•  

        Il y a au moins trois statues de la Liberté à Paris, repliques exactes du célèbre monument new-yorkais. La plus visible se trouve à la pointe ouest de l'île aux Cygnes et mesure 11,5 mètres contre 46,5 pour l'originale, à l’échelle 1/4.
     

     

    Liberté statue Seine 2Statue de la Liberté, Frédéric Auguste Bartholdi
    pointe de l'ïle aux Cygnes, Paris

     

         L'oeuvre de Frédéric Auguste Bartholdi (1834-1904) fut offerte aux parisiens par des français résidents aux Etats-Unis et inaugurée en 1889, trois ans après celle de New-York. A l'origine "la Liberté éclairant le monde" faisait face à L'Elysée mais tournait le dos aux Etats-Unis, ce qui déplut au sculpteur. Au moment de l'exposition universelle de 1937 la statue fut retournée vers l'ouest.
     
     
     
    Liberté statue Luxembourg 3Statue de la Liberté, Frédéric Auguste Bartholdi
    Jardin du Luxembourg, côté rue Guynemer, Paris
     
     
      La deuxième statue de la Liberté est moins connue: elle se trouve dans les jardins du Luxembourg. Présentée à l’exposition universelle de 1900 puis offerte par Bartholdi au Musée du Luxembourg, elle fut à la demande de madame Bartholdi, érigée dans les jardins en 1905.
     
     
     
    Liberté statue Luxembourg 1Statue de la Liberté, Frédéric Auguste Bartholdi
    Jardin du Luxembourg
     
     
     
       La troisième statue de la Liberté, à l’échelle 1/16, est à l'intérieur (ou parfois à l'extérieur) du Musée des Arts et Métiers. Sa veuve la légua au musée à la mort du sculpteur. On trouve aussi au musée deux maquettes expliquant la construction de la tête de la Liberté, sur un squelette métallique conçu par Gustave Eiffel.
     
     

     

    statue-Liberte--arts---me-tiers-6.jpgStatue de la Liberté, Frédéric Auguste Bartholdi
    Arts et métiers

     

         Achevée en 1884 et installée à Liberty Island dans le port de New-York, la statue représente une femme drapée dans une toge, portant une couronne à sept branches et brandissant une torche de la main droite. Les chaînes brisées de l'esclavage gisent à ses pieds. Sur son livre ouvert, les tables de loi, est inscrit en chiffres romains "4 juillet 1776", jour de l'Indépendance américaine. Sur la statue de l'ïle aux Cygnes est inscrit « IV Juillet 1776 = XIV Juillet 1789 » dates des révolutions américaine et française, sur la statue du Luxembourg "novembre 1889", date de l'inauguration américaine.
     



    Liberté statue Luxembourg 2Visage de la statue de la Liberté, Frédéric Auguste Bartholdi
    Jardin du Luxembourg
     
     
     
       Le visage de la statue de la Liberté est sévère; il serait celui de la mère de Bartholdi. Une autre interprétation en fait la reine Sémiramis ou la déesse babylonnienne Ishtar, déesse de la Liberté, hypothèse fondée sur l’appartenance du sculpteur français à la Grande Loge. La statue monumentale repose d'ailleurs sur un socle pyramidal à trois niveaux, les trois degrés maçonniques: apprenti, compagnon, maître.
     
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    Depuis le printemps 2012, la statue de la Liberté du jardin du Luxembourg a été transférée au Musée d'Orsay et remplacée par une copie.
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    Liberté flamme Lady Di 1Flamme de la statue de la Liberté et offrandes à Lady Di
    place de l'Alma, Paris

     

       Place de l'Alma, une curieuse sculpture dorée est la réplique de la flamme de la statue de la Liberté. "La flamme de la Liberté" fut  offerte par des donateurs privés pour fêter en 1987 le centenaire du journal “L’International Herald Tribune".

       Depuis la mort
    en août 1997 de Lady Diana, dans le souterrain qui court sous la place de l'Alma, ses fans éplorés couvrent le piédestal d'ex-voto, d'offrandes et de messages. Ce lieu de pèlerinage spontané est régulièrement nettoyé mais les fans reviennent, un peu moins nombreux chaque année. Difficile d'entretenir la flamme quand d'autres idoles planétaires abandonnent tragiquement leur public. Où sera le monument de Michael Jackson?

