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       Le pop artiste américain Roy Lichtenstein qui puisait son inspiration dans les bandes-dessinées et la publicité a toujours inspiré la publicité. Juste retour des choses. Dans ce magasin, deux images à la manière de Roy Lichtenstein vendent des montures de lunettes. Les images reprennent les codes graphiques du pop art de Lichtenstein: cadrages cinématographiques des cases des comics, simplification des traits du visage et de la chevelure soulignés de traits noirs (hard edge), expressions mélodramatiques stéréotypées, couleurs primaires, exagération des pastilles imitant la trame de l'impression.
     

     

    Dans le style de Roy Lichtensteinpublicité dans la vitrine d'un opticien



         Chez Lichtenstein, la bulle sortant de la bouche des personnages contient des phrases sentimentales, ironiques citations de romans graphiques. Essuyant une larme, des blondes désespérées gémissent:

     

    Ca m'est égal, je préfère me noyer qu'appelez Brad à l'aide! (Drowning girl, 1963)

    Il est peut-être malade et n'a pas pu quitter son studio
    (M-Maybe 1965)

    C'est sans espoir (Hopeless)

     

        Jouant avec les stéréotypes, Lichtenstein prête aux hommes des propos plus brutaux comme:

     

    Oublie tout, oublie moi, j'en ai assez des filles de ton genre
    (Forget it! Forget me, 1962))



    A la manière de Roy Lichtensteinpublicité pour des lunettes



        Sur la publicité pour les montures de lunettes la banalité sentimentale est remplacée par la banalité commerciale: Nous nous faisons un plaisir de vous remettre gratuitement un devis détaillé ...

     

     

     

    Dans le style de Roy Lichtensteinpublicité dans la vitrine d'un opticien



        Les personnages de Roy Lichtenstein ne portent jamais de lunettes.

        Le pop art est une source d'inspiration pour la publicité. Lors de l'exposition d'Andy Warhol à Paris, de nombreuses affiches publicitaires se sont inspirées de ses images. Ray-Ban un fabriquant de montures de lunettes, encore, s'y réfère.



    Publicité Ray-Ban pour des montures de lunettes
    dans la style warholien



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    Oeuvres de Roy Lichtenstein et images de bande-dessinées.

     
    Palagret
    septembre 2009
    Texte et photos

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  • L'art dans la publicité

        Alors que les artistes pop se sont largement inspirés de la publicité, les publicitaires s'inspirent régulièrement de l'art. Art classique ou contemporain, au premier ou second degré, la publicité utilise et détourne le style ou l'image d'un artiste (Picasso pour Apple). Souvent le nom du créateur n'a rien à voir avec le produit. Ainsi Citroën baptise une de ses voitures Picasso sans qu'on voit vraiment le lien.

        Une simple reproduction d'un tableau célèbre ou d'un détail peut servir à vanter un produit ou une entreprise.
     
     

    Pot de riz au lait La Laitière, inspiré de Vermeer
     

         Nestlé adopte la laitière de Vermeer pour vendre des desserts. Sur l'emballage, le packaging, il ne reste qu'une imagette insignifiante supposée ancrer le produit dans la tradition et la qualité d'autrefois. Les spots publicitaires diffusés à la télévision  sont assez réussis en racontant de petites histoires. Ils mettent en scène une jeune laitière qui prépare des desserts dans un univers inspiré de l'époque du peintre hollandais.

     



        L'Oréal adopte les formes abstraites et les couleurs franches de Mondrian. Michel-Ange n'a pas peint les fresques de la chapelle Sixtine pour servir de banque d'images aux publicitaires mais ils adorent le piller. La création de l'homme, Dieu tendant la main vers sa créature, est souvent reproduite.  Un détail de la fresque de la chapelle Sixtine se retrouve sur les emballages des cafés San Marco par exemple.
     

    Paquet de café San Marco, inspiré d'un dessin de Léonard de Vinci
     

        L'homme de Vitruve, un dessin où Léonard de Vinci étudie les proportions parfaites du corps humain, est l'ancien logo de Manpower.


    L'homme de Vitruve aux proportions parfaites, dessin de Léonard de Vinci dont s'est inspiré Manpower pour son logo
     

        Parfois la publicité ne se contente pas de copier une oeuvre, elle la détourne:
    - Sur une photo de rue new-yorkaise, on voit deux yuppies en costume sombre porter une sculpture moderne. L'oeuvre pourrait être un Niki de Saint-Phalle. Un briquet Winston est incrusté en bas de l'image. Il s'agit en fait, hypocitement, de vendre des cigarettes.

