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    Quelque cadenas d'amour en 2008 à Paris       
     
     
       Un nouveau rite amoureux se répand de Moscou à Odessa, de Florence à Rome, de la Corée du Sud à la France. Les jeunes mariés en voyage de noces élisent des endroits romantiques pour y enchaîner leurs coeurs avec des "cadenas d'amour", des love locks.
     
     
     
    Cadenas accroché au parapet d'un pont à Paris
    Claudio et Andreas 2008
     

        Ainsi voit-on des cadenas gravés de noms ou d'initiales accrochés au parapet des ponts. Les amoureux ferment la serrure et jettent ensemble la clef dans l'eau. Comme ils jettent des pièces dans la fontaine de Trévie pour s'assurer de leur bonheur.
     
     
     
    Cadenas accrochés au parapet de la passerelle Senghor à Paris
    devant le Louvre et le musée d'Orsay
     
     
     
       Ainsi leurs coeurs enchaînés ne pourront jamais être séparés et aucun rival ne trouvera la clé du coeur de l'aimé ou de l'aimée. Dans un rite incantatoire, l'éternité du métal s'oppose aux revirements du coeur et à l'inconstance des amants. L'acier indestructible doit conjurer le temps et  Amour rimer avec Toujours.
     
     
     
     
    Cadenas accroché au parapet d'un pont à Paris
    BH aime MM

     

     

        A Moscou, le pont Luzhkov était tellement encombré de cadenas au-dessus de la rivière que des arbres métalliques ont été installés à côté. Depuis 2005, les jeunes mariés y enchaînent leurs coeurs cadenassés.

     

     

     
    Arbre fait de cadenas gravés de noms d'amoureux, à Moscou
    source

     

     

        Depuis 2008, ce rite païen arrive doucement à Paris. Rien d'aussi spectaculaire qu'à Huangshan en Chine ou à Niigata au Japon où les cadenas d'amour forment un mur solide. Au-dessus de la Seine, la passerelle Léopold Senghor qui relie le Musée d'Orsay aux Tuileries, n'est pour l'instant parée que de trois dizaines de cadenas. Accrochés au grillage du parapet, certains sont déjà rouillés.
     

     

     

     
    Cadenas accrochés au parapet de la passerelle Senghor à Paris
    All my love forever

     

     

         Griffonnés ou soigneusement gravés, la plupart des noms semblent étrangers mais les parisiens adopteront ce rite. L'imitation et l'émulation sont des moteurs puissants. Lorsque des amoureux voient des noms entourés d'un coeur, ils ont aussi envie de graver leur amour dans l'écorce d'un arbre ou sur un mur et, même si l'un ne veut pas, l'autre l'y pousse. Sur la Seine, le bois des parapets est déjà gravé de mille noms.

     
     
     
     
    Cadenas accroché au parapet de la passerelle Senghor à Paris
    Ilary + France x sempre, 2.01.09
     
     
     
     
         C'est bientôt la Saint-Valentin et les cadenas d'amour vont peut-être se multiplier. Beaucoup de cartes seront envoyées par internet le 14 février. Mais rien ne remplace l'acte de graver de sa main une promesse qu'on voudrait éternelle.
     
     
     
     
    Cadenas accrochés au parapet de la passerelle Senghor à Paris
    au fond le Louvre

     

     

       Les marques des cadenas sont curieux: Abus, Master, Unity! Y aura-t-il bientôt un marchand de cadenas à l'entrée des passerelles, à côté du marchand de marrons et du vendeur de cartes postales?
     
     
     
     
    Cadenas accroché au parapet d'un pont à Paris
    Moris love Galina

     

     

       Souvent les coeurs gravés ou dessinés durent plus longtemps que les amours éternels! Toujours, forever, sempre, love ne sont que des mots. Bien des couples se sépareront avant que les cadenas ne rouillent et tombent à la Seine. Des amoureux délaissés viendront arracher le cadenas magique dont le charme s'est rompu.

     

     

     
    Cadenas accrochés au parapet d'un pont à Paris

     

     

        Des couples se reformeront et ils accrocheront un nouveau serment d'amour. Les passerelles parisiennes, le ponte Vecchio à Florence, le pont Luzhkov à Moscou ou le pont de l'amour à Niigata sont si romantiques au crépuscule! Dérisoire conduite magique.

