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           D'insolites guirlandes de boules multicolores attirent le regard à la sortie de la station de métro "Palais-Royal". Le Kiosque des Noctambules, clinquant comme un manège forain immobile, est composé de deux coupoles dessinées par Jean Michel Othoniel en l'an 2000.


    Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
    bouche du métro Palais-Royal
     

       Une coupole est solaire avec des perles géantes aux tons chauds, couronnée d'un personnage en verre soufflé, le soleil (?).


    Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
    La coupelle aux teintes chaudes et la coupelle aux teintes froides


        L'autre coupole est lunaire avec des teintes froides, couronnée d'un personnage violet la lune (?). Soutenues par des piliers de fonte d'aluminium, les deux coupoles forment un huit, symbole d'éternité.


    Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
    le soleil



         Les côtés de l'édicule sont faits d'une résille d'anneaux de métal martelé, incrusté de verre coloré. Un petit banc permet aux arpenteurs de la nuit ou du jour de se retrouver.


    Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
    Le banc


     

    Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
    Anneaux martelés et verre de couleur



        En descendant l'escalier vers le métro, on découvre la deuxième partie de l'installation. Répondant au kiosque aérien, deux reliquaires sont creusés dans le mur du souterrain, face à face. Comme des vitrines de bijoutier, encadrées d'une bordure de métal très art nouveau, ils présentent  un amas de perles colorées. Le couloir est sombre et les bijoux de pacotille luisent doucement, loin de l'exubérance de la surface. En bas le mystère, en haut l'éclat du jour.


    Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
    Perles colorées dans une vitrine encastrée dans le mur



        Le voyageur sortant des entrailles de la terre lève la tête vers un ruissellement de pierreries. Les légères couronnes donnent un air de fête à une simple bouche de métro. Le kiosque des noctambules est un bijou géant posé sur le pavé. Il illumine  les sévères façades qui entourent la place Colette.

        C'est une touche baroque défiant le classicisme des immeubles parisiens du XIXè siècle. La rue de Rivoli n'est pas loin avec ses arcades parfaitement alignées, toutes de retenue et de sobriété. Baroque et kitsch, refusant le bon goût, le Kiosque des Noctambules ré-enchante un monde de grisaille.


        La nouvelle sortie de métro "Palais-Royal" est un écho aux arabesques art nouveau d'Hector Guimard. Au début du vingtième siècle, Guimard dessina les bouches d'entrée du nouveau métropolitain. Au début du vingt-et-unième siécle, pour le centenaire du métro, Jean-Michel Othoniel remporte le concours de la RATP. Délaissant les matériaux de prédilection de son prédécesseur, la fonte et la pierre,  il opte pour le verre et le métal. Le verre, né du feu, est un matériau fragile qu'on rencontre assez peu dans l'art contemporain, surtout dans l'espace public.

     
      Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
    Anneaux martelés et verre de couleur

     

        A partir d'une maquette, Othoniel a travaillé en collaboration avec des verriers de Venise pour obtenir ces perles translucides de verre soufflé.

        Jean-Michel Othoniel, né en 1964, a exposé nombre de colliers géants et de délicates constructions aux noms poétiques: paysage amoureux (1997), le collier infini (1998), La Fontaine du plaisir et des larmes (2001), Necklace of paradise (2002), Pluie d'or (2002), le bateau de larmes (2004) , la Couronne des coeurs renversés, la mât des Utopistes (2004) etc ... Le kiosque des noctambules s'est d'abord appelé « L’Impertinente ».



    Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
    vers le théâtre de la Comédie Française

     


        Non loin de là, dans la cour du Palais Royal, les sévères colonnes de Daniel Buren  semble vouloir quadriller le monde, le contrôler. Dans une deuxième cour, Sphérades, les fontaines de Pol Bury reflètent les nuages du ciel parisien.


        Un peu plus loin, le ministère de la Culture est enveloppé d'une résille métallique dessinée par Francis Soler.





    Liens sur ce blog:
     
     
    Catherine-Alice Palagret
    Texte et photos

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       Crées en 1994, les Abribus parisiens, ou aubettes JC Decaux, sont en cours de remplacement. Le nouveau mobilier urbain, conçu par le designer Marc Aurel, est plus au goût du jour, de forme épurée et douce avec un toit inspiré d'une feuille de platane. Chaque aubette sera adaptée au lieu, avec un banc simple ou double.

     

    Nouveaux arrêts de bus à Paris, vers la smart city 

    Nouvel abribus parisien avec un double banc. Affiche Ray Ban

     

        Le nouvel abribus est plus écologique, consommant moins d'électricité en modulant l'éclairage. Le poteau surmonté du numéro de la ligne est seulement éclairé quand les bus circulent. Sous le numéro est indiqué le temps d'attente.