     

     

     

    Lire aussi:

    Une Statue de la Liberté bleue en Touraine

    Lunel, la statue de la Liberté

    Statue de la Liberté, maquette en cuivre de la construction de la tête aux Arts et Métiers

    Statue de la Liberté: une maquette en plâtre de la construction

    Une Statue de la Liberté bleue en Touraine

    * La migration des cadenas d'amour du pont des arts à la flamme de la liberté de Lady Di

     
     
    Palagret
    Texte et photos
    mars 2010

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          Datant du néolithique, cette grande statue anthropomorphe, trouvée à 'Aïn Ghazal, est la plus ancienne présentée au musée du Louvre. Les figurines humaines et animales sont très habituelles dans les fouilles de cette époque. Des statues anthropomorphes de cette taille, environ un mètre, et tenant debout sont exceptionnelles.


    Ain Ghaza Louvre statue 7è millénaire 6Statue de forme humaine, Période Néolithique pré-céramique, 7e millénaire
    Plâtre de gypse, paupières et pupilles en bitume
    Fouille de Aïn Ghazal, Jordanie, 1985, sous la direction de Gary Rollefson et Zeidan Kafafi

     
       La forme du corps est simplifiée et disproportionnée.  Les jambes sont épaisses et courtes, la taille n'est pas marquée. La statue du Louvre n'a pas de bras ni de caractères sexués. Le cou est très long. Au contraire du corps, le visage est traité avec soin. Il est expressif avec des yeux en forme d'amande, nettement dessinés au bitume noir, qui semblent nous fixer.

        La surface du plâtre, aujourd'hui craquelée, était lissée à la spatule et aux doigts. Un pigment rouge, incorporé à la dernière couche de plâtre donnait une coloration rosée.


    Ain Ghaza statue Louvre 4Statue de forme humaine, Période Néolithique pré-céramique, 7e millénaire
    Plâtre de gypse, paupières et pupilles en bitume
    Fouille de Aïn Ghazal, Jordanie, 1985


        La Smithsonian Institution de Washington a restauré les statues de formes humaines d''Aïn Ghazal. Un essai de reproduction en taille réelle a permis de comprendre le processus de fabrication. Ces statues étaient modelées à la main sur une armature de cordes en fibres tressées de roseaux et de jonc. Le plâtre devait être apposé horizontalement sur les armatures d'où une forme large et plate. Les jambes étaient ensuite ajoutées. Les statues étaient sans doute ornées de vêtements; une dépression en haut du crâne devait permettre d'accrocher une perruque pour parfaire leur apparence humaine. Créés dans une société sans écriture, la signification de ces statues monumentales reste énigmatique. Elles pourraient être rattachées au culte des ancêtres, la statue simulant la présence du défunt.



    Ain Ghazal Louvre statue 7è millénaireStatue de forme humaine
    Fouille de Aïn Ghazal, Jordanie
    Période Néolithique pré-céramique, 7e millénaire
    Plâtre de gypse, paupières et pupilles en bitume
    Prêt de la Direction des antiquités de Jordanie Département des Antiquités orientales


        La lourdeur des statues, difficilement transportables, et leur peu d'épaisseur pourraient indiquer qu'elles étaient apposées contre un mur.

        En 1997, la Direction des antiquités de Jordanie a consenti le prêt au musée du Louvre d'une des prestigieuses statues du site néolithique d'Aïn Ghazal, près d'Amman. Ce sont les plus anciennes sculptures connues au Proche Orient, vieilles de neuf mille ans.


    Ain Ghazal statue anthropomorphiqueStatue à double tête
    Fouille de Aïn Ghazal, Jordanie
    Période Néolithique pré-céramique, 7e millénaire
    Plâtre de gypse, paupières et pupilles en bitume
    Musée d'Amman
    Photo frankenschulz


      
    Une trentaine de statues de même style ont été découvertes soigneusement enterrées dans un puits pendant les fouilles d''Aïn Ghazal (la source des gazelles). Ce village néolithique, établi près de la rivière Zarqa en Jordanie, est étendu sur quinze hectares. 'Ain Ghazal est l'une des implantations préhistoriques les plus vastes du Proche-Orient néolithique, trois fois la taille des fouilles de Jéricho.

       On peut voir au Musée d'Amman, en Jordanie, d'autres statues anthropomorphes ainsi que des crânes recouverts de plâtre, excavés à  'Aïn Ghazal en 1983 et 1985.



