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      Comme dans un bizarre cabinet de curiosité où tout serait fabriqué et non collecté, Anselm Kiefer réalise une quarantaine de vitrines, « une accumulation de possibles », dans lesquelles il dispose des éléments épars, des fragments longtemps accumulés dans son atelier de l'Arsenal. Car Anselm Kiefer ne jette rien; ni restes de repas, ni jouets cassés, ni objets rongés, crevassés, décomposés:

    "Quand je vois une connexion spirituelle entre deux éléments, ça me fait plaisir de les sortir et de jouer avec."

     

    vitrines d'Anselm Kiefer

    Der verlorene Buchstabe (la lettre perdue), détail, Anselm Kiefer

    Selon le philosophe et spécialiste de la Kabbale Gerschom Scholem, l'alphabet divin primitif et la Torah reposent sur 23 lettres dont une seule est devenue invisible; le jour où cette lettre manquante réapparaîtra, les malheurs du monde cesseront

     

       A la fin des années 80, Anselm Kiefer réalise à partir de ces rebuts des vitrines aujourd'hui exposées à Höpfingen. Pour l'exposition du Centre Pompidou il en crée de nouvelles. 

     

    Les vitrines d'Anselm Kiefer, mythologie et alchimie

     

    Daphné, vitrine d'Anselm Kiefer

    Selon la légende ovidienne, Daphné (dont le nom signifie laurier) est une nymphe d'une grande beauté qui se transforme en laurier-rose pour échapper aux avances d'Apollon qui la poursuit.

     

    "AK - J'ai mis de l'ordre dans ma collection de choses, d'aquarelles, de toutes sortes de trucs. Cet ordre a mené aux vitrines ... en sélectionnant des objets qui réagissent l'un avec ou contre l'autre et me donnent des idées.

    JMB - Pourquoi une vitrine plutôt qu'un tableau?

    AK - La vitrine c'est comme un aperçu

    JMB - Un trait d'esprit, une fulgurance? 

    AK - Un court-circuit. Lorsque je me promène dans mon atelier le soir, un peu fatigué, au moment où je ne travaille plus, je ne suis plus dans une logique, mais dans un autre monde: je vois mon atelier, je me promène dans mes cerveaux. Je vois les synapses  ... Le vitrine c'est un détail ou un Ausschnitt ...

    JMB - Un prélèvement, un extrait ...

    AK - ... et les synapses se rencontrent. C'est ça oui.

     

    Les vitrines d'Anselm Kiefer, mythologie et alchimie

    Philemon + Baucis, vitrine d'Anselm Kiefer 

    Dans les Métamorphoses, Ovide relate le mythe de Philèmon et Baucis, un couple de Phrygiens pauvres ayant offert leur hospitalité à Zeus et à Hermès

     

    JMB - Vous avez parlé de l'Arsenal comme d'un enfer, une relégation de rebuts de la société, d'objets éliminés et qui attendent une rédemption ...

    AK - La rédemption c'est la découverte. Je découvre une chose, je découvre une autre chose, je les mets ensemble et parfois c'est une réussite parce que ça fonctionne. 1" 

     

     

    Les vitrines d'Anselm Kiefer, mythologie et alchimie

    Philemon + Baucis, détail, Anselm Kiefer 

     

       Le verre des vitrines est obtenu à partir de la transformation du monoxyde de plomb où l’opacité du métal se transmute en transparence. Il y a donc une continuité entre le verre et le plomb qui scelle les vitrines. Organes anatomiques en plomb, objets de rebut, fougères, photographies, dessins, matériaux organiques s’y retrouvent piégés, tout juste sortis d’un « purgatoire ». Anselm Kiefer compare souvent ces vitrines à la putréfaction  alchimique, premier stade de décomposition de la matière vile sur le chemin de la réalisation de la pierre philosophale. 

      Sur le verre de ces vitrines Anselm Kiefer griffonne le titre de la composition.

     

     

    Les vitrines d'Anselm Kiefer, mythologie et alchimie

    Philemon + Baucis, détail, Anselm Kiefer 

     

        Anselm Kiefer crée une poétique des ruines qui va des grands tableaux aux vitrines cerclées de plomb. Dans ces boîtes de verre, témoins de l'âge industriel et végétaux en voie de putréfaction, machines hors d'usage recouvertes de débris et feuilles jaunies, se mêlent. Les compositions enchâssées sont de mystérieuses évocations des mythes antiques ou de la Kabbale; passé et présent confondus.