     

    Nouveaux arrêts de bus à Paris, vers la smart city

    Nouvel abribus parisien. Arrêt Solférino - Bellechasse

     

          Les premiers abribus installés sont gris clair, certains seront vert. Le nom des stations se détache en blanc sur fond bleu sombre. Il y aura aussi des toits végétalisés et d'autres avec des panneaux photovoltaïques. 

     

    Nouveaux arrêts de bus à Paris, vers la smart city

    Nouvel abribus parisien. Arrêt Guy Môquet. Affiche Guerlain

     

       Une centaine d'arrêt-bus auront des écrans interactifs tactiles donnant des informations sur le quartier, les Vélib et Autolib. Sur le côté, une prise USB permet de recharger ses portables. Ce n'est qu'un début. La smart city reste à inventer.

     

     

    Nouveaux arrêts de bus à Paris, vers la smart city

    Nouvel abribus parisien encore en travaux. Arrêt Grenier - Saint-Lazare

     

       Dans les abribus encore en travaux, entourés de palissade, les publicités sont déjà affichées.

     

     

    Nouveaux arrêts de bus à Paris, vers la smart city

    Nouvel abribus parisien, arrêt Centre Georges Pompidou

     

        Environ 2000 abribus seront installés à Paris, ce qui changera l'identité visuelle de la ville. Un tel changement n'a lieu que tous les quinze ans.

     

    Nouveaux arrêts de bus à Paris, vers la smart city

    Nouvel abribus parisien, arrêt Saint-Germain-des -prés. Affiche Best Mountain

     

     

    Nouveaux arrêts de bus à Paris, vers la smart city 

    Ancien abribus parisien aux lignes rectangulaires. Affiche William Saurin

     

     
      

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       Lors du vernissage de l'exposition Pierre Bonnard, Fleur Pellerin a publié sur Instagram et Twitter deux photos de tableaux (Jeux d'eau et triptyque de la Méditerranée). Seuls les invités aux vernissages bénéficiaient du privilège de pouvoir photographier les œuvres. Les gens de peu, les manants, c'est à dire ceux qui payent, étaient interdits de photos et les gardiens passaient leur temps à pourchasser les contrevenants qui avaient bien du mal à comprendre pourquoi le Musée d'Orsay interdisait depuis six ans ce qui était autorisé au Louvre ou à Beaubourg.

     

     

    La photo enfin autorisée au Musée d'Orsay

    Tweet de Fleur Pellerin, photo du triptyque de la Méditerranée

     

     

      Les internautes ont aussitôt dénoncé ce passe-droit. La ministre a répliqué qu'elle suivait la nouvelle charte "Tous photographes". Erreur! Guy Cogeval, président du Musée d'Orsay refuse d'appliquer la charte, pour de fausses raisons, visant sans doute seulement à préserver la vente des catalogues et cartes postales. Tant pis pour les œuvres en majorité non reproduites.

     

     

    La photo enfin autorisée au Musée d'Orsay 

    Visiteurs du Musée d'Orsay photographiant le Docteur Gachet (1890) de Van Gogh

     

      

      Face à cette situation ridicule, Guy Cogeval a enfin cédé. Depuis mercredi, les photos sont autorisées au Musée d'Orsay. Seuls les trépieds, les perches à selfies et les flashes sont interdits. Il s'agit de faire des photos souvenirs à partager sur internet, pas des photos professionnelles. Les flashes altéreraient les couleurs des tableaux, ce qui est contesté par certains scientifiques.

        Attention au droit d'auteur. Seuls les artistes morts avant et en 1944 sont dans le domaine public.  Fleur Pellerin ignorerait-elle que Pierre Bonnard est mort en 1947, son œuvre ne sera dans le domaine public que 70 plus tard en 2018. En fait la ministre a négocié un droit de photo avec la Société des Auteurs.

     

     

    La photo enfin autorisée au Musée d'Orsay

    Visiteur du Musée d'Orsay photographiant "Deux tahitiennes sur la plage" (1891) de Paul Gauguin

     

      

       Le combat mené par Bernard Hasquenoph et les internautes sur Orsay Commons a payé. Il sera désormais difficile aux musées de ne pas appliquer la charte "Tous Photographes" dont se réclamait la ministre. Beaucoup de musées et de galeries utilisent d'ailleurs les réseaux sociaux pour promouvoir leur expositions et encouragent les visiteurs à poster leurs clichés sur le net.