    Musée du Louvre, Paris
    Aile Sully, rez-de-chaussée, salle D


    Palagret
    archéologie
    Texte et photos




    Le Néolithique, du VIIe au IIIe millénaire av. JC, est l'âge de la pierre polie. L’homme se sédentarise dans des villages et pratique l'agriculture et l'élevage. Le tissage et la vannerie apparaissent.




    Source: Neolithic Statues from 'Ain Ghazal: Construction and Form, by Carol A. Grissom
    Musée du Louvre

     
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          Datant du néolithique, cette grande statue anthropomorphe, trouvée à 'Aïn Ghazal, est la plus ancienne présentée au musée du Louvre. Les figurines humaines et animales sont très habituelles dans les fouilles de cette époque. Des statues anthropomorphes de cette taille, environ un mètre, et tenant debout sont exceptionnelles.


    Ain Ghaza Louvre statue 7è millénaire 6Statue de forme humaine, Période Néolithique pré-céramique, 7e millénaire
    Plâtre de gypse, paupières et pupilles en bitume
    Fouille de Aïn Ghazal, Jordanie, 1985, sous la direction de Gary Rollefson et Zeidan Kafafi

     
        La forme du corps est simplifiée et disproportionnée.  Les jambes sont épaisses et courtes, la taille n'est pas marquée. La statue du Louvre n'a pas de bras ni de caractères sexués. Le cou est très long. Au contraire du corps, le visage est traité avec soin. Il est expressif avec des yeux en forme d'amande, nettement dessinés au bitume noir, qui semblent nous fixer.

        La surface du plâtre, aujourd'hui craquelée, était lissée à la spatule et aux doigts. Un pigment rouge, incorporé à la dernière couche de plâtre donnait une coloration rosée.  



    Ain Ghaza statue Louvre 4Statue de forme humaine, Période Néolithique pré-céramique, 7e millénaire
    Plâtre de gypse, paupières et pupilles en bitume
    Fouille de Aïn Ghazal, Jordanie, 1985


        La Smithsonian Institution de Washington a restauré les statues de formes humaines d''Aïn Ghazal. Un essai de reproduction en taille réelle a permis de comprendre le processus de fabrication. Ces statues étaient modelées à la main sur une armature de cordes en fibres tressées de roseaux et de jonc. Le plâtre devait être apposé horizontalement sur les armatures d'où une forme large et plate. Les jambes étaient ensuite ajoutées. Les statues étaient sans doute ornées de vêtements; une dépression en haut du crâne devait permettre d'accrocher une perruque pour parfaire leur apparence humaine. Créés dans une société sans écriture, la signification de ces statues monumentales reste énigmatique. Elles pourraient être rattachées au culte des ancêtres, la statue simulant la présence du défunt.



    Ain Ghazal Louvre statue 7è millénaireStatue de forme humaine
    Fouille de Aïn Ghazal, Jordanie
    Période Néolithique pré-céramique, 7e millénaire
    Plâtre de gypse, paupières et pupilles en bitume
    Prêt de la Direction des antiquités de Jordanie Département des Antiquités orientales


        La lourdeur des statues, difficilement transportables, et leur peu d'épaisseur pourraient indiquer qu'elles étaient apposées contre un mur.

        En 1997, la Direction des antiquités de Jordanie a consenti le prêt au musée du Louvre d'une des prestigieuses statues du site néolithique d'Aïn Ghazal, près d'Amman. Ce sont les plus anciennes sculptures connues au Proche Orient, vieilles de neuf mille ans.



    Ain Ghazal statue anthropomorphiqueStatue à double tête
    Fouille de Aïn Ghazal, Jordanie
    Période Néolithique pré-céramique, 7e millénaire
    Plâtre de gypse, paupières et pupilles en bitume
    Musée d'Amman
    Photo frankenschulz


      
    Une trentaine de statues de même style ont été découvertes soigneusement enterrées dans un puits pendant les fouilles d''Aïn Ghazal (la source des gazelles). Ce village néolithique, établi près de la rivière Zarqa en Jordanie, est étendu sur quinze hectares. 'Ain Ghazal est l'une des implantations préhistoriques les plus vastes du Proche-Orient néolithique, trois fois la taille des fouilles de Jéricho.

       On peut voir au Musée d'Amman, en Jordanie, d'autres statues anthropomorphes ainsi que des crânes recouverts de plâtre, excavés à  'Aïn Ghazal en 1983 et 1985.