       
        Quant aux amants au coeur brisé ils pourront toujours se consoler avec le poème d'Apollinaire:

     

    Sous le pont Mirabeau coule la Seine
                Et nos amours
           Faut-il qu'il m'en souvienne
    La joie venait toujours après la peine
     
         Vienne la nuit sonne l'heure
         Les jours s'en vont je demeure
     
    Les mains dans les mains restons face à face
                Tandis que sous
           Le pont de nos bras passe
    Des éternels regards l'onde si lasse
     
         Vienne la nuit sonne l'heure
         Les jours s'en vont je demeure
     
    L'amour s'en va comme cette eau courante
                L'amour s'en va
           Comme la vie est lente
    Et comme l'Espérance est violente
     
         Vienne la nuit sonne l'heure
         Les jours s'en vont je demeure
     
    Passent les jours et passent les semaines
                Ni temps passé
           Ni les amours reviennent
    Sous le pont Mirabeau coule la Seine
     
         Vienne la nuit sonne l'heure
         Les jours s'en vont je demeure
     


     
    Cadenas d'amour accroché au parapet d'un pont à Paris
    Joanna Piotr
    Palagret
    archéologie du quotidien
    février 2009
     
     

     

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    Les colonnes de Buren à l'abandon?
     
     
    article de janvier 2008 republié après disparition



      «Des milliers de gens viennent du monde entier voir quelque chose qui est à moitié détruit», a déclaré le plasticien Daniel Buren à l'AFP, le vendredi 28 décembre 2007. Il accuse l'Etat de laisser son oeuvre à l'abandon. « C'est une forme de vandalisme, mais c'est du vandalisme d'Etat».


    Buren: les colonnes du Palais Royal
    envoyé par Palagret

      Installés dans la cour d'honneur du Palais Royal à Paris, « les deux plateaux » comprennent 260 colonnes octogonales rayées noir et blanc. De hauteurs différentes, les tronçons créent un rythme qui contraste avec le classicisme de la colonnade de la cour d'honneur.
     
      


    undefinedLa cour d'honneur du Palais Royal à Paris
    Les deux plateaux, installation in situ de Daniel Buren, avec un touriste perché.


      Les colonnes prennent racine en sous-sol, sous le grillage, et elles émergent à l'air libre comme si elles surgissaient du sol archéologique de Paris. On dirait des ruines mais des ruines fort peu romantiques. Des ruines organisées selon une formule mathémathique qui ne laisse rien au hasard? Dans l'oeuvre de Buren les bandes mesurent toujours 8, 7 cm de largeur. On peut y voir aussi des arbres coupés dans leur élan vital vers la lumière. S'agit-il de naissance ou de mort? D'épanouissement ou de contrôle? On peut y voir tout simplement des formes rigoureusement pensées pour un cadre précis.
     
     



    undefined La cour d'honneur du Palais Royal à Paris
    Les deux plateaux, installation in situ de Daniel Buren

     
        De l'eau devrait circuler autour des colonnes souterraines éclairées de jeux de lumières. Or rien ne fonctionne plus depuis huit ans. Le jeu entre l'air et l'eau, la surface et les profondeurs, le négatif et le positif n'existe plus. Le mouvement crée par l'eau et la lumière qui s'y reflète devait atténuer la sévérité de l'installation. Reste l'immobilité de la pierre sévèrement alignée.
     



    undefinedPièces de monnaie jetées sur la fontaine asséchée de Daniel Buren


        Daniel Buren proteste: « Est-ce qu'on ne montre que 50% d'une oeuvre dans un musée? Sans vouloir me comparer à la Concorde, dont les fontaines ne sont pas en panne sèche, aucun bassin de Paris n'est laissé comme ça sans eau. Franchement n'importe quel trottoir est mieux entretenu... »

     

     
        En 1986, Jack Lang commande une oeuvre à Daniel Buren pour la cour d'honneur du Palais Royal.  L'oeuvre conceptuelle est composée en résonance avec les colonnades du 19è siècle: “Travailler sur un lieu n'est pas une nouveauté absolue, loin de là. Mais il faut remonter à la renaissance pour retrouver cela. ... Ma démarche a été de reconsidérer le lieu comme essentiel, y compris dans la production artistique.“ 2
     




    undefinedLes colonnes du XXè siécle en écho aux colonnes du XIXè siècle dans la cour d'honneur du Palais Royal, à Paris.

        Une nouvelle bataille des anciens et des modernes commence. Les gardiens de l' « Art » se déchaînent. Comment oser dénaturer un site classique chargé d'histoire en y mettant une telle chose! Remplaçant un parking, l'installation est qualifiée de « furoncle » et de « cancérigène »! Les palissades du chantier se couvrent d'injures et de jeux de mots: "le crime de M. Lang", "Lang-ouste" etc. Avec le changement de majorité, François Léotard succède à Jack Lang mais les travaux se poursuivent au grand désespoir des riverains qui refusent de voir que la rigueur  des colonnes de Buren s'accorde à l'architecture du lieu.1 

        Comme la pyramide du Louvre de leoh Ming Pei, tant décriée à l'origine, les colonnes de Buren appartiennent aujourd'hui au paysage parisien et leur destruction créerait un nouveau scandale.
     