     

     

    Liens sur ce blog:

    * Oscar Muñoz, Ambulatorio, des photos à fissurer

    * Musée de la Chasse et de la Nature, photos autorisées

    * Moi Auguste, empereur de Rome, à l'heure des selfies

     

     

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        Voir un homard géant suspendu au plafond doré du salon de Mars ne manquera pas de faire rire ceux qui apprécie l'initiative de confronter le baroque du Roi-Soleil au baroque du roi du néo-pop
     
     
     

     
    Lobster  de Jeff Koons à Versailles

     

        Il faudrait créer une nouvelle catégorie pour l'art contemporain: l'Art Rigolo. L'art qui amuse, au premier degré, sans doctes analyses et références historiques, même si les artistes n'ont rien d'innocent ou de naïf. Un art d'esbroufe et de dérision qui se moque de l'esprit de sérieux, un art dangeureusement proche de Disneyland.
     
       La confrontation de l'art contemporain à des lieux historiques accentue la provocation et le dérisoire de l'art d'aujourd'hui.

     

          Bien que la concurrence soit rude, Jeff Koons gagne le premier prix de l'art rigolo toute catégorie. Son Puppy de Bilbao rencontre un grand succès chez les touristes. Dernier en date, Split-Rocker à Versailles peut s'attendre au même accueil.
     

     

     
    Split-Rocker de Jeff Koons, à Versailles

     


         Puériles, cartoonesques, caricaturales, faciles, kitsches, toutes ces oeuvres sont attrayantes au premier regard. Elles suscitent souvent l'hostilité des "amateurs d'art". Ainsi l’Union Nationale des Écrivains de France demande à la ministre de la Culture, Christine Albanel, d'annuler la venue de Jeff Koons à Versailles. La culture française serait en grand danger! Si Versailles est un haut lieu de l'histoire française, la décoration rococo du château n'est pas exempte de mauvais goût et les plaisanteries de Jeff Koons s'accorderont à merveille avec les dorures surchargées des salons. Jeff Koons expose ses oeuvres au château de Versailles du 10 septembre 2008 au 4 janvier 2009.

        La plupart de ces artistes rigolos ont en commun de faire dans le gigantisme, comme si pour se faire entendre il fallait crier très fort. L'art pop, s'inspirant du surréalisme, joue sur les changements d'échelle, d'environnement et de texture, le détournement d'objets banals transformés en icônes. La plupart de ces oeuvres sont exposées en plein air et sont vite adoptées par un public qui apprécie aussi Disneyworld.
     
     
     
     
     

     

    Palagret
    art contemporain
    août 2008
     
     

     

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       Le poème Express N°00363 de Lucien Suel, affiché dans la rue, devient un poème visuel, une forme de street-art.

     

    Lucien Suel, caviardage de mots, poème express 

    poème Express n° 00363 de Lucien Suel

     

     

       Sur l'affiche raturée, seules trois phrases incomplètes ne sont pas biffées:

    Nous n'allons pas passer notre vie

    Nous avons autre chose à faire.

    C'est merveilleux!

     

     

    Lucien Suel, caviardage de mots, poème express

    poème Express n° 00363 de Lucien Suel

     

     

        Tous ces mots rayés font penser aux lettres censurées des prisonniers ou aux rapports expurgés d'informations essentielles mais secrètes.

     

     

     

    Lucien Suel, caviardage de mots, poème express

    poème Express n° 00363 de Lucien Suel

     

     Comme les dadaïstes et les participants de l'Oulipo, Lucien Suel pratique le caviardage. C'est un jeu littéraire où l'auteur choisit une contrainte. il s'agit ici de biffer les mots d'un texte imprimé afin d’obtenir un autre texte, un autre sens. En 1969, George Pérec décida lui d'écrire "La disparition" un roman où ne figurait pas la lettre E.

     

     

    Lucien Suel sur wikipedia

     

     

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        Les mères dévorantes de Niki de Saint-Phalle succèdent aux Mariées, aux Accouchées et aux Nanas. Exposées dans un écrin rouge, elles semblent, à première vue, innocentes. En y regardant de plus près, on s'aperçoit que les respectables dames prenant le thé chez Angelina dégustent non des gâteaux mais un bébé humain désarticulé et un bébé crocodile.

     

     

    Niki de Saint-Phalle méres dévorantes Thé Angelina 70817 

    Le thé chez Angelina, polyester peint, 1971,

    Niki de Saint-Phalle, Grand Palais

     

     

          Corps lourd de matrone et collier de perles, ces respectables dames sont des mères cannibales étouffant leurs propres enfants. Grotesques et terrifiantes à la fois, elles illustrent l'ambivalence des sentiments de Niki envers sa famille, une famille bourgeoise très stricte ... en apparence, avec un père incestueux et une mère colérique peut-être complice.