     

    Les vitrines d'Anselm Kiefer

     vitrine d'Anselm Kiefer, détail

     

     

     

    Rétrospective Anselm Kiefer
    Du 16 décembre au 18 avril 2016
    Centre Pompidou, Paris

    Les vitrines d'Anselm Kiefer, mythologie, Kabbale et alchimie

    Daphné, détail, vitrine d'Anselm Kiefer

     

     

    Source:
    1- Propos recueillis par Jean-Michel Bouhours, Code couleur 24

     

     

     



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       Le bosquet du théâtre d'eau d'André Le Nôtre, entre le bosquet de l’Étoile et celui des Trois Fontaines, avait disparu après la tempête de 1999. Choisi après un concours international, Jean-Michel Othoniel et le paysagiste Louis Benech en ont recrée une version moderne en respectant le rythme ternaire voulu par Le Nôtre: trois espaces ovoïdes, trois sculptures-fontaines, des végétaux plantés en multiples de trois.

     

    Le bosquet du théâtre d'eau de Jean-Michel Othoniel et Louis Benech à Versailles

    sculpture-fontaine de Jean-Michel Othoniel

    Bosquet du théâtre d'eau, Versailles

     

     Les Belles danses, les trois sculptures-fontaines d'Othoniel, sont composées d'arabesques dorées en perles de Murano. Elles s’inspirent directement des ballets donnés par Louis XIV et de l’Art de décrire la danse de Raoul-Auger Feuillet (1701). Othoniel ressuscite les pas du Roi dansant avec ses calligraphies de verre soufflé qui font écho aux entrelacs de buis des parterres de Versailles.

     

    Le bosquet du théâtre d'eau de Jean-Michel Othoniel et Louis Benech à Versailles

    sculpture-fontaine de Jean-Michel Othoniel

    Bosquet du théâtre d'eau, Versailles

     


    Le théâtre d'eau de Jean-Michel Othoniel à... par Palagret

     

    Photos et videos prises à l'arrêt des fontaines, permettant de mieux voir l'architecture des sculptures mais bien évidement les jeux d'eau sont essentiels à l'oeuvre.

     

     

    Le bosquet du théâtre d'eau de Jean-Michel Othoniel et Louis Benech à Versailles

    sculpture-fontaine de Jean-Michel Othoniel

    Bosquet du théâtre d'eau, Versailles

     

     

    Lien sur ce blog:

    le-kiosque-des-noctambules-de-jean-michel-othoniel-une-touche-baroque

     

     

     

     

     

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       Dans la nuit du 2 au 3 décembre 2015, douze icebergs sont apparus devant le panthéon. Icewatch, l'oeuvre  d'Olafur Eliasson, est disposé sur le pavé comme le cadran d'une horloge, un cadran polaire. Ces morceaux de Groenland nous alertent sur le réchauffement climatique. Les douze blocs fondent doucement sous la température encore automnale. Les enfants grattent la glace aux reflets bleutés et essayent de détacher un petit morceau de cette banquise parisienne qui contient des bulles d'air millénaires. Ils la goûtent aussi sous le regard inquiet des parents.

     

    icewatch Eliasson panthéon

    Icewatch, installation d'Olafur Eliasson, place du Panthéon, COP 21

     

       «C'est de la neige compressée, or la neige est faite d'eau distillée, parfaitement pure. La glace en se formant emprisonne des bulles d'air, des “time capsules” qui nous donnent des indications précises sur la qualité de l'air et même sur sa chaleur. On peut ainsi lire dans l'épaisseur de la glace l'histoire des hommes. On voit ainsi apparaître dans les glaciers du Groënland des traces des premières pièces de monnaie en or et en argent fabriquées vers -560 avt JC en Lydie. On a donc la trace par la pollution atmosphérique de l'apparition de l'argent sur notre planète!» déclare le géologue Minik Rosing qui a travaillé avec Eliasson (1).

     

    icewatch Eliasson panthéon

    Icewatch, installation d'Olafur Eliasson, place du Panthéon, COP 21

    Sur la façade du Panthéon quatre portraits de résistants par Ernest Pignon-Ernest: 

    Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay

     

       «Ce qui est beau, renchérit en artiste Olafur Eliasson, c'est de pouvoir ainsi toucher la glace. Ses aspérités ont été lissées par leur séjour dans la mer qui les a peu à peu érodées. Elle a une couleur extraordinaire qui fait rayonner la lumière de façon particulière et changeante. C'est à la fois d'une incroyable beauté et d'une incroyable poésie. Elle a aussi un son ... C'est toute une série de craquements profonds, une musique quasi surnaturelle.» (1)

     

    icewatch Eliasson panthéon

     Icewatch, installation d'Olafur Eliasson, place du Panthéon, COP 21

    devant la mairie du Vè arrondissement

     

        Installée dans le cadre de la COP 21, l'oeuvre d'Eliassonest éphémère et disparaîtra plus ou moins vite, selon la température, la pluie et le vent. En environ cinq jours.

