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       Depuis le 9 juin, les sculptures d'Anish Kapoor sont exposées dans les jardins de Versailles. Dirty corner, une oeuvre monumentale de 60 mètres de long, attire les vandales qui à trois reprises ont couvert l'oeuvre de tags. Des idiots assez courageux pour abimer la sculpture mais bien trop lâches pour signer leur "travail". Dirty Corner est aussi appelé le Vagin de la Reine, une expression qu'Anish Kapoor dément avoir employé bien qu'il reconnaisse une connotation sexuelle à son oeuvre.

     

     

    "Je n'ai jamais employé les mots d'où est née la polémique", nous répète Anish Kapoor. "Je n'ai jamais dit «La Reine», j'ai évoqué «Her» ou «She» pour désigner une forme qui pourrait être féminine, allongée sur le gazon, comme une reine égyptienne ou une sphynge. Le fait de baptiser Dirty Corner d'un vulgaire Vagin de la Reine est une façon de rabaisser mon travail, de mettre l'art au niveau des injures, de salir mon œuvre et de l'associer par des mots offensants à un rejet facile et immédiat. Ce ne sont pas mes mots, ce n'est d'ailleurs pas ma façon de penser, je m'en suis expliqué encore et encore, notamment lors de la Conférence de presse le 5 juin au Château de Versailles."

     

     

    Avant le vandalisme, Dirty corner d'Anish Kapoor à Versailles

     Dirty Corner, Anish Kapoor, Versailles 2015 

     

    L'installation, faite de métal, de rochers et de terre, ressemble à une trompe d’acier ou à un vaisseau spatial qui se serait écrasé devant le château du Roi Soleil projetant d'énormes rochers alentour. Ou à un phonographe. Mais un vagin?

      

     

     

    Avant le vandalisme, Dirty corner d'Anish Kapoor à Versailles

     

    Dirty Corner, Anish Kapoor, Versailles 2015 

     

    - Le 16 juin, les vandales ont d'abord couvert le métal rouillé de jets de peinture jaune. Qui ont été nettoyés.

    - Le 6 septembre, inscriptions antisémites disant: «La reine sacrifiée, deux fois outragée», «SS Sacrifice Sanglant», «le deuxième VIOL de la Nation par l'activisme JUIF DEVIANT». Ou encore «Juifs tradis et Kabbalistes: ce taré vous met en danger». Très affecté, Anish Kapoor a provisoirement décidé de garder les inscriptions: « ces mots infamants font partie » de l’œuvre a-t-il déclaré. Pour lui, ces tags racistes révèlent le côté sale de l'humanité (the dirty corner of humanity).

     

     


    Le sculpteur Anish Kapoor découvre son œuvre... par lemondefr

     

     

    - Le 10 septembre nouvelle inscription: « respecter l’art ». Cette fois-ci, le plasticien anglo-anglais demande à l'état de protéger son oeuvre.

     

    Avant le vandalisme, Dirty corner d'Anish Kapoor à Versailles

     

    Dirty Corner, Anish Kapoor, Versailles 2015

     

        " ... Je note un certain malaise dans ce pays que j'adore, dont j'aime le patrimoine et la langue. Ce malaise est venu punir un objet, un pur objet, qui n'a pas la parole pour se défendre. C'est d'ailleurs l'aspect positif de cette histoire violente et négative: ce vandalisme aveugle prouve le pouvoir de l'art qui intrigue, dérange, fait bouger des limites. Si on avait voulu souligner sa portée symbolique, voilà qui est fait comme jamais auparavant. Je n'aime pas le mot métaphysique, mais il y a plus de pouvoir dans une œuvre d'art que ce que l'on peut voir. La chose positive de cette agression est qu'elle met en évidence la force créative d'un objet inanimé". 1

     

    Avant le vandalisme, Dirty corner d'Anish Kapoor à Versailles

     

    Dirty Corner, Anish Kapoor, Versailles 2015

     

      Le vandalisme est prospère en France dans les musées ou dans l'espace public. D'un tableau de Cy Twombly maculé d'une empreinte de lèvres rouges en Avignon à l'arbre (Tree) de Paul McCarthy dégonflé place Vendôme jusqu'à l'oeuf du sculpteur Alain Mila repeint en bleu par Fabien Engelmann le maire FN d'Hayange, les exemples sont nombreux. Ils témoignent d'une haine et d'une intolérance à l'art contemporain ou à l'art tout court, à la culture.