     

     

    Niki de Saint-Phalle méres dévorantes Thé Angelina 70816 

    Le thé chez Angelina, polyester peint, 1971,

    Niki de Saint-Phalle, Grand Palais

     

     

        "Lorsque je fis la série de sculptures que j'appelai "Les mères dévorantes", Maman m'interrogea: "Chérie, j'espère que ce n'est pas moi?" Je lui répondis par un mensonge: "Oh non pas du tout." Puis je commençai à réfléchir: nous sommes toutes des mères dévorantes. Maman m'a dévorée et moi à mon tour je dévore mes enfants."

     

     

    Niki de Saint-Phalle méres dévorantes La Toilette 70825 

    La Toilette, papier collé peint et objets divers, Niki de Saint-Phalle, 1978

     

     


        La Toilette (1978) représente la mère haïe et à la fois chérie. " Je ne voulais pas totalement rejeter ma mère. J'ai gardé d'elle certaines choses précises qui m'ont procuré beaucoup de plaisir - mon amour des vêtements, de la mode, des chapeaux, des déguisement , des miroirs (...) Toutes ces choses, je les ai reçues en partage et elles m'ont aidé a rester en contact avec ma féminité. Ma mère, cette merveilleuse créature dont j'étais un peu amoureuse (quand je n'avais pas envie de la tuer) je la voyais comme prisonnière d'un rôle imposé. Un rôle qui se transmettait de génération en génération selon une tradition jamais remise en question."

     

       Le thème de la femme à sa toilette a donné lieu à beaucoup de tableaux sensuels célébrant la féminité. Dans la sculpture de Niki de Saint-Phalle, la femme aux bigoudis est caricaturale. Son visage blafard ressemble à une tête de mort: orbites rondes nez triangulaire, bouche rouge. Sur la table de toilette, au milieu des plumes, des fleurs et des bijoux, un crâne miniature et une poupée démembrée. La scène est une vanité; elle représente la vanité de la femme qui se maquille pour plaire. Mais c'est aussi une vanité au sens classique, un memento mori. La beauté et la jeunesse sont éphémères. La mort rôde.

     

     

    Niki de Saint-Phalle méres dévorantes La Toilette 70826 

    La Toilette, papier collé peint et objets divers, Niki de Saint-Phalle, 1978

     

     

        "Vous étiez très belle, ma mère. Votre beauté et votre charme (quand vous vouliez bien vous en servir) étaient magiques. Vous auriez pu être une grande actrice, ma mère. Comme vous étiez théâtrale!"

     

     

     

    Niki de Saint-Phalle méres dévorantes La Toilette 70827 

    La Toilette, papier collé peint et objets divers, Niki de Saint-Phalle, 1978

    memento mori


     

     

         "Enfant je ne pouvais pas m'identifier à ma mère, à ma grand-mère, à mes tantes ou aux amies de ma mère. Un petit groupe plutôt malheureux. Notre maison était étouffante. Un espace renfermé avec peu de liberté, peu d'intimité. Je ne voulais pas devenir comme elles, les gardiennes du foyer, je voulais le monde et le monde alors appartenait aux HOMMES. Une femme pouvait être reine mais dans sa ruche et c'était tout. Les rôles attribués aux hommes et aux femmes étaient soumis à des règles très strictes de part et d'autre." 2

     

     

     

    Niki de Saint-Phalle méres dévorantes Promenade -copie-1 

    La promenade du dimanche, polyester peint, Niki de Saint-Phalle 1989

     

     

        La banale promenade du dimanche est la scène la plus grinçante. Maman et Papa, petits bourgeois mornes, ont l'air bien inoffensif. Pourtant le père tient en laisse l'enfant chérie, une grosse araignée noire, une enfant dangereuse mais dominée, prisonnière et aimée ... d'une certaine façon. Scène grotesque et terrifiante une fois encore.

     

      Louise Bourgeois voyait dans la famille un milieu mortifère où régnait un père haï. L'araignée représentait la mère soumise et industrieuse. Pour Niki de Saint-Phalle, l'araignée symbolise la souffrance de l'enfant abusée et pourtant fièrement exhibée. On pense à la nouvelle de Richard Matheson "Journal d'un monstre": un enfant mutant rejeté par ses parents y raconte sa haine et son désespoir d'être différent. Niki de Saint-Phalle s'est voulue différente, elle a refusé de se laisser écraser par un milieu bourgeois et des parents dévorants.

