• L'art du compteur et la ruine des façades

     
     
        Même si un conteur pouvait raconter l'effroyable histoire des façades meurtries, des crépis éventrés et des tuyaux proliférants, il ne s'agit ici que de compteurs, compteurs d'eau, de gaz ou d'électricité qui bourgeonnent sur les murs des villages.

     

    Compteur électrique en façade et gaine apparente sur un mur décrépi



       Depuis que les fournisseurs de gaz et d'électricité recommandent des compteurs extérieurs pour pouvoir facilement relever les consommations, les banales boîtes blanches se multiplient dans les rues.



    Mur traditionnel en pierre et compteur extérieur

     

        Les nouveaux compteurs sont solidement fixés avec du ciment gris qui recouvre le crépi ou la peinture d'origine, sans aucun souci d'esthétique. Les vieux murs faits de pierre et de liant coloré sont défoncés par les fournisseurs EDF, GDF, etc... ou les particuliers qui posent les compteurs.



    Compteur de gaz en façade et tuyaux apparents
     
     

           Manque d'argent, indifférence ou fatalisme, tout reste en l'état. Une maison au crépi soigné voisine avec un mur lépreux, des tuyaux écrasés, une porte de bois rongée de vers et tout un assortiment de couleurs où se mêlent la rouille et les moisissures.
     

     

    Anciens et nouveaux compteurs en façade sur un mur éventré

     

        Que le compteur s'insère harmonieusement dans la façade n'est pas une obligation. Les municipalités peuvent intervenir si les maisons sont vraiment délabrées mais à quoi bon se mettre un électeur à dos pour des taches de ciment gris et quelques crevasses? 

     

    Prolifération de fils électriques et de tuyaux sur une façade.
     
     
     
        Les tuyaux et les fils serpentent et prolifèrent anarchiquement sur les murs. En travers de la rue, les lignes électriques aériennes relient les maisons. Peu à peu, elles sont enterrées et, avec un peu de chance, il n'y aura plus de fils défigurant les villages à la fin de ce siècle!

        Dans les années 1970, "La France défigurée" 1, une émission de télévision, dénonçait déjà les outrages faits aux paysages et aux villes par l'urbanisation anarchique, l'invasion des fils électriques, des châteaux d'eau et des publicités géantes.

        Quarante ans plus tard, les villes sont un peu moins défigurées. Les panneaux publicitaires 4x3 sont menacés d'interdiction. Petite progrès, les nouveaux réseaux optiques qui transportent le trafic internet sont systématiquement enterrés.
     
       Il y aura bientôt des compteurs numériques qui relèveront les consommations par internet. On pourra donc les cacher. Mais combien faudra-t-il de temps pour que le moindre village soit connectés? Combien faudra-t-il de temps pour que les propriétaires dépensent de l'argent pour cacher les compteurs? Rendez-vous en l'an 2300?
     
     
     

    Liens sur ce blog:
    Num'Hér@ault, la fibre optique serpente sous les routes et des rues
    Traces de la modernisation du vieux Paris

     

    Palagret 
    archéologie du quotidien
    juin 2009

     



    1- La France défigurée, émission de Michel Péricard et Louis Bériot, de 1971 à 1977 sur TF1

     

     

     
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