     

    icewatch Eliasson panthéon

     Icewatch, installation d'Olafur Eliasson, place du Panthéon, COP 21

     

     

      Dénonçant le réchauffement climatique, cette installation a quand même déployé de gros moyens polluants, six gros camions remorque, pour faire venir la banquise du glacier de Nuuk jusqu'au pavé parisien, au sommet de la montagne Sainte Geneviève. 

     

     

    icewatch Eliasson panthéon

    Icewatch, installation d'Olafur Eliasson, place du Panthéon, COP 21,

    vers la rue Soufflot

      

    icewatch Eliasson panthéon

     Icewatch, installation d'Olafur Eliasson, place du Panthéon, COP 21

     

    Icewatch, installation d'Olafur Eliasson, place du Panthéon, COP 21

     

    Source:

    in le Figaro

    www.olafureliasson.net

     

     

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         Dans la halle du 104, des vitraux de Daniel Buren sont suspendus au plafond ou habillent les fenêtres rondes, dans le cadre de l'exposition Follia Continua.

     

    Daniel Buren, Occuli et tondi au 104Occuli et tondi, Daniel Buren, 104

     

    Daniel Buren, Occuli et tondi au 104Occuli et tondi, Daniel Buren, 104

     

    Daniel Buren, Occuli et tondi au 104Occuli et tondi, Daniel Buren, 104

     

    Daniel Buren, Occuli et tondi au 104Occuli et tondi, Daniel Buren, 104

     

    Daniel Buren, Occuli et tondi au 104Occuli et tondi, Daniel Buren, 104

     

     

    "GALLERIA CONTINUA fête 25 ans d'accompagnement artistique et de partage. Des sous-sols aux hauteurs du CENTQUATRE-PARIS, près de 2000 m² d'exposition accueillent des œuvres monumentales ou intimes, d'artistes de renommée internationale ou plus émergents.

    Avec notamment : Ai Weiwei, Kader Attia, Daniel Buren, Chen Zhen, Berlinde De Bruyckere, Antony Gormley, Mona Hatoum, Anish Kapoor, Michelangelo Pistoletto, Pascale Marthine Tayou..."

     

    Follia Continua

    du 26 septembre au 22 novembre 2015

    Le Cent Quatre

    5 rue Curial, Paris XIX



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    Les colonnes de Buren à l'abandon?
     
     
    article de janvier 2008 republié après disparition



      «Des milliers de gens viennent du monde entier voir quelque chose qui est à moitié détruit», a déclaré le plasticien Daniel Buren à l'AFP, le vendredi 28 décembre 2007. Il accuse l'Etat de laisser son oeuvre à l'abandon. « C'est une forme de vandalisme, mais c'est du vandalisme d'Etat».


    Buren: les colonnes du Palais Royal
    envoyé par Palagret

      Installés dans la cour d'honneur du Palais Royal à Paris, « les deux plateaux » comprennent 260 colonnes octogonales rayées noir et blanc. De hauteurs différentes, les tronçons créent un rythme qui contraste avec le classicisme de la colonnade de la cour d'honneur.
     
      


    undefinedLa cour d'honneur du Palais Royal à Paris
    Les deux plateaux, installation in situ de Daniel Buren, avec un touriste perché.


      Les colonnes prennent racine en sous-sol, sous le grillage, et elles émergent à l'air libre comme si elles surgissaient du sol archéologique de Paris. On dirait des ruines mais des ruines fort peu romantiques. Des ruines organisées selon une formule mathémathique qui ne laisse rien au hasard? Dans l'oeuvre de Buren les bandes mesurent toujours 8, 7 cm de largeur. On peut y voir aussi des arbres coupés dans leur élan vital vers la lumière. S'agit-il de naissance ou de mort? D'épanouissement ou de contrôle? On peut y voir tout simplement des formes rigoureusement pensées pour un cadre précis.
     