    Musée du Louvre, Paris
    Aile Sully, rez-de-chaussée, salle D


    Palagret
    archéologie
    Texte et photos




    Le Néolithique, du VIIe au IIIe millénaire av. JC, est l'âge de la pierre polie. L’homme se sédentarise dans des villages et pratique l'agriculture et l'élevage. Le tissage et la vannerie apparaissent.




    Source: Neolithic Statues from 'Ain Ghazal: Construction and Form, by Carol A. Grissom
    Musée du Louvre

     
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       Les statues du parc de Versailles sont en bien mauvais état. Il leur manque des doigts ou des orteils, les moisissures et les lichens les noircissent. Le gel et le soleil attaquent le marbre qui se fendille. L'hiver les statues sont enveloppées de bâches protectrices mais les siècles, les intempéries et la pollution ont fait leur oeuvre.
     
     
     
    Prise de repères avant restauration
    Diane ou le soir, Martin Desjardins, parc de Versailles
     
     
     
     
     
       Pour sauver les statues endommagées, Versailles fait appel au mécénat depuis 2005. Grâce à la campagne "Adoptez une statue", 86 statues ou vases ont été restaurées. Les généreux donateurs, des particuliers, des entreprises ou des institutions ont droit à une plaque à leur nom indiquant la somme engagée, entre 3 000 et 50 000 euros.
     
     
     
     
    Diane ou le soir,
    Sculpture de Martin Desjardins (1675 - 1684)
    Restaurée grâce au mécénat de Jean-Claude et Claude Amselle
    parc de Versailles
     
     
     
         La société Moët Hennessy a choisi de faire restaurer un faune. Quoi de plus approprié qu'un compagnon de Bacchus, tenant une grappe de raisin, pour une entreprise de champagne?
     
     
     
    Faune de Jacques Houzeau (1684 - 1687)
    Statue restaurée grâce au mécénat de la société Moët Hennesy
    parc de Versailles
     
     
     
        Traitées sur place à l'intérieur d'une cabine protectrice ou en atelier, les statues sont nettoyées au laser, consolidées de résine acrylique. On change certaines tiges de métal rouillées pour les remplacer par de l'acier inoxydable. Si la statue est défigurée, on lui greffe un nez ou une joue. Les doigts manquants n'affectent pas la lecture de l'oeuvre et ils ne sont pas remplacés.
     
     
     
     
    Statue restaurée sur place dans le parc de Versailles



       Le parc de Versailles est un musée de sculpture à ciel ouvert. Les jardins avec les ifs taillés, les parterres géométriques, les bassins, les fontaines et les statues sont une transition entre le château, emblème de civilisation, et la nature sauvage. Ici la végétation est apprivoisée à la mesure de l'homme.
     
     
     
     
    Ino et Mélicerte, Groupe sculpté de Pierre Granier (1686 - 1691)
    Restauré grâce au mécénat de Madame Janine Tristan
    parc de Versailles

     
     
        Le roi Soleil voulait créer une nouvelle Rome et les sculptures sont un programme moral et idéologique destiné aux princes et aux courtisans. De nombreuses sculptures racontent les histoires très compliquées d'amour, de rivalité et de bravoure des dieux (Apollon, Mercure, Saturne, Neptune etc ...) et des héros issus de la mythologie grecque et romaine (Hercule, Ganymède, Castor et Pollux, Ino etc). D'autres sculptures sont des allégories des saisons ou des tempéraments de l'homme: le Mélancolique, le Sanguin etc ... . On trouve aussi de nombreux hommes illustres, des hommes de pouvoir, comme Alexandre ou Antonin. Louis XIV se fait souvent représenter en Apollon, un jeune dieu solaire.
     
     
     
     
    Laocoon et ses fils
    groupe sculpté de Jean-Baptiste Tuby, Philibert Vigier et Jean Rousselet
    restauré grâce au mécénat de la société Robert Paysagiste
    parc de Versailles
     
     
     
     
        Les statues exécutées sous le règne de Louis XIV sont pour la plupart de Tuby, Girardon, Coysevox ou Marsy, inspirées de l'antique.  Les scènes représentées sont dramatiques et permettent un bel effet de drapé et de mouvement.

       Le groupe sculpté de Laocoon est une copie d'un marbre hellénistique. Attribué à Polydore, Athénodore et Agésandre, il a souvent été reproduit tant son dynamisme est impressionant. Laocoon essaye en vain de sauver ses fils Antiphate et Tymbræus de l'étreinte mortelle des serpents.

