[«Vanité des vanités, tout est vanité.» Écclésiaste, 1.2]
Vanitas, vers 1650huile sur toile, 52 x 44 cm
Simon Renard de Saint-André
Cercueil ouvert, crânes et squelette miniature pour cabinet de curiosités« J'ai été ce que tu es et tu seras ce que je suis. »
Après la première guerre mondiale, les têtes de mort sont de nouveau présentes dans l'art contemporain. Picasso, Braque, Dali, Warhol ont tous peint des vanités. Les génocides, le sida, comme la peste noire au moyen-âge, mettent la mort au coeur de l'art.
Crâne de Yan Pei Ming, 2004plâtres de Maillol, exposition Vanités, de Caravage à Damien Hirst
Les crânes (Schädel) de Gerhard Richter sont à la fois hyper-réalistes et légèrement flous comme dans une photo ratée. Ici aucune fleur fanée ou aucun sablier ne symbolise le passage inéluctable du temps. Il n'y a pas non plus de contexte spirituel ou religieux. Posé sur un sol nu, dans l'angle d'une pièce, entre un mur foncé et un mur clair, le crâne aux orbites vides est tourné vers le mur clair indiquant un possible espoir.
Yan Pei Ming brosse des crânes à grands traits de pinceau dans les tons de gris. Isolés ou inclus dans une grande composition comme Mona Lisa, ils sont exécutés à partir de radiographies du crâne de l'artiste; il s'agit d'auto-portrait pre-mortem.
Claudio Parmiggiani montre l'empreinte des crânes posés sur une étagère, comme l'empreinte des livres brûlés qu'il exposait au Couvent des Bernardins. Il peint l'absence, la trace évanescente de la vie.
A côté de ces oeuvres relativement sobres, d'autres artistes sont plus kitschs.
Love of God de Damien Hirst, le fameux crâne en platine serti de 8601 diamants, estimé à 100 millions d'euros n'est pas exposé. Vrai provocation, la sculpture évoque pourtant bien la puissance de l'argent et son inutilité face à la mort. For the love of God, laugh (2007), une simple sérigraphie recouverte de poussière de diamants remplace la précieuse icône .
L'oisillon de Dieu, 2000 de Jan Fabre, à droite"La Sainte Famille à poil, nature morte pour Carême, 1990
Erik Dietman
Dimitri Stykalov sculpte des têtes de mort dans des végétaux (poivron, aubergine, pomme) qu'il photographie avant qu'ils ne se décomposent. Le résultat est plutôt comique.
Tête de mort II, 1988, polyester peint, 115 x 125 x 90 cm, Niki de Saint-PhalleAu fond, Death of God de Damien Hirst
Le monumental crâne au nez rouge de Niki de Saint-Phalle est joyeux et coloré, comme celui de la fontaine Stravinski.
Subodh Gupta entoure un crâne en métal de brillants ustensiles de cuisine, des pots et des assiettes vides symboliques de la faim.
Annette Messager compose un crâne sur le mur avec des gants noirs percés de crayon de couleur, une image de la mort pas vraiment terrifiante, renvoyant aux terreurs enfantines.
Gants tête, 1999, gants et crayon de couleur, 178 x 133 cmAnnette Messager
Plus baroque, Cindy Sherman photographie un crâne aux orbites ornées de pierres précieuses. Un lourd collier lui pend au cou. Une couronne de fleurs coiffe le haut de la tête. L'image horrifique est bien un mémento mori où la richesse des bijoux se mêle à la décomposition.
Crâne, asticots, mouches et araignée velue, crâne de Jack et Dino ChapmanL'exposition commence par les oeuvres contemporaines et se terminent par de vrais chef-d'oeuvres comme Saint François en méditation de Caravage (vers 1602), Saint François agenouillé de Zurbaran (vers 1635), l'extase de Saint François de Georges de la Tour (1640-1645), les trois crânes de Géricault (1814) ou Nature morte, Crâne et chandelier de Paul Cézanne (1812).
C'est la vie! Vanités, de Caravage à Damien Hirst
Du 3 février au 28 juin 2010
Fondation Dina Vierny, Musée Maillol
59-61, rue de Grenelle 75007 Paris
01 42 22 59 58
www.museemaillol.com
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février 2010

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