impossible, Johan Lorbeer se réifie. De sujet, l'homme suspendu devient objet, un nouveau mobilier urbain, un panneau de signalisation pour le 104, ou une décoration facétieuse comme les Pères Noël suspendus aux balcons à l'approche des fêtes.

     

     

    The Still Life Performance - Tarzan / Standing Leg

    10, 11, 12 décembre 2010

    Façade Curial

     

    Attraction!

    "On sait quand ça commence mais on ne sait pas où ça s'arrête"

    Partie 1 de décembre 2010 à janvier 2011

    Le 104, établissement artistique de la ville de Paris

    104 rue d'Aubervilliers, 5 rue Curial     75019 Paris

    01 53 35 51 11

     

     

    Liens sur ce blog:

     Les sculptures vivantes d'Antony Gormley à Trafalgar square

    Street-art: pour Ella et Pitr, faites le malin et encadrez votre portrait

     

    Pistoletto, 20 miroirs brisés au 104 à Paris

    Bâtiment de Leandro Erlich au 104, trompe-l'oeil, illusion et vertige

    Joana Vasconcelos: la noiva (la mariée), un lustre d'une blancheur virginale au 104

    Connexions d'Anne-Flore Cabanis au 104, élastiques vibrants

     

     

     

     

     

    Palagret

    décembre 2010

    art et illusion

    photos en Creative Commons

     

     

     

     
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      22 miroirs accrochés aux murs de la Halle Curial du 104 se font face et se reflètent les uns les autres tandis qu'un vieux monsieur coiffé d'un beau chapeau violet les contemple.

     

     

    104 Pistoletto miroir cassé 1miroir brisé par Pistoletto au 104, Twenty-two less two

     

     

       Michelangelo Pistoletto, le vieux monsieur, choisit un côté de la salle avec onze miroirs, s'approche et commence à taper sur le verre qui résiste. Après plusieurs coups un miroir se brise, les éclats tombent sur le sol en un joli bruit cristallin. Pistoletto recommence, le public applaudit.

     

     

    104 Pistoletto miroir coup 1Pistoletto brise un miroir au 104, Twenty-two less two

     

     

     

      D'un pas vif, Pistoletto se dirige alors de l'autre côté de la halle Curial, le public se précipite derrière lui pour ne rien rater du spectacle. L'artiste attaque les autres miroirs et les débris couvrent le sol. Au bout de quelques minutes Pistoletto s'arrête essoufflé, il reprendra le travail dans une heure.

     

       

    envoyé par Palagret

     

     

     

       Deuxième phase de la destruction des miroirs. Pistoletto, âgé de 77 ans est fatigué et il passe le relai à Lorenzo Fiaschi de la Galleria Continua. Fiaschi, coiffé du chapeau violet  du maître, cogne avec enthousiasme mais aussitôt un lourd miroir se décroche et manque de l'écraser. Fiaschi se recule à toute vitesse, tombe sur le dos et se fait très mal. On le relève, les secouristes arrivent et l'emmènent à l'hôpital.

     

     

     

    104 Pistoletto miroir coup 2
    miroir brisé par Pistoletto au 104, Twenty-two less two

     

     

          Dans la panique, les spectateurs se sont bousculés pour éviter le miroir meurtrier, quelques appareils photo ont volé en l'air, un homme a perdu ses lunettes et une femme a reçu quelque chose dans l'oeil. Comment un miroir de deux cents kilos a-t-il pu se décrocher et tomber à quelques dizaines de centimètres de la foule?

     

     

     

    104 Pistoletto miroir FiaschiLorenzo Fiaschi continue le travail de Pistoletto, au 104

    Twenty-two less two

     

     

     

       Après un peu de flottement, l'émotion calmée, la performance reprend. Les spectateurs reculent prudemment. C'est au tour du directeur du 104 de porter le chapeau violet et les lunettes de plexiglas. José Manuel Gonçalvès ne croit pas que les miroirs brisés portent malheur car il tape avec énergie. Pistoletto lui prodigue quelques conseils et a même la coquetterie de donner un petit coup pour faire tomber des débris, sous les applaudissements du public.