     

     

    Avant le vandalisme, Dirty corner d'Anish Kapoor à Versailles

     

     Dirty Corner, Anish Kapoor, Versailles 2015

     

     

       Pendant ce temps, après les talibans en Afghanistan, les fanatiques de Daech détruisent Palmyre et d'autres sites archéologiques. Bien sûr l'échelle ni l'importance de la sculpture d'Anish Kapoor ne sont les mêmes. A Versailles Dirty Corner est une oeuvre éphémère. Anish Kapoor est vivant et continue à travailler. Mais le fanatisme haineux et la violence envers la création et les créateurs sont les mêmes. 

     

     

     

    Avant le vandalisme, Dirty corner d'Anish Kapoor à Versailles

    Encelade, le Titan enseveli, bosquet de Versailles

     

     Les oeuvres d'Anish Kapoor à Versailles veulent apporter un peu de désordre à l'harmonie sévère du château, un déséquilibre. Les jardins de Le Nôtre sont faits de tracés rectilignes et de broderies de buis symétriques. Mais les bosquets, de chaque côté de la longue pelouse rectangulaire, recèlent des décors baroques. Ainsi le bosquet de la Fontaine d'Encelade recrée une scène dramatique où le Titan Encelade, puni par les Dieux, est peu à peu enseveli sous un volcan. Seuls sa tête et ses mains émergent, tendues vers le ciel dans une imploration désespérée. Les blocs rocheux d'Anish Kapoor sont peut-être un écho au chaos qui écrase le géant Encelade.

     

     

     

     

    Liens sur ce blog:

    Le bosquet d'Encelade à Versailles

     

     

    Communiqué de presse:

        L’exposition d’Art contemporain à Versailles commence toujours par une marche. La première rencontre avec l’artiste. Ou plutôt la première rencontre de l’artiste avec le château de Versailles. Qu’il soit ou non familier des lieux, son regard, ce jour-là, change comme s’il était dessillé par la perspective de s’y installer. Et il est plus important que ses mots : il jauge l’immensité et le poids de cette architecture unique et il se jauge aussi à l’aune de cet environnement exceptionnel. Dès le premier jour, en quelque sorte, il n’y a plus rien que cette relation singulière où l’un se mesure à l’autre. Nous marchions avec Anish Kapoor. D’un bon pas, d’un pas d’arpenteur. Et dans un silence coupé de quelques mots où il était question de Le Nôtre né – clin d’oeil de l’histoire – un 12 mars comme Anish Kapoor, la promenade s’éternisait. A la fin, Anish Kapoor demanda de réfléchir. Quelle anxiété pour nous ! Mais quelle humilité de la part d’un artiste habitué à tous les théâtres. Un an plus tard, Anish Kapoor proposait “son” parcours dans les jardins de Versailles. Comme Giuseppe Penone, comme Lee Ufan, il avait identifié secrètement oeuvres et emplacements. Comme eux, les yeux en compas, il pensait d’abord grandeur, proportions. Lui qui pourtant avait magistralement occupé l’espace du Grand Palais en 2011 avec son Léviathan n’en était pas quitte pour autant des 800 hectares du domaine de Versailles. Mais au-delà de la topographie de ce territoire conquis, discipliné par Louis XIV avec Le Nôtre, peut-être se trouvait-on au coeur-même de la pensée d’Anish Kapoor, à la fois ingénieur et philosophe, architecte et poète, dans cette appréhension de l’espace. Anish Kapoor a fait la démonstration ici ou là, qu’il était fou d’espace, l’espace qu’il traite, a-t’il confié, comme une “idée poétique” non pas dans ses limites mais pour tout ce qu’il implique. Ce que nous voyons et ce que nous ne voyons pas, les sens accumulés par l’histoire… Pour Anish Kapoor, l’oeuvre n’existe pas seule mais par celui qui la voit. Le visiteur de Versailles se perd dans les dualités qui marquent le travail de l’artiste : terre et ciel, visible et invisible, dedans et dehors, ombre et lumière… Cet univers n’est lisible que par l’imaginaire. L’originalité de cette exposition, ce qui la rend unique, même aux yeux de ceux qui suivent depuis longtemps Kapoor de par le monde, c’est que cet imaginaire rencontre à Versailles celui que l’histoire a sédimenté. Ce paysage si maîtrisé est happé par l’instabilité. Les terrains sont incertains et mouvants. L’eau y tourbillonne. Les ruines, hier romantiques, s’emparent du tapis vert. Le pas bute sur de faux labyrinthes. Les miroirs, si liés à Versailles, le déforment. C’est un monde au bord du basculement peut-être. Ce n’est pas un hasard si Anish Kapoor, le premier, a voulu pousser la porte de la salle du Jeu de Paume qu’il regarde comme une oeuvre, pour y poser une installation. Anish Kapoor nous entraîne à Versailles, dans une histoire cachée. Catherine Pégard Présidente de l’Etablissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles.