     



    undefined La cour d'honneur du Palais Royal à Paris
    Les deux plateaux, installation in situ de Daniel Buren

     
        De l'eau devrait circuler autour des colonnes souterraines éclairées de jeux de lumières. Or rien ne fonctionne plus depuis huit ans. Le jeu entre l'air et l'eau, la surface et les profondeurs, le négatif et le positif n'existe plus. Le mouvement crée par l'eau et la lumière qui s'y reflète devait atténuer la sévérité de l'installation. Reste l'immobilité de la pierre sévèrement alignée.
     



    undefinedPièces de monnaie jetées sur la fontaine asséchée de Daniel Buren


        Daniel Buren proteste: « Est-ce qu'on ne montre que 50% d'une oeuvre dans un musée? Sans vouloir me comparer à la Concorde, dont les fontaines ne sont pas en panne sèche, aucun bassin de Paris n'est laissé comme ça sans eau. Franchement n'importe quel trottoir est mieux entretenu... »

     

     
        En 1986, Jack Lang commande une oeuvre à Daniel Buren pour la cour d'honneur du Palais Royal.  L'oeuvre conceptuelle est composée en résonance avec les colonnades du 19è siècle: “Travailler sur un lieu n'est pas une nouveauté absolue, loin de là. Mais il faut remonter à la renaissance pour retrouver cela. ... Ma démarche a été de reconsidérer le lieu comme essentiel, y compris dans la production artistique.“ 2
     




    undefinedLes colonnes du XXè siécle en écho aux colonnes du XIXè siècle dans la cour d'honneur du Palais Royal, à Paris.

        Une nouvelle bataille des anciens et des modernes commence. Les gardiens de l' « Art » se déchaînent. Comment oser dénaturer un site classique chargé d'histoire en y mettant une telle chose! Remplaçant un parking, l'installation est qualifiée de « furoncle » et de « cancérigène »! Les palissades du chantier se couvrent d'injures et de jeux de mots: "le crime de M. Lang", "Lang-ouste" etc. Avec le changement de majorité, François Léotard succède à Jack Lang mais les travaux se poursuivent au grand désespoir des riverains qui refusent de voir que la rigueur  des colonnes de Buren s'accorde à l'architecture du lieu.1 

        Comme la pyramide du Louvre de leoh Ming Pei, tant décriée à l'origine, les colonnes de Buren appartiennent aujourd'hui au paysage parisien et leur destruction créerait un nouveau scandale.
     
     


    undefined 


      undefined
                    Les visiteurs s'amusent ou méditent sur les colonnes de Buren


        Les colonnes aux rayures noires et blanches ont redynamisé les galeries du Palais Royal, de nouvelles boutiques se sont ouvertes pour bénéficier de l'afflux de touristes. Ils se font photographier assis ou debout sur les colonnes tronquées comme sur un piédestal. Les enfants jouent à saute-mouton ou à cache-cache. En ce premier jour de l'an 2008, ils jettent des pièces de monnaie dans la fontaine asséchée et font des voeux, comme à la fontaine de Trévi!Souhaitons que la fontaine retrouve son état d'origine! Si les colonnes de Buren sont un succès public, l'intention de l'oeuvre est édulcorée, laissant place à un simple divertissement.
     



    undefinedLes enfants jouent sur les colonnes de Buren

        Aujourd'hui, Daniel Buren menace de détruire ses colonnes. « Si les  deux plateaux  qui sont placés au coeur de Paris, sous les yeux du Conseil d'Etat et du Conseil Constitutionnel, sont laissés au délabrement, qu'est-ce que cela doit être ailleurs en France? ».
     
     


    vue aérienne des "deux plateaux" de Daniel Buren.
    oeuvre in situ dans la cour d'honneur du Palais Royal à Paris


     
         Il n'est pas sûr que Daniel Buren ait le droit de détruire les colonnes, elles appartiennent à l'état. Des crédits sont prévus pour la rénovation. La menace de détruire son propre travail est avant tout un cri d'alarme de l'artiste, un appel à l'aide. Les oeuvres contemporaines, souvent complexes, sont fragiles et coûteuses à entretenir. Comme rien n'a été fait, la réfection des "deux plateaux" coûtera plus que l'oeuvre originale. L'étanchéité de la dalle et l'électricité sont à revoir. A quoi sert de commander des oeuvres pour les laisser se dégrader!
    Place des Terreaux à Lyon, le jardin minéral de Buren est lui aussi en mauvais état.



        Pendant que Daniel Buren et le ministre de la Culture se querellent par journaux interposés, Jean-Pierre Raynaud laisse détruire un des ses cubes au marteau-piqueur.