     

     

    104 Pistoletto miroir cassé 2miroir brisé par Pistoletto au 104,Twenty-two less two


     

     

       Le public du Cent-quatre est mélangé: habitants du quartier revenant du marché, mères de famille avec poussette, spectateurs venus spécialement pour Michelangelo Pistoletto et sa performance: Twenty-two less twoLes commentaires vont de l'approbation extatique à l'étonnement et l'incompréhension en passant par le dénigrement (encore un truc de bobos!) ou le simple plaisir d'assister à la destruction de miroirs qui ne savent pas mentir. Les tout petits ont eu peur de cet acte surprenant mais les enfants plus grands ont adoré la transgression et rêvent peut-être d'en faire autant.

     

     

     

    104 Pistoletto portraitMichelangelo Pistoletto au 104

     

      20 miroirs ont été brisés, deux restent intacts comme l'indiquait le titre de la performance, 22 moins 2. Le calme revenu, les images des visiteurs et des poutrelles d'acier se démultiplient à l'infini sur les morceaux restants entourés de noir, un noir qui ne réfléchit plus la lumière.

       Les cadres dorés sont en bon état et Pistoletto les réutilisera dans une autre performance, dans une nouvelle ville.

     

     

    104 Pistoletto miroirsLes miroirs de Pistoletto avant leur destruction, au 104

     

     

        Michelangelo Pistoletto est un plasticien italien, protagoniste de l'arte povera (1965).

     

     

    Billets sur les expositions du Cent-quatre:

    Le Labyrinthe de Michelangelo Pistoletto au 104, exploration et désorientation

    Johan Lorbeer: vie tranquille, vie perchée au 104

    La villa Arpel reconstituée au 104, le terrain de jeu de JacquesTati

    Bâtiment de Leandro Erlich au 104, trompe-l'oeil, illusion et vertige

     



     

     

     

     

    Attraction!

    "On sait quand ça commence mais on ne sait pas où ça s'arrête"

    Partie 1 de décembre 2010 à janvier 2011

    Le Cent-quatre, établissement artistique de la ville de Paris

    104 rue d'Aubervilliers, 5 rue Curial 

    75019 Paris     01 53 35 51 11

     

     

    Palagret

    Photos et vidéos

    creative commons

    11 décembre 2010

     

     

     

    Vidéo: Pistoletto à Venise en 2009

    Site de Michelangelo Pistoletto

    L'arte povera

     

     

     
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       Autres photos des bacs à fleurs décorés de mosaïque rue Dénoyez à Paris.

     

     

    Street-art Denoyez pot fleurs 9384Héritage de moeurs serviles, bacs à fleurs décorés de phrases en mosaïque

    rue Dénoyez

     

     

    street-art Denoyez pot fleur 8789Fresque de tags et bacs à fleurs peint, rue Dénoyez

     

     

    street-art Denoyez pot fleur 8803Bac à fleurs décoré de mosaïque, devant chez Pedro, rue Dénoyez

     

     

    street-art Denoyez pot fleur 8799Bacs à fleurs décorés de mosaïque rue Dénoyez

     

     

    street-art Denoyez pot fleur 8804Bacs à fleurs décorés de mosaïque rue Dénoyez

     

     

     

    Liens sur ce blog:

    Street-art: les bacs à fleurs de la rue Dénoyez I

    Mieux vaut art ... que jamais, tags rue Dénoyez

     

     

    Palagret

    art de la rue

    décembre 2010

     

     

     
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       La rue Dénoyez est surtout connue pour ses fresques de tags, ses papiers collés, ses rideaux de fer bariolés et ses boutiques décorées. Depuis peu il y a des bacs à fleurs recouverts de mosaïque ou de peintures, réalisés par les habitants du quartier.

     

     

    street-art Denoyez pot fleur 8806Rideau de fer tagué et bacs à fleurs décorés rue Dénoyez

     

     

       L'inauguration des bacs à fleurs a eu lieu le 31 octobre 2010 mais beaucoup de bacs à fleurs étaient en place en août, date de la prise de ces photos.

     

     

    street-art Denoyez pot fleur 8697Bac à fleurs décoré de mosaïque et d'objets collés, rue Dénoyez

     

     

       Les mosaïques de morceaux de porcelaine prédominent ornées d'objets collés. Les bacs à fleurs de la rue Dénoyez sont-ils du street-art ou de l'art modeste?