    - Les bières Carlton reconstituent un tableau pompier où des nymphes et des éphèbes dévêtus batifolent dans un décor champêtre, une bouteille à la main.

    - Un canapé Roset dessiné par Castelbajac est exposé dans un musée, posé verticalement, au milieu de sculptures.

    - Une bouteille de Johnny Walker est accrochée à un mobile de Calder.

    - Les ferries P&O s'inspire d'une toile pointilliste de Georges Seurat, «un dimanche à la Grande Jatte», et ajoute un ferry à l'horizon.
     
     
    Perrier lime (dit l'Ensorceleur) et Perrier citron (dit le Taquin)
    Portraits composés avec des citrons dans le style d'Arcimboldo
    affiche publicitaire Perrier, 1989


    - En 1989, pour promouvoir du Perrier aromatisé au citron, Perrier crée deux têtes composées dans le style d'Arcimboldo. L'Ensorceleur et  Le Taquin sont faits d'une accumulation de citrons verts et jaunes qui dessinent un visage et un buste.

    - En 2007, Malibu Caribbean Creation s'inspire aussi d'Arcimboldo mais avec une composition simplifiée.


    Affiche Caibbean creation, pseudo Arcimboldo
     

         Le but des publicitaires est toujours d'associer un produit très prosaïque à une image culturelle valorisante, exemple de raffinement, de créativité ou de beauté.

        Il arrive que le détournement crée le scandale. Le célèbre tableau de Leonard de Vinci, "la Cène" a été parodié de nombreuses fois. En 1998, Volkswagen commence une grande campagne avec un visuel représentant la Cène, dernier repas du Christ et des apôtres. Slogan:

     «Mes amis, réjouissons-nous, car une nouvelle Golf est née»
     
       Les catholiques apprécient peu l'esprit de dérision et la parodie de la parole évangélique; ils protestent. Procès. Jugement. Retrait des affiches.


    Affiche publicitaire pour Marithé et François Girbaud
    parodiant la Cène de Léonard de Vinci


        En 2005 Marithé et François Girbaud, créateurs de vêtements, parodient de nouveau la Cène de Leonard de Vinci. Une seule affiche, rue de Neuilly, choque les catholiques: le Christ et les apôtres sont des femmes, sauf un homme au dos nu qui, assis sur la table, s'appuie langoureusement sur une des apôtres. Indignation. Procès. Jugement. Le tribunal décrète: «L’injure faite aux catholiques apparaît disproportionnée au but mercantile recherché». La publicité incriminée est recouverte d'une bâche avant d'être démontée.

        Les affiches, en parodiant une oeuvre connue de tous, recherchaient la connivence avec le public mais une minorité militante a mal pris que la Cène, le dernier repas du Christ, une des images les plus symboliques du christianisme, soit ainsi caricaturée.
     
     
     
    affiche-prix-Warhol-3704.jpgart et publicité
    affiche style Warhol dans une vitrine
     
     
        De nombreuses affiches reprennent les codes graphiques des tableaux d'Andy Warhol.
     
     

    Catherine-Alice Palagret
    mars 2008
     

     
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  • L'art dans la publicité

        Alors que les artistes pop se sont largement inspirés de la publicité, les publicitaires s'inspirent régulièrement de l'art. Art classique ou contemporain, au premier ou second degré, la publicité utilise et détourne le style ou l'image d'un artiste (Picasso pour Apple). Souvent le nom du créateur n'a rien à voir avec le produit. Ainsi Citroën baptise une de ses voitures Picasso sans qu'on voit vraiment le lien.

        Une simple reproduction d'un tableau célèbre ou d'un détail peut servir à vanter un produit ou une entreprise.
     

    Pot de riz au lait La Laitière, inspiré de Vermeer
     

         Nestlé adopte la laitière de Vermeer pour vendre des desserts. Sur l'emballage, le packaging, il ne reste qu'une imagette insignifiante supposée ancrer le produit dans la tradition et la qualité d'autrefois. Les spots publicitaires diffusés à la télévision  sont assez réussis en racontant de petites histoires. Ils mettent en scène une jeune laitière qui prépare des desserts dans un univers inspiré de l'époque du peintre hollandais.
     