        D'autres scènes mettent en valeur la virtuosité des sculpteurs: Ino et son fils Mélicerte s'apprêtent à fuir la colère d'Athamas. Le berger Aristée attache le dieu Protée endormi pour lui arracher son secret: la connaissance du passé, du présent et de l'avenir.
     
     
     
     
     
    Protée et Aristée (1714), marbre sculpté de Sébastien Slodtz
    restauré grâce au mécénat de la Ville de Versailles, 
    parc de Versailles


     
      Il reste encore quelques statues à restaurer et, depuis cet été, on peut aussi adopter un des 170 bancs du parc de Versailles pour la modique somme de 3800 euros.

     
     
     
     
     
     
    Palagret
    septembre 2009
    mécénat
     

     

    Sources:

    Toutes les photos sont de Palagret

    Dossier de presse 

     

     


     
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        L'installation des statues des grands hommes dans l'espace public ne va pas de soi. Il y a des cabales et des scandales. Soit le personnage choisi ne fait l'unanimité, soit l'emplacement ne convient pas, soit l'oeuvre coûte trop cher et les finances publiques sont dilapidées.

        Souvent le style de la statue choque. En son temps le Balzac de Rodin fut mal accueilli. Au vingtième siècle, Rimbaud l'homme aux semelles de vent d'Ipousteguy, boulevard Victor Hugo, n'a pas convaincu, a juste titre. Le Centaure, hommage à Picasso, de César suscite toujours les ricanements.
     
     

     

    Statue de Thomas Jefferson
    en face du musée d'Orsay.

        

        Si l'implantation des statues est un problème, leur absence en est un autre. Le Général métisse Alexandre Dumas, père de l'auteur des Trois Mousquetaires, n'a jamais eu de statue. Une pétition en réclame une.
     
     
    Mousquetaire, détail de la statue d'Alexandre Dumas fils par Gustave Doré

     

        Au dix-neuvième siècle les statues proliféraient dans les rues et les places, le pire côtoyait le meilleur. Il en reste beaucoup dans les parcs et jardins qui servent de musée en plein air. Beaucoup d'oeuvres sont stockées au dépôt des sculptures de la Ville de Paris; elles mériteraient de revenir sur la place publique.
     

     

    Le socle vide de la statue de Fourier

     

        L'absence de Charles Fourier sur son socle est criante. Le bronze a été enlevé en 1941 pour fondre des canons, il n'a jamais été remplacé. Le moule existe-t-il encore ou y-a-t-il un moulage quelque part?  Espérons le prochain retour de Charles Fourier place de Clichy.  Les socles vides sont tristes.
     
    Alfred de Musset a été exilé au parc Monceau. Demandons son retour devant la Comédie Française qu'il n'aurait jamais dû quitter. 
     
     
    statue-femme-Musset-by-failing-angel.jpgAlfred de Musset, groupe sculpté d'Antonin Mercié, 1906
    Parc Monceau, photo failing angel
      

     

          En plus des guerres et de l'indifférence, un autre danger menace les statues de bronze. Depuis l'envolée mondiale des cours des métaux non ferreux, les vols se multiplient. A coté des fils de cuivre volés sur les chantiers ou arrachés sur les lignes téléphoniques, des vols de bronze, artistiques ou non, sont signalés. De vieux canons remisés dans des entrepôts, des objets liturgiques, des grilles disparaissent. En mai 2008, au cimetière de Saint-Maure des Fossés, Val de Marne, on a retrouvé un sac plastique contenant des objets funéraires en bronze, sans doute oublié par les voleurs.

     

        Les oeuvres d'art ne sont pas à l'abri.  En 2005 déjà, une énorme installation de Richard Serra pesant 38 tonnes a disparu de l'entrepôt où l'avait remisé le musée Reina Sofia de Madrid, sans qu'on sache ce qui est arrivé.

     

        En 2006, un bronze de Henri Moore "reclining figure" pesant deux tonnes et demie a été volé dans un parc en Angleterre. La police a retrouvé le camion et la grue utilisés par les voleurs pour emporter l'oeuvre mais pas l'oeuvre elle-même. Une récompense a été offerte. La valeur de l'oeuvre d'art est certainement supérieure au prix du kilo de bronze et l'oeuvre ne sera sans doute pas fondue.
     