     

     

     

    Niki de Saint-Phalle méres dévorantes Promenade du Dimanc 

    La promenade du dimanche, polyester peint, Niki de Saint-Phalle 1989

     

     

     

    Niki de Saint-Phalle

    Grand Palais de Paris

    du 17 septembre 2014 au 2 février 2015

     

     

     

     

    Liens sur ce blog:

    *- Niki-de-saint-phalle-la-cabeza-une-tete-de-mort-creuse-ou-se-reposer

    * Niki de Saint-Phalle, arbre de vie, fontaine au serpents au Grand Palais, Paris

    * - Niki de Saint-Phalle, Tinguely et Jef Aerosol à la fontaine Stravinski, vidéo

     * Street-art et vandalisme devant la fontaine Stravisky

     Jef Aérosol, Tinguely et Niki de Saint Phalle à la fontaine Stravinski à Beaubourg

    * L'araignée géante de Louise Bourgeois aux Tuileries

     

     

    Palagret

    art contemporain et féminisme

    janvier 2015

     

    Sources:

    Dossier de presse

    1- Lettre de Niki à sa mère

    2 - lettre à Pontus Hulten, 1991

     

     

     

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    UNE ARAIGNÉE MUTANTE DANS LES JARDINS
    DE LE NÔTRE


        Avril 2008: « Maman » l'araignée géante, œuvre emblématique de Louise Bourgeois, est actuellement dans le jardin des Tuileries entourée de sculptures françaises classiques, non loin des femmes aux formes rebondies d'Aristide Maillol.
    Sculpture contemporaine, l'arachnide monumental se confronte aux bâtiments  historiques du Louvre.
     




    Maman (1999), araignée géante de Louise Bourgeois
    aux Tuileries

    Collection particulière Cheim & Read, New-York


        Les araignées sont souvent un objet de répulsion. Mygales velues ou minuscules bêtes rouges, elles suscitent sinon la panique du moins le malaise. Les prédatrices géantes qui hantent
    les bandes-dessinées et le cinéma fascinent et affolent les pauvres humains qui ne peuvent que fuir pour mieux s'engluer dans leur toile mortelle. De nombreux films exploitent l'effroi des braves gens devant ces monstres à huit pattes. Seuls les vrais héros peuvent les vaincrent comme en témoignent "Le voleur de Bagdad" de Michael Powell (1940), "Tarentula" de Jack Arnold (1956), et même "Harry Potter et la chambre des secrets" de Cris Colombus" (2002). (1) 



    Maman (1999), araignée géante de Louise Bourgeois aux Tuileries.
    Haute de neuf mètres.



     
    Pour Louise Bourgeois l'araignée est une figure maternelle, à la fois castratrice et protectrice, une figure ambivalente. Comme sa mère qui retissait des tapisseries anciennes dans son atelier de restauration.

      
        « L'araignée, pourquoi l'araignée? parce que ma meilleure amie était ma mère, et qu'elle était aussi intelligente, patiente, propre et utile, raisonnable et indispensable qu'une araignée. Elle pouvait se défendre elle-même. »

         Voici ce que l'artiste inscrit sur la plaque devant sa sculpture haute de neuf mètres, ignorant malicieusement l'aspect menaçant de son oeuvre. L'arachnide fabuleux est une bonne introduction au travail complexe et aux fantasmes morbides de cette vieille dame de 96 ans.

         Depuis les premiers dessins de 1940, Louise Bourgeois a crée plusieurs araignées de différentes tailles. Une figurine, exposée à Beaubourg, représente une femme rouge transpercée de huit pattes. Est-elle l'araignée dévorante ou la proie dévorée?



    Figurine rouge à huit pattes d'araignée. Louise Bourgeois.




         Une image de cauchemar, comme beaucoup d'œuvres de Louise Bourgeois qui se nourrissent des traumatismes de l'enfance.



    "Tout mon travail, tous les sujets, trouvent leur source dans mon enfance"


        Livrée aux Tuileries en pièces détachées et montée à l'aide de grues, Maman l'araignée de bronze et d'acier inoxydable surplombe les parterres de Le Nôtre et les sculptures classiques inspirées de l'antique qui ornent les jardins. L'araignée géante, ses fines pattes anguleuses ancrées dans le gazon, domine les passants qui ne s'émeuvent pas trop de ce monstre figé.

        La sculpture est posée sur une pelouse interdite aux promeneurs et on ne peut que furtivement examiner, en contre-plongée, une résille de métal contenant des blocs de marbre, les œufs. Bientôt un gardien siffle le contrevenant et lui ordonne de retourner sur l'allée sablée.
     




    Maman (1999), araignée géante de Louise Bourgeois
    aux Tuileries. Détail du sac d'oeufs.


        La nuit, aux Tuileries, la silhouette émaciée de « Maman » se découpe sur le ciel encore clair; les feuilles frémissent dans le vent et la rumeur venue de la ville crée une atmosphère propice aux terreurs ancestrales. Un promeneur, ignorant la présence de l'araignée pourrait sursauter en l'apercevant à travers les arbres! Quant aux sculptures du dix-huitième et du dix-neuvième siècle qui entourent le monstre, elles participent à une mise en scène de la douleur et de l'effroi.