     

     

     

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       Au Centquatre, les enfants traversent en courant La Cabeza (Tête de Mort, Grande) de Niki de Saint-Phalle, s'y cachent, font des grimaces à travers les dents entr'ouvertes ou s'assoient dans le nez creux. Les visiteurs, petits et grands, sont encouragés à toucher la sculpture.

     

    Niki de Saint-Phalle, la Cabeza, une tête de mort creuse où se reposer

    La Cabeza, Niki de Saint-Phalle, 2000

    Mousse de polyuréthane, armature en acier et résine, éclats de miroir et de vitrail

    galets et cailloux divers, coquilles d'ormeaux

    incrustation de verre en milllefiori

    366 x 427 x 366

     

       Cet immense crâne, coloré, scintillant de miroirs, est joyeux et ludique. A l'intérieur de ce Memento Mori monumental, un banc invite le passant à méditer. La vie est brève mais il faut en savourer chaque instant. Dans la civilisation olmèque, les crânes et squelettes étaient les symboles du Jour des Morts et des célébrations religieuses d’origine précolombienne.

     

    Niki de Saint-Phalle, la Cabeza, une tête de mort creuse où se reposer

    La Cabeza, tête de mort, Niki de Saint-Phalle, 2000

    Au Cent-Quatre

     

       Dans cette sculpture naïve et primitive, Niki de Saint-Phalle retrouve l'art populaire mexicain où l'iconographie des morts est toujours présente dans la vie quotidienne.

     

    Niki de Saint-Phalle, la Cabeza, une tête de mort creuse où se reposer

    La Cabeza, tête de mort, Niki de Saint-Phalle, 2000

    banc intérieur, galets et miroirs

    Au Cent-Quatre

     

      Niki de Saint-Phalle, veut nous envoyer un message d'espoir:" La mort n'existe pas, life is eternal".

     

     

    Niki de Saint-Phalle, la Cabeza, une tête de mort creuse où se reposer

    La Cabeza, tête de mort, Niki de Saint-Phalle, 2000

    Au Centquatre

     

     

       La Cabeza est la dernière œuvre monumentale réalisée par Niki de Saint-Phalle à San Diego. Elle est exposée au Centquatre, en même temps que la rétrospective de l'artiste au Grand Palais.

     

     

    Niki de Saint-Phalle, la Cabeza, une tête de mort creuse où se reposer

    La Cabeza, tête de mort, Niki de Saint-Phalle, 2000

    Les dents vues de l'intérieur

    Au Cent-Quatre

     

    Niki de Saint-Phalle au Cent-Quatre, Halle Curial

    La Cabeza

    Du 20 septembre 2014 au 1er février 2015. Prolongation annoncée.

     

    Niki de Saint-Phalle, rétrospective
    Du 17 septembre 2014 au 2 février 2015
    Galeries nationales du Grand Palais

     

     

    Niki de Saint-Phalle, la Cabeza, une tête de mort creuse où se reposer

    La Cabeza, tête de mort, Niki de Saint-Phalle, 2000

    Une sculpture à traverser

    Au Cent-Quatre

     

    Liens sur ce blog:

    * - Niki de Saint-Phalle: de grotesques mères dévorantes au Grand Palais

    * - Niki de Saint-Phalle, arbre de vie, fontaine au serpent au Grand Palais

    * - Niki de Saint-Phalle, Tinguely et Jef Aerosol à la fontaine Stravinski, vidéo

     

     

     

    Niki de Saint-Phalle, la Cabeza, une tête de mort creuse où se reposer

    La Cabeza, tête de mort, Niki de Saint-Phalle, 2000

    Au Cent-Quatre

     

     

    Niki de Saint-Phalle, la Cabeza, une tête de mort creuse où se reposer

    La Cabeza, tête de mort, Niki de Saint-Phalle, 2000

    L'œil. Au Centquatre

     

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    UNE ARAIGNÉE MUTANTE DANS LES JARDINS
    DE LE NÔTRE


        Avril 2008: « Maman » l'araignée géante, œuvre emblématique de Louise Bourgeois, est actuellement dans le jardin des Tuileries entourée de sculptures françaises classiques, non loin des femmes aux formes rebondies d'Aristide Maillol.
    Sculpture contemporaine, l'arachnide monumental se confronte aux bâtiments  historiques du Louvre.
     