     


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                    Les visiteurs s'amusent ou méditent sur les colonnes de Buren


        Les colonnes aux rayures noires et blanches ont redynamisé les galeries du Palais Royal, de nouvelles boutiques se sont ouvertes pour bénéficier de l'afflux de touristes. Ils se font photographier assis ou debout sur les colonnes tronquées comme sur un piédestal. Les enfants jouent à saute-mouton ou à cache-cache. En ce premier jour de l'an 2008, ils jettent des pièces de monnaie dans la fontaine asséchée et font des voeux, comme à la fontaine de Trévi!Souhaitons que la fontaine retrouve son état d'origine! Si les colonnes de Buren sont un succès public, l'intention de l'oeuvre est édulcorée, laissant place à un simple divertissement.
     



    undefinedLes enfants jouent sur les colonnes de Buren

        Aujourd'hui, Daniel Buren menace de détruire ses colonnes. « Si les  deux plateaux  qui sont placés au coeur de Paris, sous les yeux du Conseil d'Etat et du Conseil Constitutionnel, sont laissés au délabrement, qu'est-ce que cela doit être ailleurs en France? ».
     
     


    vue aérienne des "deux plateaux" de Daniel Buren.
    oeuvre in situ dans la cour d'honneur du Palais Royal à Paris


     
         Il n'est pas sûr que Daniel Buren ait le droit de détruire les colonnes, elles appartiennent à l'état. Des crédits sont prévus pour la rénovation. La menace de détruire son propre travail est avant tout un cri d'alarme de l'artiste, un appel à l'aide. Les oeuvres contemporaines, souvent complexes, sont fragiles et coûteuses à entretenir. Comme rien n'a été fait, la réfection des "deux plateaux" coûtera plus que l'oeuvre originale. L'étanchéité de la dalle et l'électricité sont à revoir. A quoi sert de commander des oeuvres pour les laisser se dégrader!
    Place des Terreaux à Lyon, le jardin minéral de Buren est lui aussi en mauvais état.



        Pendant que Daniel Buren et le ministre de la Culture se querellent par journaux interposés, Jean-Pierre Raynaud laisse détruire un des ses cubes au marteau-piqueur.


     

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  • Entre la Gare de Lille et la grand place, deux maisons portent encore la trace de réclames murales pour des apéritifs: Suze et Bonal Gentiane Quina.

       La marque Bonal, moins connue que Suze ou Byrrh, est écrite sur un mur pignon de brique, peint en rouge, surmontée de la mention Gentiane Quina.

     

     

    Anciens murs peints à Lille: Suze et Bonal

    Mur peint publicitaire Bonal à Lille

     

     

       Le deuxième mur pignon peint en jaune s'orne de la marque Suze écrite en noir, surmontée de "Apéritif à la gentiane". Plus bas on lit le nom de l'entreprise de publicité Courbet travaillant à Paris et Lille.

     

     

    Anciens murs peints à Lille: Suze et Bonal

    Mur peint publicitaire Suze à Lille

     

     

       Comme Quiquina, Suze et Bonal sont deux apéritifs à la gentiane très en vogue à la fin du XIXè siècle en France.

     

    Anciens murs peints à Lille: Suze et Bonal

    Mur peint publicitaire Suze à Lille

     

     

     Liens sur ce blog: 

    Coursan, des réclames peintes délavées

    Réclame peinte Suze à Paris

     

     

    Bonal, histoire de la marque d'apéritif à la gentiane

     

     

     

     

     

     

     

     

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       Les couleurs franches de Krijn de Koning, rouge, jaune, vert, tranchent avec les murs de pierre beige de l'ancien entrepôt de Pompes Funèbres devenu le Cent-Quatre. Une note joyeuse dans un lieu qui ne le fut pas.

     Krijn de Koning investit la halle Aubervilliers avec ESPACE-COULEURS, des "pièces-sculptures" interconnectées où déambule le visiteur. Œuvre in situ, les constructions géométriques forment un labyrinthe coloré qui interroge l'espace.

     

    De Koning au 104 

    ESPACE-COULEURS, "pièces-sculptures" entrée de l'installation

    Krijn de Koning au Cent-Quatre

     

       Une promenade ludique qui amuse beaucoup les enfants qui courent entre les portiques, s'aventurent dans les pièces obscures et grimpent le petit escalier pour découvrir une petite maquette en y passant la tête. Une petite pièce éclairée par un vitrail art nouveau propose des éléments de bois à arranger comme on veut, comme un jeu de construction. Les adultes suivent les enfants, désorientés quelques secondes par l'enchevêtrement des pièces et les perspectives multiples.

