Un mois de lecture des Bâloiscompression de papier, détail
César à la Fondation Cartier
Recycling Yard #5, Seattle 2003, 13,4 x 15,8 mètresIntolerable Beauty, Chris Jordan
Jacques Villeglé collecte des affiches lacérées, mémoire d'un monde voué au culte de l'abondance. Les couches accumulées de papier, les déchirures forment un palimpseste dérisoire.
Les débris inspirent Niki de Saint-Phalle. Elle habille ses nanas d'oripeaux faits de morceaux de jouets récupérés. Comme en état de décomposition, ces figures grossières auraient leur place dans un film de zombies. D'autres nanas de Niki de Saint-Phalle sont plus lisses et plus joyeuses. Associées aux mécaniques de Jean Tinguely, construites à partir de ferraille de récupération, elles tournent dans la fontaine Stravinski à Beaubourg.
La mariée de Niki de Saint-Phalle à Beaubourg, exposition EllesQuelques décennies plus tard, Annette Messager entassent dans un coin des poupées et des peluches qui semblent sortir d'un dépotoir. Au plafond, des pantins morbides défilent sur un rail. L'accumulation de pauvres matériaux crée un univers oppressant.
Poupées, pantins, ours en peluche et vêtementsInstallation d'Annette Messager à Beaubourg en 2007
Damien Hirst lui accumule bien proprement des pilules en vitrine. La production par ses assistants des "spin paintings" est aussi une accumulation.
Comme Arman, mais en plus baroque, les plasticiens britanniques Tim Noble et Sue Webster trouvent eux aussi leur inspiration dans les poubelles. Ils collectent leurs ordures ménagères, et quelques oiseaux morts, qu'ils façonnent afin de produire des ombres chinoises sur un mur. Grâce à un faisceau de lumière, un tas informe de boîtes de conserves éventrées, de papiers souillés et de végétaux pourrissants devient une image figurative. Le chaos d'origine s'organise en banales silhouettes. En se représentant en sculptant les immondices, Tim Noble et Sue Webster nous disent que nous sommes ce que nous consommons. Ils explorent brutalement les notions de beauté et de culture, faisant ironiquement naître la joliesse de la rudesse des ordures.
On ne sait pas si les détritus ont gardé leur odeur et s'ils continuent à se décomposer, entraînant l'affaissement et la disparition de la double image.
Dirty white trash, with gulls (1998), Tim Noble et Sue WebsterTas d'ordures ménagères en forme de silhouettes, projetées sur un mur
Forme ultime de l'accumulation, la liste. Au Louvre, Umberto Eco expose "Vertige de la liste", quelques œuvres qui font de l'inventaire une démarche artistique.
Monumenta: Boltanski, l'absence, la présence et le hasard
César: Un mois de lecture des Bâlois
Chris Jordan, l'intolérable beauté des déchets
Arcimboldo, têtes composées
Damien Hirst
Fabrice Hyber, l'homme arcimboldesque
Umberto Eco: vertige de la liste
Jacques Villéglé: être étonné c'est un bonheur, un graffiti en alphabet socio-politique
Les sculptures d'ombre de Tim Noble et Sue Webster

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