     

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       Les couleurs franches de Krijn de Koning, rouge, jaune, vert, tranchent avec les murs de pierre beige de l'ancien entrepôt de Pompes Funèbres devenu le Cent-Quatre. Une note joyeuse dans un lieu qui ne le fut pas.

     Krijn de Koning investit la halle Aubervilliers avec ESPACE-COULEURS, des "pièces-sculptures" interconnectées où déambule le visiteur. Œuvre in situ, les constructions géométriques forment un labyrinthe coloré qui interroge l'espace.

     

    De Koning au 104 

    ESPACE-COULEURS, "pièces-sculptures" entrée de l'installation

    Krijn de Koning au Cent-Quatre

     

       Une promenade ludique qui amuse beaucoup les enfants qui courent entre les portiques, s'aventurent dans les pièces obscures et grimpent le petit escalier pour découvrir une petite maquette en y passant la tête. Une petite pièce éclairée par un vitrail art nouveau propose des éléments de bois à arranger comme on veut, comme un jeu de construction. Les adultes suivent les enfants, désorientés quelques secondes par l'enchevêtrement des pièces et les perspectives multiples.

     

     

    De Koning au 104

    ESPACE-COULEURS, "pièces-sculptures", Krijn de Koning au Cent-Quatre

     

     

       "Espaces architecturaux, objets sculpturaux ou maquettes, chacune des oeuvres de Krijn de Koning entre en dialogue avec l’espace préexistant. Ses travaux cherchent à rendre sensible la beauté des multiples aspects qui conditionnent notre environnement : la lumière, la couleur, les proportions, les personnes présentes, l’interaction avec le lieu, son usage, l’obstruction physique, la création d’espace et de perspective, les objets chargés de sens et la portée esthétique de certaines abstractions." 1

     

     

    De Koning au 104

    ESPACE-COULEURS, "pièces-sculptures", Krijn de Koning au Cent-Quatre

     

     

    "La couleur a la faculté d’influencer la perception de la réalité qui nous entoure. C’est un moyen de pointer du doigt et de conditionner une réalité construite pour mettre en exergue un élément particulier et le laisser s’exprimer. Selon la situation, cet élément peut être beau, intéressant ou complexe." déclare Krijn de Koning. 1

     

     

    De Koning au 104

    ESPACE-COULEURS, "pièces-sculptures", Krijn de Koning au Cent-Quatre

     

     

       Pour ses quinze pièces imbriquées, de Koning a utilisé des rails métalliques tenant la structure haute de trois mètres en extérieur et 4,20 mètres en extérieur, du plâtre et du bois, le tout badigeonné de 25 couleurs.
     

     

     

    De Koning au 104 

    ESPACE-COULEURS, "pièces-sculptures", maquette à l'intérieur de l'installation

    Krijn de Koning au Cent-Quatre

     

     

        Krijn de Koning a suivi l'enseignement de Daniel Buren à l’Institut des Hautes Études en Arts plastiques à Paris. Il vit et travaille à Amsterdam. De Koning a réalisé récemment des œuvres majeures pour la Triennale de Beaufort (BE) en 2009, la "Nieuwe Kerk" d’Amsterdam (NL) en 2010, le Musée des Beaux-Arts de Nantes (FR) en 2011, le Centre Luigi Pecci à Prato (I) en 2013, l’Edinburgh Art Festival (UK) en 2013, le Turner Contemporary à Margate (UK) et la Folkestone Triennal (UK) en 2014.

     

     

     

    De Koning au 104

    ESPACE-COULEURS, "pièces-sculptures", Krijn de Koning au Cent-Quatre

     

     

    De Koning au 104 

    ESPACE-COULEURS, "pièces-sculptures", Krijn de Koning au Cent-Quatre

     

     

    De Koning au 104

    ESPACE-COULEURS, "pièces-sculptures", Krijn de Koning au Cent-Quatre

     

     

    Espace-Couleurs, installation éphémère, Krijn de Koning

    Du 10 janvier au 5 avril 2015

    Le CENTQUATRE

    5 rue Curial, Paris

     

     

    De Koning au 104 

    ESPACE-COULEURS, "pièces-sculptures", Krijn de Koning au Cent-Quatre

     

     

    Photos Palagret en Creative Common

     

     

     

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       Des canards, des Donald Ducks, exposés partout au milieu des chef d'œuvres de grands maîtres. Le célèbre canard prend la place des humains et rejoue les scènes iconiques de la peinture européenne: des peintures à l'huile pastichant Goya, Léonard de Vinci, Picasso, Manet, des sculptures pastichant la Louve romaine ou Rodin, des pièces archéologiques comme un canard momifié, un portrait du Fayoum ou d'un militaire romain. Le Musée des Beaux-arts de Lille accueille l'ironique collectif interDuck qui nous présente une fausse archéologie, une histoire parallèle où les canards retrouvent leur rôle de premier plan, une place occultée par l'histoire officielle.