    Maman (1999), araignée géante de Louise Bourgeois
    aux Tuileries

    Collection particulière Cheim & Read, New-York


        Les araignées sont souvent un objet de répulsion. Mygales velues ou minuscules bêtes rouges, elles suscitent sinon la panique du moins le malaise. Les prédatrices géantes qui hantent
    les bandes-dessinées et le cinéma fascinent et affolent les pauvres humains qui ne peuvent que fuir pour mieux s'engluer dans leur toile mortelle. De nombreux films exploitent l'effroi des braves gens devant ces monstres à huit pattes. Seuls les vrais héros peuvent les vaincrent comme en témoignent "Le voleur de Bagdad" de Michael Powell (1940), "Tarentula" de Jack Arnold (1956), et même "Harry Potter et la chambre des secrets" de Cris Colombus" (2002). (1) 



    Maman (1999), araignée géante de Louise Bourgeois aux Tuileries.
    Haute de neuf mètres.



     
    Pour Louise Bourgeois l'araignée est une figure maternelle, à la fois castratrice et protectrice, une figure ambivalente. Comme sa mère qui retissait des tapisseries anciennes dans son atelier de restauration.

      
        « L'araignée, pourquoi l'araignée? parce que ma meilleure amie était ma mère, et qu'elle était aussi intelligente, patiente, propre et utile, raisonnable et indispensable qu'une araignée. Elle pouvait se défendre elle-même. »

         Voici ce que l'artiste inscrit sur la plaque devant sa sculpture haute de neuf mètres, ignorant malicieusement l'aspect menaçant de son oeuvre. L'arachnide fabuleux est une bonne introduction au travail complexe et aux fantasmes morbides de cette vieille dame de 96 ans.

         Depuis les premiers dessins de 1940, Louise Bourgeois a crée plusieurs araignées de différentes tailles. Une figurine, exposée à Beaubourg, représente une femme rouge transpercée de huit pattes. Est-elle l'araignée dévorante ou la proie dévorée?



    Figurine rouge à huit pattes d'araignée. Louise Bourgeois.




         Une image de cauchemar, comme beaucoup d'œuvres de Louise Bourgeois qui se nourrissent des traumatismes de l'enfance.



    "Tout mon travail, tous les sujets, trouvent leur source dans mon enfance"


        Livrée aux Tuileries en pièces détachées et montée à l'aide de grues, Maman l'araignée de bronze et d'acier inoxydable surplombe les parterres de Le Nôtre et les sculptures classiques inspirées de l'antique qui ornent les jardins. L'araignée géante, ses fines pattes anguleuses ancrées dans le gazon, domine les passants qui ne s'émeuvent pas trop de ce monstre figé.

        La sculpture est posée sur une pelouse interdite aux promeneurs et on ne peut que furtivement examiner, en contre-plongée, une résille de métal contenant des blocs de marbre, les œufs. Bientôt un gardien siffle le contrevenant et lui ordonne de retourner sur l'allée sablée.
     




    Maman (1999), araignée géante de Louise Bourgeois
    aux Tuileries. Détail du sac d'oeufs.


        La nuit, aux Tuileries, la silhouette émaciée de « Maman » se découpe sur le ciel encore clair; les feuilles frémissent dans le vent et la rumeur venue de la ville crée une atmosphère propice aux terreurs ancestrales. Un promeneur, ignorant la présence de l'araignée pourrait sursauter en l'apercevant à travers les arbres! Quant aux sculptures du dix-huitième et du dix-neuvième siècle qui entourent le monstre, elles participent à une mise en scène de la douleur et de l'effroi.



    Maman (1999), araignée géante de Louise Bourgeois aux Tuileries
    La misère (1907), statue de Jean-Baptiste Hughes



        La Misère, dans un geste emphatique, se détourne de ce monstre effroyable, ses enfants agrippés à ses jambes. Hercule, appuyé sur sa massue se demande s'il doit le terrasser, accomplissant un treizième exploit. Thésée combattant le Minotaure détourne la tête et les nymphes apeurées s'enfuient loin de cet hôte prodigieux.
     



