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Enseignes coloniales à Paris, "Au Nègre Joyeux "et "Au Planteur"

par Palagret 8 Mars 2025, 13:48

 

    Place de la contrescarpe, au-dessus d'une supérette, on peut voir l'enseigne très ancienne d'une chocolaterie: Au Nègre joyeux. Un noir souriant, serviteur ou esclave, est habillé en valet avec des bas blancs et une culotte rayée. 

 

 

"Au Nègre joyeux", ancienne enseigne à Paris

Place de la Contrescarpe

 

 

   Le Nègre Joyeux sert une dame bien habillée attablée devant un service à thé. Petit détail insolite, il porte une serviette blanche autour du cou. Serait-il un convive et non un subalterne? Peu probable. Au XVIIIè siècle, les noirs sont représentés au service des blancs et toujours contents !

 

enseigne-au-negre-joyeux-Contrescarpe-5e.jpg

 

"Au Nègre joyeux", ancienne enseigne à Paris

supermarché D19

 

 

 

    Deuxième exemple d'enseigne colonialiste: "Au Planteur". L'image semble peinte sur des carreaux de céramique. Dans un décor tropical, on y voit un homme noir, torse nu et culotte rayée rouge, servant un café à son maître blanc. Là aussi, le serviteur ou esclave est debout et le maître est assis. Le rapport de domination est clair. Réalisée par le céramiste Crommer en 1890, cette enseigne est classée monument historique.

 

 

      "Au Planteur", aucune succursale, ancienne enseignecoloniale

1à rue des Petits-Carreaux, Paris

 

 

   Aujourd'hui, ces deux enseignes sont choquantes et ressenties comme racistes. Elles se réfèrent à un temps où le cirage, le café et le chocolat était associé à la négritude (cf Banania) et où il était banal de considérer les hommes noirs comme inférieurs et donc destinés à  servir les Blancs.

 

 

  "Au Planteur", aucune succursale, ancienne enseignecoloniale

1à rue des Petits-Carreaux, Paris

 

 

   Ces images ne sont plus politiquement correctes. Faut-il pour autant les supprimer, comme certains demandent l'interdiction de Tintin au Congo pour cause de racisme? Faut-il appliquer la morale d'aujourd'hui aux oeuvres du passé et marteler les fresques d'Alfred Janniot sur la façade de l'ancien Musée des Colonies?

 

     Ces oeuvres appartiennent à l'histoire de la nation et au patrimoine parisien; elles nous rappellent les erreurs du passé.

 

    Le vieux Paris disparaît si vite qu'il serait dommage de détruire ces deux enseignes. Les témoignages de la France coloniale peuvent cohabiter avec les statues de la Liberté, le Musée de l'Immigration et les sculptures célébrant l'abolition de l'esclavage.

 

Post-scriptum:

En 2011, la Mairie de Paris a fait décrocher cette enseigne problématique. Elle est maintenant visible au Musée Carnavalet.

 

 

 

Lien sur ce blog:

Les fers brisés du Général Alexandre Dumas

Trois statues de la Liberté et une flamme, à Paris

 

 

 

Palagret

Le vieux Paris

août 2011

 

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