     

    Donald Duck à Lille: l'art du détournement 

    Canard, portrait du Fayoum, Egypte romaine

    Musée des Beaux-arts de Lille

     

     

    "Nous pensons que ces canards existent vraiment et qu’ils sont à l’origine de notre civilisation. L’Histoire les a oubliés. C’est une grave erreur qu’il s’agit à notre avis de corriger. Nous souhaitons témoigner de leur art et le faire connaître au grand public. Le genre populaire de la fable, qui met en scène des animaux aux caractéristiques humaines pour donner une leçon de morale à ces derniers, existe depuis l’Antiquité. Mais ce n’est qu’au XXe siècle qu’apparaît une nouvelle forme d’expression, qui va connaître un succès foudroyant: la bande dessinée. C’est l’union des beaux-arts et de la littérature. Dans les bandes dessinées, plus question de morale ou de reproduction du réel, mais on raconte simplement des histoires qui se déroulent dans des mondes imaginaires, ou qui raillent un quotidien à peine déguisé. On y retrouve les animaux. À la différence toutefois que leur aspect et leur comportement sont humanisés et qu’ils possèdent des personnalités complexes avec notamment des caractéristiques négatives telles la cupidité, la propension à jouir du malheur des autres, la bêtise ou l’avarice, et ce sans aucune pointe moralisatrice." 1
     
     
     

    Donald Duck à Lille: l'art du détournement 

    Canard non dévoilé à côté du Parlement de Londres (1904) de Claude Monet, Musée des Beaux-arts de Lille

     

     

    La découverte du squelette fossile du Duckaeopteryx par le collectif interduck attestent de la présence du canard dès la préhistoire. Les volatiles sont là, de la Renaissance à aujourd'hui, dans les œuvres de Bosch, de Vinci, de Watteau, de Delacroix, de Manet, de Monet, de Picasso. Ces peintres étaient-ils aussi des canards?

     

     

    Donald Duck à Lille: l'art du détournement 2 

    Pastiche de La lettre de Goya par le collectif interduck

    Musée des Beaux-arts de Lille

     

     

    "Au-delà du clin d’œil, nous prenons les modèles de nos œuvres au sérieux, dans le respect et l’admiration. Nous nous efforçons d’imaginer la pensée et la pratique des grands artistes du passé à travers l’étude approfondie des références historiques. Nos œuvres ne sont pas des manipulations numériques, mais de véritables peintures et sculptures, dans le souci de nous rapprocher non seulement de l’aspect, mais aussi de l’esprit et de l’aura des modèles." 1

     

     

    Donald Duck à Lille: l'art du détournement 2 

    La lettre de Francisco Goya (1814-1817), Musée des Beaux-arts de Lille

     

     
        L'histoire des canards est une uchronie, un récit divergeant où l'humanité devient animalité. Le collectif allemand s'inscrit dans une longue tradition de récits animaliers: les dessins de Grandville, les Fables de La Fontaine, Animal Farm de George Orwell (1945), La planète des singes de Pierre Boulle (1963) et des cinéastes Franklin Schaffner (1968), Tim Burton. Et bien sûr les courts métrages d'animation de Walt Disney et leur canard emblématique Donald Duck.  
     

     

    Donald Duck à Lille: l'art du détournement 2

    Canard en militaire égyptien, Musée des Beaux-arts de Lille

     

     
    Donald Duck, icône de la culture populaire, de la basse culture, nous incite à regarder les œuvres autrement grâce à une véritable histoire de l'art revisitée, érudite mais ludique. Le Musée des Beaux-arts de Lille va ainsi attirer un nouveau public jeune, comme pour la première édition de l'Open Museum (+ 80%).
     

     

    Donald Duck à Lille: l'art du détournement 2 

    Daisy, La jeune fille à la perle selon Vermeer, Musée des Beaux-arts de Lille

     

     

     Une exposition qu'aurait apprécié le Capitaine Cook, lui qui aimait tant les canards de bois trouvés lors de ses exporations de l'Océan Pacifique.