     

     

           street-art Denoyez pot fleur 8800Bac à fleurs décoré d'un clown en mosaïque, rue Dénoyez

     

     

     

    Street-art Denoyez pot fleurs 9395
    Bacs à fleurs décorés de mosaïque, rue Dénoyez

     

     

     

          Street-art Denoyez pot fleurs 9396

    Plaque de propriété, petit jardin appartenant au 16 rue Dénoyez

    "Friches et nous, la Paix", bacs à fleurs décorés de mosaïque, 

     


    Une pelle à Starck rappelle à l'entrée de la rue:

    Le bal Desnoyez pouvait accueillir ici jusqu'à 2000 personnes et connut au XIXe siècle "une gloire universelle". A son propos ne chantait-on pas:

    "Ce n'est que chez Desnoyez

    Nos amis à la Courtille

     Ce n'est que chez Desnoyez

    Que l'on peut bien danser.

     

    Bals et cabarets furent aussi des salles de réunions politiques, très populaires à la fin du XIXe siècle. Ainsi Gambetta y exposa en 1869 son fameux "Programme de Belleville". L'atmosphère de ces rencontres était souvent surchauffée, orateurs et public s'empoignaient à l'envi, sans hésiter, le cas échéant, à faire le coup de poing." 

     

       Aujourd'hui rue Dénoyez, les artistes de rue, graffeurs ou colleurs, ne s'affrontent qu'à la bombe, à la colle et au pinceau. Les fresques changent souvent et les promeneurs, parisiens ou touristes, sont nombreux à venir voir travailler les street-artists.

     

     

     

     

     

    Plan-rue-Denoyez.jpgLa rue Dénoyez sur un plan Google

     

     

     

     

     

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    Palagret

    art de la rue

    décembre 2010

     

     

    Sources:

    La métamorphose de la rue Dénoyez

    La végétalisation de la rue

     

     

     
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       Mur après mur, le street-art s'étend dans le quartier de Beaubourg. Le mur derrière la fontaine Stravinski est maculé de graffiti et de papiers depuis longtemps. Aujourd'hui ce sont les cheminées d'aération du parvis de Beaubourg qui s'ornent de bonshommes de papier.

     

    Beaubourg street-art papier bonhomme 5Bonshommes de papier à Beaubourg

     

     

      Les papiers collés ne sont pas inintéressants mais là n'est pas la question. Les street-artists n'ont rien à faire sur les murs et les cheminées de Beaubourg. Il y assez de petites rues autour pour s'exprimer.

     

    Beaubourg street-art papier bonhomme 3Bonhommes de papier à Beaubourg

     

       Les quatre papiers collés représentent des silhouettes d'hommes. On reconnait un policier de dos avec sa matraque, un autre de face.  Au pied de chaque bonhomme, un crâne ou plutôt un masque. 

     

    Beaubourg street-art papier bonhommeLe policier, bonhomme de papier à Beaubourg


     

       En dépit des lambeaux de papier arrachés on distingue des touches de couleur bleue.

     

     

    Beaubourg-street-art-papier-bonhomme-masque.jpgmasque, papier collé à Beaubourg

     

    Beaubourg street-art papier bonhomme 7papier collé et coulures de peinture noire

    Bonhomme et masque à Beaubourg

     

       Les papiers collés ne sont pas signés ou alors le masque est la signature.

     

    Beaubourg street-art papier bonhomme 9Bonhomme et masque de papier à Beaubourg

     

       En novembre, Ella et Pitr avait déjà collé un bonhomme portant un cadre sur une des bouches d'aération du parvis. Début décembre, c'était Bautista et Rafael Vaz collé par Street-art without borders.  Côté rue du Renard, il y a très souvent des collages et des tags.

     

    Beaubourg street-art portrait zero 3453 (1)Zerox, papier collé par street-art without border

    Bouche d'aération de Beaubourg, rue du Renard

     

     

        Une semaine plus tard, les bonshommes du parvis avaient disparus, probablement enlevés par les nettoyeurs municipaux. A leur place quelques pochoirs.

     

    à suivre

     

     

     

    Liens sur ce blog:

    street-art: Quelques après-midi le crépuscule n'incendie plus tes cheveux

    Beaubourg: street-art et vandalisme devant la fontaine Stravinski

    Street-art à Beaubourg: Olivia et Docteur Case, to infinity and beyond

    Street-art: pour Ella et Pitr, faites le malin et encadrez votre portrait

     

     

     

    Palagret

    Photos prises le 22 novembre 2010

     

     
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