     


     
     


        L'Oréal adopte les formes abstraites et les couleurs franches de Mondrian. Michel-Ange n'a pas peint les fresques de la chapelle Sixtine pour servir de banque d'images aux publicitaires mais ils adorent le piller. La création de l'homme, Dieu tendant la main vers sa créature, est souvent reproduite.  Un détail de la fresque de la chapelle Sixtine se retrouve sur les emballages des cafés San Marco par exemple.
     
     
     

    Paquet de café San Marco, inspiré d'un dessin de Léonard de Vinci
     
     
     

        L'homme de Vitruve, un dessin où Léonard de Vinci étudie les proportions parfaites du corps humain, est l'ancien logo de Manpower.



    L'homme de Vitruve aux proportions parfaites, dessin de Léonard de Vinci dont s'est inspiré Manpower pour son logo
     

        Parfois la publicité ne se contente pas de copier une oeuvre, elle la détourne:
    - Sur une photo de rue new-yorkaise, on voit deux yuppies en costume sombre porter une sculpture moderne. L'oeuvre pourrait être un Niki de Saint-Phalle. Un briquet Winston est incrusté en bas de l'image. Il s'agit en fait, hypocitement, de vendre des cigarettes.

    - Les bières Carlton reconstituent un tableau pompier où des nymphes et des éphèbes dévêtus batifolent dans un décor champêtre, une bouteille à la main.

    - Un canapé Roset dessiné par Castelbajac est exposé dans un musée, posé verticalement, au milieu de sculptures.

    - Une bouteille de Johnny Walker est accrochée à un mobile de Calder.

    - Les ferries P&O s'inspire d'une toile pointilliste de Georges Seurat, «un dimanche à la Grande Jatte», et ajoute un ferry à l'horizon.
     
     
     
    Perrier lime (dit l'Ensorceleur) et Perrier citron (dit le Taquin)
    Portraits composés avec des citrons dans le style d'Arcimboldo
    affiche publicitaire Perrier, 1989


    - En 1989, pour promouvoir du Perrier aromatisé au citron, Perrier crée deux têtes composées dans le style d'Arcimboldo. L'Ensorceleur et  Le Taquin sont faits d'une accumulation de citrons verts et jaunes qui dessinent un visage et un buste.

    - En 2007, Malibu Caribbean Creation s'inspire aussi d'Arcimboldo mais avec une composition simplifiée.
     
     


    Affiche Caibbean creation, pseudo Arcimboldo
     

         Le but des publicitaires est toujours d'associer un produit très prosaïque à une image culturelle valorisante, exemple de raffinement, de créativité ou de beauté.

        Il arrive que le détournement crée le scandale. Le célèbre tableau de Leonard de Vinci, "la Cène" a été parodié de nombreuses fois. En 1998, Volkswagen commence une grande campagne avec un visuel représentant la Cène, dernier repas du Christ et des apôtres. Slogan:

     «Mes amis, réjouissons-nous, car une nouvelle Golf est née»
      
      Les catholiques apprécient peu l'esprit de dérision et la parodie de la parole évangélique; ils protestent. Procès. Jugement. Retrait des affiches.


    Affiche publicitaire pour Marithé et François Girbaud
    parodiant la Cène de Léonard de Vinci


        En 2005 Marithé et François Girbaud, créateurs de vêtements, parodient de nouveau la Cène de Leonard de Vinci. Une seule affiche, rue de Neuilly, choque les catholiques: le Christ et les apôtres sont des femmes, sauf un homme au dos nu qui, assis sur la table, s'appuie langoureusement sur une des apôtres. Indignation. Procès. Jugement. Le tribunal décrète: «L’injure faite aux catholiques apparaît disproportionnée au but mercantile recherché». La publicité incriminée est recouverte d'une bâche avant d'être démontée.

        Les affiches, en parodiant une oeuvre connue de tous, recherchaient la connivence avec le public mais une minorité militante a mal pris que la Cène, le dernier repas du Christ, une des images les plus symboliques du christianisme, soit ainsi caricaturée.
     
     
     
    affiche-prix-Warhol-3704.jpgart et publicité
    affiche style Warhol dans une vitrine
     
     
        De nombreuses affiches reprennent les codes graphiques des tableaux d'Andy Warhol.
     