    Maman (1999), araignée géante de Louise Bourgeois aux Tuileries
    La misère (1907), statue de Jean-Baptiste Hughes



        La Misère, dans un geste emphatique, se détourne de ce monstre effroyable, ses enfants agrippés à ses jambes. Hercule, appuyé sur sa massue se demande s'il doit le terrasser, accomplissant un treizième exploit. Thésée combattant le Minotaure détourne la tête et les nymphes apeurées s'enfuient loin de cet hôte prodigieux.
     



    Nymphe fuyant l'araignée monstrueuse ?
     
     

          Tous, héros mythologiques et héros romains, allégories et sylphides, figés dans leur gesticulation stéréotypée, miment la peur, le désespoir, le courage farouche.  "Maman" n'exprime rien, elle n'esquisse aucun mouvement, elle est là, c'est tout. C'est une mère portant ses œufs et les mères peuvent être terrifiantes. Impassible et pourtant dangereuse, elle éveille en nous des fantasmes, des angoisses imprécises dont se joue Louise Bourgeois.


        Une deuxième araignée géante (crouching spider) est installée dans le hall de Beaubourg. On peut la voir de près mais la complication visuelle de l'arrière plan rend difficile sa perception. Au troisième étage, une autre araignée enserre une cache grillagée entre ses pattes. A l'intérieur, des objets de la vie familiale. La famille est une prison, un enfer créé par un père détesté. 



    araignée géante de Louise Bourgeois à Beaubourg

       
        R
    econnue tardivement, Louise Bourgeois fait aujourd'hui partie des plasticiens contemporains baroques les plus en vue comme Jeff Koons et Damien Hirst qui eux aussi travaillent avec les animaux et la monumentalité.  Maman, ou big Mama, l'araignée gigantesque est une rock star en tournée mondiale. Son  imprésario est excellent ou elle est douée d'ubiquité pour se retrouver ainsi aux quatre coins du globe. Plus concrètement, il y a plusieurs exemplaires de la sculpture  en circulation.  
     


    Maman (1999), araignée géante de Louise Bourgeois aux Tuileries
     
     
     
         L'araignée s'est posée, entre autres, à Saint-Petersbourg en Russie, à Tokyo, Copenhague, Denver, Kansas City, San Francisco, New-York et Londres. L'araignée géante a veillé sur le tombeau de James Ensor à Mariakerke, ce qui convient bien à son aspect morbide. Elle est toujours à Ottawa comme en témoigne la caméra web du musée des Beaux-arts du Canada. Sur le parvis du Guggenheim de Bilbao, elle a disputé la vedette à l'innocent Puppy de Jeff Koons. Quoi de plus opposés qu'une répugnante araignée filiforme et un gentil chiot recouvert de fleurs fraîches! L'une appartient aux sous-bois, aux recoins obscurs, aux rêves maléfiques, l'autre est solaire et parle d'enfance, de spontanéité et de bonheur. Pourtant ces représentations d'animaux plus grands que nature sont toutes deux des célébrités paradoxales. D'un coté, les musées se les disputent, les amateurs d'art et les financiers surenchérissent chez Christie's ou Sotheby pour les acquérir; ces oeuvres contemporaines atteignent désormais les prix des tableaux impressionnistes. D'un autre coté, l'intérêt que leur porte le public les réduit à des attractions ludiques.


       
    Maman à Tokyo, Japon. Photo Eugenio D80


          
    Maman à Bilbao, Espagne. Photo: aronski

           


    Maman à Londres, Royaume-Uni. Photo: Ayres no graces



        Après Paris, les araignées et l'exposition du Centre Pompidou se produiront au Solomon R. Guggenheim Museum à l'été 2008, au Los Angeles Museum of Contemporary Art en automne 2008 et au Hirshhorn Museum & Sculpture Garden, Washington D.C. au printemps 2009.

        Depuis 1998, le jardin des Tuileries accueille sur ses pelouses des sculptures contemporaines de Jean Dubuffet, David Smith, Carl André, Roy Lichtenstein, Guiseppe Penone etc. Clara-Clara, une sculpture abstraite de Richard Serra est posée dans le fer à cheval, côté Concorde. L'araignée bourgeoise, elle, ne sera parisienne qu'une saison.


    Louise Bourgeois. Une rétrospective.
    Exposition au Centre Pompidou.
    Jusqu'au 2 juin 2008.
    Tous les jours sauf mardi et le 1er mai.
    De 11h à 21h.