     

     

    Donald Duck à Lille: l'art du détournement 2 

    Daisy, La jeune fille à la perle selon Vermeer, non loin de la Mise au tombeau de Jan Pietersz Lastman (1612)

    Musée des Beaux-arts de Lille

     

     

    Artistes et membres actifs d'interduck:Prof. Dr. Eckhart Bauer, Anke Doepner, Prof. VolkerSchönwart, Rüdiger Stanko et Ommo Wille

     

     

    Donald Duck à Lille: l'art du détournement 2 

    Les deux femmes au vase bleu (1935) de Fernand Léger et un canard la tête en bas, Musée des Beaux-arts de Lille

     

    Open Air Muséum

    Chasse aux canards du 10 avril au 5 juillet 2015

    Musée des Beaux-Arts de Lille

     

     

    Donald Duck à Lille: l'art du détournement 2 

    L'ombre, bronze d'Auguste Rodin (1880), corps souffrant de la Porte de l'enfer

    Derrière, l'ombre du canard du collectif interduck, Musée des Beaux-arts de Lille

     

     

    Source:

    Dossier de presse

     

     

    Donald Duck à Lille: l'art du détournement 2

    L'ombre, canard écrasé par ses péchés, collectif interduck selon Rodin

    Musée des Beaux-arts de Lille

     

     

     

     

     

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           D'insolites guirlandes de boules multicolores attirent le regard à la sortie de la station de métro "Palais-Royal". Le Kiosque des Noctambules, clinquant comme un manège forain immobile, est composé de deux coupoles dessinées par Jean Michel Othoniel en l'an 2000.


    Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
    bouche du métro Palais-Royal
     

       Une coupole est solaire avec des perles géantes aux tons chauds, couronnée d'un personnage en verre soufflé, le soleil (?).


    Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
    La coupelle aux teintes chaudes et la coupelle aux teintes froides


        L'autre coupole est lunaire avec des teintes froides, couronnée d'un personnage violet la lune (?). Soutenues par des piliers de fonte d'aluminium, les deux coupoles forment un huit, symbole d'éternité.


    Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
    le soleil



         Les côtés de l'édicule sont faits d'une résille d'anneaux de métal martelé, incrusté de verre coloré. Un petit banc permet aux arpenteurs de la nuit ou du jour de se retrouver.


    Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
    Le banc


     

    Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
    Anneaux martelés et verre de couleur



        En descendant l'escalier vers le métro, on découvre la deuxième partie de l'installation. Répondant au kiosque aérien, deux reliquaires sont creusés dans le mur du souterrain, face à face. Comme des vitrines de bijoutier, encadrées d'une bordure de métal très art nouveau, ils présentent  un amas de perles colorées. Le couloir est sombre et les bijoux de pacotille luisent doucement, loin de l'exubérance de la surface. En bas le mystère, en haut l'éclat du jour.


    Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
    Perles colorées dans une vitrine encastrée dans le mur



        Le voyageur sortant des entrailles de la terre lève la tête vers un ruissellement de pierreries. Les légères couronnes donnent un air de fête à une simple bouche de métro. Le kiosque des noctambules est un bijou géant posé sur le pavé. Il illumine  les sévères façades qui entourent la place Colette.

        C'est une touche baroque défiant le classicisme des immeubles parisiens du XIXè siècle. La rue de Rivoli n'est pas loin avec ses arcades parfaitement alignées, toutes de retenue et de sobriété. Baroque et kitsch, refusant le bon goût, le Kiosque des Noctambules ré-enchante un monde de grisaille.


        La nouvelle sortie de métro "Palais-Royal" est un écho aux arabesques art nouveau d'Hector Guimard. Au début du vingtième siècle, Guimard dessina les bouches d'entrée du nouveau métropolitain. Au début du vingt-et-unième siécle, pour le centenaire du métro, Jean-Michel Othoniel remporte le concours de la RATP. Délaissant les matériaux de prédilection de son prédécesseur, la fonte et la pierre,  il opte pour le verre et le métal. Le verre, né du feu, est un matériau fragile qu'on rencontre assez peu dans l'art contemporain, surtout dans l'espace public.

     
      Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
    Anneaux martelés et verre de couleur

     

        A partir d'une maquette, Othoniel a travaillé en collaboration avec des verriers de Venise pour obtenir ces perles translucides de verre soufflé.