     

    Catherine-Alice Palagret
    mars 2008
     

     
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    undefinedNeon écrit en lettres de néon multicolores
    Photo Frédéric Lagrange


     
       Commercialisées à partir de 1911 en France, les enseignes lumineuses au néon étaient faites de tubes de verre fluorescents. Cintrés en forme de lettres attachées les unes aux autres ils formaient un mot désignant le lieu (café, restaurant, casino) ou la marque. Les tubes soufflés prirent aussi la forme de flamands roses, verres de cocktail, cow-boys au lasso ou danseuses exotiques. Les néons clignotants permettaient de faire danser les lettres ou les objets, créant de petites animations. Des plus simples au plus compliqués, tous les motifs étaient possibles et Las Végas et Tokyo illustrent, entre autres villes,  ce délire lumineux.
     


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    modestes exemples de néons publicitaires: chat, pizza, lunettes, fleur, flèche, rayures
     
       Dans les années cinquante les lettres sont suplantées par des caissons lumineux, dits drapeaux. Plusieurs tubes de néons sont enfermés dans une boîte, éclairant par en-dessous un logo ou un nom de marque. Les abri-bus, apparus dans les années soixante-dix à Paris, ont un grand panneau publicitaire éclairé par des néons blancs dont on devine les tubes parallèles sous l'affiche. Les lettres cursives, inspirées de l'Amérique des années cinquante, sont de nouveau à la mode. On trouve même des petits néons d'intérieur dans les boutiques de cadeaux.

       
    S'inspirant des néons mythiques qui clignotent dans la nuit, Neon girl, la publicité pour le savon Lux (2007) raconte une petite histoire naïve, digne des soap opera, mais en seulement soixante secondes: une jeune serveuse dédaignée trouve l'amour dans les bras d'un cow-boy. La jeune femme, dessinée d'un trait de néon coloré, quitte son support et rentre chez elle en pleurant. Elle perd ses couleurs et s'éteint peu à peu, accompagnée du grésillement caractéristique des néons en fin de vie. Après avoir pris une douche avec le savon Lux elle resplendit de nouveau, ses couleurs étincellent et le cow-boy, subjugué par sa beauté, l'attrape au lasso. Happy end. Le savon et le néon sont associés à l'optimisme et à la joie de vivre. Conçu en Argentine, réalisé sur ordinateur par Dale Newton sans aucun néon, Neon girl a reçu un prix à Cannes au festival des films publicitaires.
     
     
    Neon girl, publicité pour le savon Lux

        Aujourd'hui, les militants écologistes protestent contre les nuisances de toutes ces enseignes lumineuses qui envahissent les rues commerçantes. Ils dénoncent la pollution lumineuse: elle crée un halo rouge qui surplombe les villes et les banlieues empêchant les astronomes et les amoureux des étoiles de contempler la voûte céleste. La pollution publicitaire défigure les rues. Les enseignes qui restent allumées consomment de l'énergie pour rien. Le clan du néon a décidé d'éteindre les néons qui brillent inutilement la nuit. Quand la ville est presque déserte, les éteigneurs de néon ciblent une rue et, armés d'une perche, ils éteignent les néons grâce à l'extincteur extérieur qui sert aux pompiers en cas d'incendie.

        Ces néons tant décriés font pourtant partie de la mythologie de la ville nocturne. Combien de films noirs ou de comédie musicales se déroulent dans un décor magnifié par les reflets du néon sur le pavé mouillé! Un cliché indispensable au cinéma.
     
     
     
    Tolbiac--reflet-n-on-nuit--3-.jpgreflet de néon sur le bitume mouillé
     
     
     
     
     
        Les néons publicitaires n'égrènent que des noms prosaïques de succursales de banque, d'agences immobilières ou de chaînes de vêtements, litanie commerciale fort peu poétique. Pourtant ils accompagnent les errances du promeneur nocturne. Les néons et les vitrines éclairées sont moins hostiles que les rideaux de fer tirés et les vitres obscures où le regard se perd.
     
     
     


    La solitude des aspirateurs la nuit ... par Palagret
     
     


        Quelques  petites villes d'Angleterre ont voté l'extinction de l'éclairage publique après minuit. Les noctambules doivent se munir d'une lampe électrique et prendre leur voiture même s'ils ne vont qu'au pub du coin. Ferons nous bientôt de même?

        Après l'interdiction des néons après la fermeture des magasins, viendra leur interdiction totale. Le néon n'existera plus que dans les
    musées et les galeries d'art.
     
     
     
     
     
    Catherine-Alice Palagret
    archéologie du quotidien
    mars 2008
     
     
     
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