    Maman, araignée géante aux Tuileries. Heures d'ouverture des jardins.

     
     
     
    Source1- Les araignées au cinéma





    Catherine-Alice Palagret
    art contemporain monumentale
    avril 2008

     
     
      
     
     
     
     
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       Un ancien mur peint à peine lisible est aujourd'hui caché par un immeuble neuf rue de Sèvres. Apposée sur un mur pignon en brique, la réclame peinte vantait l'apéritif Dubonnet. On distinguait DUBO et tonique. Au-dessus: des traces jaunes et bleues appartenant sans doute à une autre marque et BEU en noir, peut-être les premières lettres de beurre.

     

     

    Un mur peint Dubonnet disparu rue de Sèvres à Paris 

    Mur peint Dubonnet rue de Sèvres

     

     

       La peinture murale était offerte au regard des parisiens par l'entreprise "Affiches Frossard Paris", domiciliée Place des Vosges. Information écrite en noir dans une cartouche jaune au bas du mur.

     

     

    Un mur peint Dubonnet disparu rue de Sèvres à Paris 

    Mur peint Dubonnet rue de Sèvres

     

     

       A gauche, un deuxième mur aveugle porte une autre réclame totalement illisible avec des traces de peinture rouge brique.

     

     

    Un mur peint Dubonnet disparu rue de Sèvres à Paris 

    Mur peint publicitaire non-identifié rue de Sèvres

     

     

       La fontaine du Fellah, représentant en fait Antinouïs, et l'entrée du métro Vaneau (1923), de style néo-égyptien, sont depuis insérées dans l'immeuble neuf, construit sur l'emplacement de l'hôpital Laënnec. La fontaine ne fonctionne plus depuis longtemps.

     

     

    Un mur peint Dubonnet disparu rue de Sèvres à Paris 

    Mur peint Dubonnet bientôt masqué par une construction neuve, rue de Sèvres

    à droite, la fontaine du Fellah (1806) de style néo-égyptien retour d'Egypte

     

     

      Le nouvel immeuble laisse voir le haut du mur de brique mais plus de publicité.

      

    Photos prises en 2012.

     

    Lien sur eklablog:

    * Mur peint Dubonnet à Blois

    Mur peint Dubonnet, disparu de la place de la Bastille

    * Robert Delaunay et la publicité Dubonnet

    * Mur peint Dubonnet, Avia, Forvil en Languedoc

     

     

     

     

     

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       Près du carrefour Tolbiac à Paris existe encore un mur réclame presque effacé. Les briques transparaissent sous la peinture mais on y lit Savon Cadum et une forme floue qui devait être le Bébé Cadum.

     

     

    Bébé Cadum mur peint Tolbiac 2Mur peint publicitaire Savon Cadum

     

     

       On lit aussi Dubonnet qui barre Cadum et les deux publicités peintes se mélangent. En bas du mur le slogan se répète: Dubo Dubon Dubonnet. Un slogan qu'on pouvait lire sur les parois du tunnel du métro dans les années cinquante. Un slogan hypnotique que les enfants récitaient le nez collé à la vitre du train qui fonçait dans l'obscurité.

     

     

     

    Bébé Cadum mur peint Tolbiac 3Mur peint publicitaire Savon Cadum

     

     

     

        Plus bas encore sur le mur, on déchiffre une partie du nom de la compagnie publicitaire qui peignait ces grands murs réclame: affiches Fross..., affiches Frossard. Tout en haut, au-dessus de Savon, il y a aussi des lettres formant affiche et d'autres mots illisibles. La publicité a l'air très ancienne, peut-être d'avant la guerre de 14-18.

     

     

     

    Bébé Cadum mur peint Tolbiac 0

     

     

     

        Le mur peint Savon Cadum est à côté d'un îlot démoli. Là se trouvait l'ancien cinéma le BARBIZON, ex "Cinématographe des familles", ex" cinéma family". Un bâtiment bas, comme en témoigne les arcs-boutants qui maintiennent les deux corps du bâtiment adjacent, qui ne rentabilisait pas assez le terrain. La nouvelle construction cachera-t-elle ce vieux mur décrépi, témoin d'un vieux Paris de plus en plus rare. 

     

     

    Nouveau mur peint publicitaire "Savon Cadum" après restauration

    boulevard Montmartre à Paris

     

     

         Dans les années 1920, les murs peints proliféraient et étaient aussi nuisibles que les publicités aujourd'hui; on protestait contre cette agression publicitaire omniprésente. Maintenant qu'ils ont presque tous disparu, avalés par la rénovation urbaine ou effacés par les intempéries, on doit les protéger. Il faudrait que la mairie du XIIIè ou la Mairie de Paris réagissent et sauvegarde ce mur déjà en bien mauvais état.