        Jean-Michel Othoniel, né en 1964, a exposé nombre de colliers géants et de délicates constructions aux noms poétiques: paysage amoureux (1997), le collier infini (1998), La Fontaine du plaisir et des larmes (2001), Necklace of paradise (2002), Pluie d'or (2002), le bateau de larmes (2004) , la Couronne des coeurs renversés, la mât des Utopistes (2004) etc ... Le kiosque des noctambules s'est d'abord appelé « L’Impertinente ».



    Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
    vers le théâtre de la Comédie Française

     


        Non loin de là, dans la cour du Palais Royal, les sévères colonnes de Daniel Buren  semble vouloir quadriller le monde, le contrôler. Dans une deuxième cour, Sphérades, les fontaines de Pol Bury reflètent les nuages du ciel parisien.


        Un peu plus loin, le ministère de la Culture est enveloppé d'une résille métallique dessinée par Francis Soler.





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    Catherine-Alice Palagret
    Texte et photos

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        Voir un homard géant suspendu au plafond doré du salon de Mars ne manquera pas de faire rire ceux qui apprécie l'initiative de confronter le baroque du Roi-Soleil au baroque du roi du néo-pop
     
     
     

     
    Lobster  de Jeff Koons à Versailles

     

        Il faudrait créer une nouvelle catégorie pour l'art contemporain: l'Art Rigolo. L'art qui amuse, au premier degré, sans doctes analyses et références historiques, même si les artistes n'ont rien d'innocent ou de naïf. Un art d'esbroufe et de dérision qui se moque de l'esprit de sérieux, un art dangeureusement proche de Disneyland.
     
       La confrontation de l'art contemporain à des lieux historiques accentue la provocation et le dérisoire de l'art d'aujourd'hui.

     

          Bien que la concurrence soit rude, Jeff Koons gagne le premier prix de l'art rigolo toute catégorie. Son Puppy de Bilbao rencontre un grand succès chez les touristes. Dernier en date, Split-Rocker à Versailles peut s'attendre au même accueil.
     

     

     
    Split-Rocker de Jeff Koons, à Versailles

     


         Puériles, cartoonesques, caricaturales, faciles, kitsches, toutes ces oeuvres sont attrayantes au premier regard. Elles suscitent souvent l'hostilité des "amateurs d'art". Ainsi l’Union Nationale des Écrivains de France demande à la ministre de la Culture, Christine Albanel, d'annuler la venue de Jeff Koons à Versailles. La culture française serait en grand danger! Si Versailles est un haut lieu de l'histoire française, la décoration rococo du château n'est pas exempte de mauvais goût et les plaisanteries de Jeff Koons s'accorderont à merveille avec les dorures surchargées des salons. Jeff Koons expose ses oeuvres au château de Versailles du 10 septembre 2008 au 4 janvier 2009.

        La plupart de ces artistes rigolos ont en commun de faire dans le gigantisme, comme si pour se faire entendre il fallait crier très fort. L'art pop, s'inspirant du surréalisme, joue sur les changements d'échelle, d'environnement et de texture, le détournement d'objets banals transformés en icônes. La plupart de ces oeuvres sont exposées en plein air et sont vite adoptées par un public qui apprécie aussi Disneyworld.
     
     
     
     
     

     

    Palagret
    art contemporain
    août 2008
     
     

     

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       Le poème Express N°00363 de Lucien Suel, affiché dans la rue, devient un poème visuel, une forme de street-art.

     

    Lucien Suel, caviardage de mots, poème express 

    poème Express n° 00363 de Lucien Suel

     

     

       Sur l'affiche raturée, seules trois phrases incomplètes ne sont pas biffées:

    Nous n'allons pas passer notre vie

    Nous avons autre chose à faire.

    C'est merveilleux!

     

     

    Lucien Suel, caviardage de mots, poème express

    poème Express n° 00363 de Lucien Suel

     

     

        Tous ces mots rayés font penser aux lettres censurées des prisonniers ou aux rapports expurgés d'informations essentielles mais secrètes.

     

     

     

    Lucien Suel, caviardage de mots, poème express

    poème Express n° 00363 de Lucien Suel

     

     Comme les dadaïstes et les participants de l'Oulipo, Lucien Suel pratique le caviardage. C'est un jeu littéraire où l'auteur choisit une contrainte. il s'agit ici de biffer les mots d'un texte imprimé afin d’obtenir un autre texte, un autre sens. En 1969, George Pérec décida lui d'écrire "La disparition" un roman où ne figurait pas la lettre E.

     

     

    Lucien Suel sur wikipedia

     

     

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