     

     

    De Koning au 104

    ESPACE-COULEURS, "pièces-sculptures", Krijn de Koning au Cent-Quatre

     

     

       "Espaces architecturaux, objets sculpturaux ou maquettes, chacune des oeuvres de Krijn de Koning entre en dialogue avec l’espace préexistant. Ses travaux cherchent à rendre sensible la beauté des multiples aspects qui conditionnent notre environnement : la lumière, la couleur, les proportions, les personnes présentes, l’interaction avec le lieu, son usage, l’obstruction physique, la création d’espace et de perspective, les objets chargés de sens et la portée esthétique de certaines abstractions." 1

     

     

    De Koning au 104

    ESPACE-COULEURS, "pièces-sculptures", Krijn de Koning au Cent-Quatre

     

     

    "La couleur a la faculté d’influencer la perception de la réalité qui nous entoure. C’est un moyen de pointer du doigt et de conditionner une réalité construite pour mettre en exergue un élément particulier et le laisser s’exprimer. Selon la situation, cet élément peut être beau, intéressant ou complexe." déclare Krijn de Koning. 1

     

     

    De Koning au 104

    ESPACE-COULEURS, "pièces-sculptures", Krijn de Koning au Cent-Quatre

     

     

       Pour ses quinze pièces imbriquées, de Koning a utilisé des rails métalliques tenant la structure haute de trois mètres en extérieur et 4,20 mètres en extérieur, du plâtre et du bois, le tout badigeonné de 25 couleurs.
     

     

     

    De Koning au 104 

    ESPACE-COULEURS, "pièces-sculptures", maquette à l'intérieur de l'installation

    Krijn de Koning au Cent-Quatre

     

     

        Krijn de Koning a suivi l'enseignement de Daniel Buren à l’Institut des Hautes Études en Arts plastiques à Paris. Il vit et travaille à Amsterdam. De Koning a réalisé récemment des œuvres majeures pour la Triennale de Beaufort (BE) en 2009, la "Nieuwe Kerk" d’Amsterdam (NL) en 2010, le Musée des Beaux-Arts de Nantes (FR) en 2011, le Centre Luigi Pecci à Prato (I) en 2013, l’Edinburgh Art Festival (UK) en 2013, le Turner Contemporary à Margate (UK) et la Folkestone Triennal (UK) en 2014.

     

     

     

    De Koning au 104

    ESPACE-COULEURS, "pièces-sculptures", Krijn de Koning au Cent-Quatre

     

     

    De Koning au 104 

    ESPACE-COULEURS, "pièces-sculptures", Krijn de Koning au Cent-Quatre

     

     

    De Koning au 104

    ESPACE-COULEURS, "pièces-sculptures", Krijn de Koning au Cent-Quatre

     

     

    Espace-Couleurs, installation éphémère, Krijn de Koning

    Du 10 janvier au 5 avril 2015

    Le CENTQUATRE

    5 rue Curial, Paris

     

     

    De Koning au 104 

    ESPACE-COULEURS, "pièces-sculptures", Krijn de Koning au Cent-Quatre

     

     

    Photos Palagret en Creative Common

     

     

     

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       Encombré de plaques de contreplaqué masquant les cadenas, souillé de tags, le Pont des Arts est une horreur et les touristes ont moins envie d'y accrocher leur cadenas d'amour. Du coup on retrouve les cadenas un peu partout dans Paris.

     

    La migration des cadenas: du Pont des Arts à la flamme de Lady DICadenas d'amour place de l'Alma

     

     

       Place de l'Alma, la réplique de la flamme de la liberté a servi de mémorial à Lady Di pendant des années. Aujourd'hui, la princesse morte est oubliée et les touristes accrochent leur cadenas sur la grille qui encercle la flamme.

     

     

    La migration des cadenas: du Pont des Arts à la flamme de Lady DICadenas d'amour autour de la flamme de la liberté de Bartholdi, place de l'Alma

     

     

    Le-pont-des-arts-en-triste-etat-cadenas-caches-contre-plaque-et-plexiglas

     

     

    La migration des cadenas: du Pont des Arts à la flamme de Lady DICadenas d'amour place de l'Alma

     

     

    Trois-statues-de-la-liberte-et-une-flamme-à-paris

     

     

    La migration des cadenas: du Pont des Arts à la flamme de Lady DICadenas d'amour autour de la flamme de la liberté de Bartholdi, place de l'Alma

     

     

     

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