     

       En plus du mur peint Bébé Cadum du boulevard Montmartre, il reste de rares vestiges à Paris, témoin précieux de l'histoire de la publicité au début du vingtième siècle.

     

     

     

    Liens sur ce blog:

    Le retour de Bébé Cadum, tout propre, tout neuf boulevard Montmartre

    Murs peints publicitaires

     

     

     

    Palagret

    murs peints du vieux Paris

    juillet 2013

     

     

     

     

     

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  •     Visages barbouillés, vêtements trempés d'eau colorée, chants et danses, Holi est une fête joyeuse qui célèbre l'équinoxe de printemps en Inde. La fête est dédiée à Krishna au nord de l'Inde et à Kama dans le Sud.
     

     
    Indien au visage coloré lors de la fête des couleurs
     
     
     
     
        Pendant la fête des couleurs, les participants se déchaînent en s'aspergeant de poudre colorées (gulal). Les visages et les corps se couvrent de rouge, de jaune de vert etc ... . La floraison du palash ou Flamme de la Forêt, un arbre aux fleurs d’un rouge éclatant, donne le vermillon, symbole de joie et d'amour. D'autres plantes séchées et broyées, ou des minéraux, donnent le vert (l'harmonie), le bleu (la vitalité), l'orange (l'optimisme).
     
     
     
     
     
    Holi, la fête des couleurs en Inde
    Danse sous les poudres colorées
    Photo Matthieu
     
     
     
        Les jets d'eau colorée sont un simulacre de bataille, un jeu inoffensif, mais ils permettent aussi de régler des conflits sans violence. Les films de Bollywood mettent souvent en scène des ennemis qui se réconcilient lors de Holi, la fête des couleurs, après s'être couverts mutuellement de toutes les couleurs. Influencés par ces films très populaires, les jeunes chantent et dansent les numéros bollywoodiens au son des tambours ou d'une sono tonitruante.
     
     
     
    Trois indiens couverts de couleurs
    Photo bikashdas
     
     

        La veille de la fête des couleurs, on allume des feux aux carrefours. L'effigie d'Holika, un démon, est alors brûlée. Le bûcher symbolise la victoire du bien sur le mal et de la vérité sur le mensonge.
     
     
     
     
    Poudres colorées lors de la fête de Holi, en Inde
    Photo FaceMePLS
     
     
     
         Dédiée à Krishna ou Shiva dans le Nord et à Kâma dans le Sud, la fête des couleurs est célébrée même par les non-hindous. Les enfants, et aussi les adultes, adorent s'asperger de poudres pigmentées. La fête, comme le carnaval jadis en occident, a un rôle social et culturel. Elle réunit des gens de différentes castes, religions et richesses. La célébration de Holi marque la fin de l'hiver et, comme la végétation qui renaît, les participants retrouvent l'énergie et l'espoir.
     
     
     
     
    Aspersion d'eau et de poudre colorée, Photo bikashdas
     
     
     
     
        La fête des couleurs a aussi un rôle prophylactique. L'aspersion de couleurs sur le corps pourrait aussi avoir un effet médicinal car beaucoup de pigments viennent des plantes. Les neem (margousier), kumkum (safran), haldi (cucurmin) sont des ingrédients prescrits par la médecine ayurvédique. La déambulation autour du bûcher où la chaleur atteint plus de soixante degrés permet de détruire les bactéries, du corps et de l'atmosphère, qui commencent à proliférer avec l'arrivée de la chaleur. 1
     
     
     
     
     
    Jeune fille indienne au visage coloré lors de la fête des couleurs
     
     
     
     
        A l'époque de Holi, les femmes nettoient en grand leur maison, c'est le nettoyage de printemps. On se débarrasse des moustiques et des rampants. A la campagne, les sols de terre battue sont refaits avec un mélange de bouse de vache qui a des propriétés anti-septiques.
     
     
     
     
     
    Nouveau sol en bouse de vache
     
     
     

        Lors de la fête de Saraswati, la déesse de la connaissance, les écoliers et les étudiants s'enduisent aussi le visage de poudres colorées. Tout au long de l'année, sur les marchés, on trouve des étals de poudre colorées qui servent pour les fêtes et les cérémonies religieuses. Cependant, aucune célébration n'est aussi belle que Holi, la fête des couleurs.
     
     
     
     
    Etal de poudres de couleur au marché, Photo Parag Sankhé

     
     
     
        La fête des couleurs est célébrée en Inde mais aussi partout dans le monde où il y a des communautés hindoues importantes.


     
     
     
     
     
     
     
     
    Palagret

     

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