     
     
     
     
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    septembre 2009
     
     
     
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        Comme juché au sommet d'une gigantesque pièce montée, le Silène ivre, est difficilement maintenu sur un âne par une nymphe, des hommes et des adolescents. La monture semble fléchir sous le poids de l'ivrogne bedonnant. Les corps nus mêlés forment un groupe mouvant, prêt à s'écrouler. Les personnages titubent et sourient bêtement. La bacchanale, célébration du vin et de l'ivresse qu'il procure, est ironiquement intitulé "Le triomphe de Silène". La mythologie autorise quelques accrocs à la vertu.
     

    Le triomphe de Silène, groupe en bronze de Jules Dalou
    dans le jardin du Luxembourg à Paris


         Au jardin du Luxembourg, le Silène d'Aimé Jules Dalou (1838-1902) est tout à fait surprenant. Il faut faire le tour du groupe sculpté pour en apprécier tous les détails. C'est un tourbillon virtuose de corps dénudés et de poses acrobatiques auxquels se mêlent des détails charmants comme la pomme dans la main de l'enfant ou l'angelot grappillant des raisins.
     

    Une nymphe
    Le triomphe de Silène, groupe en bronze de Jules Dalou

    dans le jardin du Luxembourg
    1885


        Dans la mythologie grecque, Silène est le fils d'Hermès ou de Pan, sa généalogie est un peu confuse et varie selon les sources. C'est un satyre, mi-homme mi-bête (cheval ou bouc), un homme sauvage vivant dans les bois dont il ne sort que pour s'enivrer et veiller à l'éducation de Dionysos1 que les nymphes lui ont confié. Pourquoi confier un enfant à un ivrogne notoire? Parce qu'on lui attribue une grande sagesse. 2


    L'âne et l'enfant
    Le triomphe de Silène, groupe en bronze de Jules Dalou
    dans le jardin du Luxembourg


         Silène incarne la fécondité de la terre et des hommes, il détient le secret du vin. Il a un don prophétique qu'il refuse de partager et il faut l'enivrer pour lui arracher ses prédictions. Ainsi le Roi Midas le fait boire pour lui extorquer sa sagesse et il n'apprend que la vanité du monde.
     

    Le triomphe de Silène, groupe en bronze de Jules Dalou
    dans le jardin du Luxembourg


        Aimé Jules Dalou  reprend l'iconographie classique de Silène. Pierro di Cosimo (1510), Rubens (1617), Van Dyck (1621), Carle van Loo (1747), Daumier (vers 1830), tous ont représenté Silène comme un vieillard bedonnant et joyeux, très laid, lubrique, rendu grotesque par son ivresse. Au contraire dans l'antiquité, Praxitèle sculpte un satyre Anapauomenos (au repos), un beau jeune homme qui n'a rien de burlesque.


    Le triomphe de Silène, groupe en bronze de Jules Dalou
    dans le jardin du Luxembourg


       Dalou était un homme engagé, il participa à la Commune de Paris et dût s'exiler en Angleterre après la Semaine Sanglante de mai 1871. Revenu en France il bénéficia de commandes publiques. On pourrait voir dans "Le Triomphe de Silène" un ploutocrate vautré sur le peuple qu'il écrase.

    Couroné de lierre, barbu, l'air repu
    Le triomphe de Silène, groupe en bronze de Jules Dalou


        Dans un article du journal Le Temps de 1860, Edmond et Jules de Goncourt parlent de 'L'ivresse de Silène" de Daumier, un texte qui s'applique aussi à l'oeuvre de Dalou:

    "Dans la mythologie grecque, au milieu de ce Panthéon de figures qui ont la paix absolue, la sérénité et la sévérité du marbre, il est des demi-dieux, des dieux humains et comiques que vous prendriez pour des divinités d'intermède. On les dirait taillés par une bacchanale dans le tronc d'un figuier, et apportés dans le monde antique sur le chariot de Thespis.

    Ils sont le rire gaillard de l'art païen, et ils ont la jovialité grandiose d'un mascaron au fronton d'un temple.

    Parmi tant de personnifications subtiles, de créations ingénues, de formes légères, de symboles aériens, de déesses d'écume, ils apparaissent dans une sorte de majesté bestiale et de corpulence olympienne. La passion humaine y éclate toute brute et toute animale, et la Fable chez eux semble jouer familièrement avec ces images énormes du vice comme le poète des Dionysiaques 3 joue, dans son poème gigantesque, avec la reine Ivresse et le prince de la Grappe."


       Masque de Silène, mosaïque romaine du musée archéologique de Naples



    Quelques oeuvres de Jules Dalou à Paris:
    Eugène Delacroix au Luxembourg
    Le Triomphe de la République, Place de la Nation
    Le Gisant de Victor Noir au cimetière du Père-Lachaise
    Le tombeau d'Auguste Blanqui au cimetière du Père-Lachaise
    Le Monument à Alphand, avenue Foch
    Plâtres préparatoires au groupe sculpté "Le triomphe de Silène" au musée d'Orsay
    Grande terre cuite du Triomphe de Silène au Petit Palais

    Palagret


    1- Dionysos devient Bacchus, le dieu du vin, dans la mythologie romaine
    2- Satyres et Silènes, Dictionnaire Daremberg et Saglio 1877, un texte très complet
    3- Les Dionysiaques, poème épique grec de Nonnos rassemblant de nombreux récits mythologiques dont l'histoire de Dionysos.

    Comparaison des représentations de Silène

     
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       Vu à Kolkata sans en comprendre un traitre mot, le film "Jodhaa Akbar" est visuellement magnifique. Les détails de l'intrigue sont restés confus mais la somptuosité des  décors et des costumes, le souffle épique, le charisme des acteurs ont captés l'attention des spectateurs occidentaux pendant trois heures trente sans parler du public indien qui a vibré, pleuré et rit au spectacle de cette spectaculaire et romantique épopée.

     

    Affiche du film Jodhaa Akbar au cinéma Paradise de Kolkata

     

     

         « Jodhaa Akbar », débute en 1450 en Hindoustan. C'est une histoire pleine de bruit et de fureur. Une fougeuse bataille oppose des milliers de combattants et des cavaliers aux éléphants. Rivalités, complots, trahisons s'enchaînent tandis que se tisse une romance mouvementée:  le prince musulman Jalaluddin Mohammad Akbar, joué par Hrithik Roshanet épouse Jodhaa une jeune princesse hindoue (Aishwarya Rai). Le roi rajpoute d'Ajmer a donné sa fille au conquérant musulman afin de sceller une alliance et d'unir les deux cultures.

     

    Affiche du film Jodhaa Akbar au cinéma Paradise de Kolkata

     

     

         Furieuse d'être livrée à l'envahisseur, Jodhaa déteste Akbar au premier regard. Tout les sépare, la religion, la cuisine, les coutumes. Le prince devra gagner l'amour de la princesse et ce sera plus difficile que toutes les batailles qu'il livre pour agrandir son empire. Le film à grand spectacle, digne de Cecil B. DeMille, mêle l'Histoire et l'intime dans un tourbillon de couleurs. Une scène d'entraînement au sabre entre les époux scelle leur amour. Bien que le film soit très pudique, Bollywwod oblige, il est très sensuel.

     

     

    Le fort Rouge et les jardins où se passent quelques scènes du film

     

     

        Aishwarya Rai et Hrithik Roshan, au teint très clair, sont des stars en Inde. Les acteurs à la peau sombre jouent le plus souvent les traîtres  ou les comiques dans un cinéma indien populaire encore très stéréotypé. Le film de Ashutosh Gowariker est plus subtil et plus ambitieux que la production courante de Bollywwood. Il a été tourné en partie au Fort Rouge d'Agra et à Jaipur avec de nombreux figurants sans compter les éléphants et les chameaux. Mélodrame flamboyant aux regards appuyés et aux attitudes codifiées, le film a beaucoup moins de scènes de danses et de chants que dans les productions habituelles. Les numéros musicaux se font attendre mais ils ne décoivent pas.

     

        Au lendemain de la sortie du film à Kolkata, la presse parlait beaucoup des véritables bijoux en or portés par les héros!

     

     Affiche du film Jodhaa Akbar au cinéma Paradise de Kolkata


     

        Le film a été provisoirement interdit en Inde au Rajasthan. Bien que Gowariker le réalisateur se soit entouré d'historiens, les rajpoutes contestent l'authenticité du film. Jodhaa ne serait pas l'épouse d'Akbar mais celle de son fils. Salman Rushdie a déclaré que Jodhaa était l'épouse imaginaire d'Akbar. Peu importe, le film n'est pas un documentaire mais une histoire d'amour entre deux héros de culture différente. Dans un pays en proie aux affrontements ethniques et religieux, ce film peut être lu comme une ode au respect des différences et à la tolérance.

     

        

    Fatehpur Siki, la capitale provisoire d'Akbar

     

     

     

         Ce film ambitieux a remporté six « Bollywood Oscars » à Macao à la dixième Académie internationale du film indien (IIFA):

    - meilleur réalisateur pour Ashutosh Gowariker

    - meilleur acteur pour Hrithik Roshanet

    - meilleure photo etc

    - Allah Rakha Rahman, déjà récompensé pour la musique de Slumgog Millionnaire remporte l'oscar de la meilleure direction musicale.

     

    « Jodhaa Akbar » avait déjà été primé à Sao Paulo et à Kazan en Russie.

     

         Le réalisateur Ashutosh Gowariker peut toucher un public occidental avec son épopée, comme il le fit en 2001 avec “Lagaan”.

     

     

    Affiche de cinéma dans les rues de Pondichery

     

     

         Le cinéma indien produit le plus de films au monde, principalement à Bombay. Bollywood est la contraction de Bombay et Hollywood et désigne les films musicaux très appréciés du public indien.

     

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      Akbar est considéré comme le plus grand empereur moghol. Il accède au trône à l'age de 14 ans et étend l'empire musulman jusqu'au milieu de l'Inde. Tolérant, il organisa des rencontres entre les musulmans, les sikhs, les hindous et même des jésuites venus de Goa. Il s'entoura de peintres, de musiciens et de poètes et fit construire le magnifique palais de Fatehpur Sikri pour être sa capitale mais l'abandonna vite pour des raisons non élucidées. L'approvisionnement en eau était peut-être trop difficile.

     

         L'empereur moghol Akbar est mort à Agra à l'âge de 63 ans. Son fils Sikandra lui construisit un mausolée de marbre et de grès rouge près de la ville. Sa dépouille fut profanée par des rebelles et ses restes dispersés.

     

     

    Videos:

    Voir la bande-annonce de Jodhaa Akbar

    Jodhaa se refuse à Akbar

    Scène de bataille

     

    site du film

     

     

     

    Palagret

    juin 2009

     

     

     
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        A Mahabalipuram (Mamallapuram), au Tamil Nadu, se trouvent cinq magnifiques rathas (Panch rathas). Ces monolithes ont été creusés dans une petite colline au VIIè siècle, durant la dynastie Pallava. Le plus petit ratha, le Nakula Sahadevest dédié à Indra. Le porche est soutenu par des piliers lions.

     

     

     

    RathaNakula Sahadev, temple d'Indra et éléphant monolithe

    peut-être dédié à Aiyanar, Mahabalipuram


     

     

       A droite, l'éléphant constitué d'un seul bloc de pierre pourrait être dédié à Ayyanar (Aiyanar), le dieu tamoul protecteur des villages. Il chevauche souvent un cheval et parfois un éléphant. A côté des temples finement sculptés, l'éléphant semble simplement ébauché.

     


     

    MAHABALIPURAM rathas75
    Panch rathas, les cinq rathas de Mahabalipuram, temple monolithes
     
     
       Ratha signifie char, char de procession, mais ici les rathas n'ont pas de roue. Ces temples très anciens excavés de la roche sont une transition vers les temples construits en pierre. Délicatement ouvragés, ils sont un bel exemple d'architecture dravidienne. Le site de Mahabalipuram est inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1984.
     
     

     

     

     

     

     
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    A  Mahabalipuram (Mamallapuram), au Tamil Nadu, se trouvent cinq magnifiques rathas (Panch rathas). Ces monolithes ont été creusés dans une petite colline au VIIè siècle, durant la dynastie Pallava. Le plus petit ratha, le Nakula Sahadevest dédié à Indra. Le porche est soutenu par des piliers lions.

     

    RathaNakula Sahadev, temple d'Indra

     et éléphant monolithe peut-être dédié à Aiyanar

    Mahabalipuram

       A droite, l'éléphant constitué d'un seul bloc de pierre pourrait être dédié à Ayyanar (Aiyanar), le dieu tamoul protecteur des villages. Il chevauche souvent un cheval et parfois un éléphant. A côté des temples finement sculptés, l'éléphant semble simplement ébauché.


     

    MAHABALIPURAM rathas75
    Panch rathas, les cinq rathas de Mahabalipuram, temple monolithes
     
       Ratha signifie char, char de procession, mais ici les rathas n'ont pas de roue. Ces temples très anciens excavés de la roche sont une transition vers les temples construits en pierre. Délicatement ouvragés, ils sont un bel exemple d'architecture dravidienne. Le site de Mahabalipuram est inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1984,
     

     

     
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