    Nymphe fuyant l'araignée monstrueuse ?
     
     

          Tous, héros mythologiques et héros romains, allégories et sylphides, figés dans leur gesticulation stéréotypée, miment la peur, le désespoir, le courage farouche.  "Maman" n'exprime rien, elle n'esquisse aucun mouvement, elle est là, c'est tout. C'est une mère portant ses œufs et les mères peuvent être terrifiantes. Impassible et pourtant dangereuse, elle éveille en nous des fantasmes, des angoisses imprécises dont se joue Louise Bourgeois.


        Une deuxième araignée géante (crouching spider) est installée dans le hall de Beaubourg. On peut la voir de près mais la complication visuelle de l'arrière plan rend difficile sa perception. Au troisième étage, une autre araignée enserre une cache grillagée entre ses pattes. A l'intérieur, des objets de la vie familiale. La famille est une prison, un enfer créé par un père détesté. 



    araignée géante de Louise Bourgeois à Beaubourg

       
        R
    econnue tardivement, Louise Bourgeois fait aujourd'hui partie des plasticiens contemporains baroques les plus en vue comme Jeff Koons et Damien Hirst qui eux aussi travaillent avec les animaux et la monumentalité.  Maman, ou big Mama, l'araignée gigantesque est une rock star en tournée mondiale. Son  imprésario est excellent ou elle est douée d'ubiquité pour se retrouver ainsi aux quatre coins du globe. Plus concrètement, il y a plusieurs exemplaires de la sculpture  en circulation.  
     


    Maman (1999), araignée géante de Louise Bourgeois aux Tuileries
     
     
     
         L'araignée s'est posée, entre autres, à Saint-Petersbourg en Russie, à Tokyo, Copenhague, Denver, Kansas City, San Francisco, New-York et Londres. L'araignée géante a veillé sur le tombeau de James Ensor à Mariakerke, ce qui convient bien à son aspect morbide. Elle est toujours à Ottawa comme en témoigne la caméra web du musée des Beaux-arts du Canada. Sur le parvis du Guggenheim de Bilbao, elle a disputé la vedette à l'innocent Puppy de Jeff Koons. Quoi de plus opposés qu'une répugnante araignée filiforme et un gentil chiot recouvert de fleurs fraîches! L'une appartient aux sous-bois, aux recoins obscurs, aux rêves maléfiques, l'autre est solaire et parle d'enfance, de spontanéité et de bonheur. Pourtant ces représentations d'animaux plus grands que nature sont toutes deux des célébrités paradoxales. D'un coté, les musées se les disputent, les amateurs d'art et les financiers surenchérissent chez Christie's ou Sotheby pour les acquérir; ces oeuvres contemporaines atteignent désormais les prix des tableaux impressionnistes. D'un autre coté, l'intérêt que leur porte le public les réduit à des attractions ludiques.


       
    Maman à Tokyo, Japon. Photo Eugenio D80


          
    Maman à Bilbao, Espagne. Photo: aronski

           


    Maman à Londres, Royaume-Uni. Photo: Ayres no graces



        Après Paris, les araignées et l'exposition du Centre Pompidou se produiront au Solomon R. Guggenheim Museum à l'été 2008, au Los Angeles Museum of Contemporary Art en automne 2008 et au Hirshhorn Museum & Sculpture Garden, Washington D.C. au printemps 2009.

        Depuis 1998, le jardin des Tuileries accueille sur ses pelouses des sculptures contemporaines de Jean Dubuffet, David Smith, Carl André, Roy Lichtenstein, Guiseppe Penone etc. Clara-Clara, une sculpture abstraite de Richard Serra est posée dans le fer à cheval, côté Concorde. L'araignée bourgeoise, elle, ne sera parisienne qu'une saison.


    Louise Bourgeois. Une rétrospective.
    Exposition au Centre Pompidou.
    Jusqu'au 2 juin 2008.
    Tous les jours sauf mardi et le 1er mai.
    De 11h à 21h.


    Maman, araignée géante aux Tuileries. Heures d'ouverture des jardins.

     
     
     
    Source1- Les araignées au cinéma





    Catherine-Alice Palagret
    art contemporain monumentale
    avril 2008

     
     
      
     
     
     
     
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        Une construction fragile de 5000 cagettes de légumes et de fruits forment une caverne de bois. Cette architecture ludique et éphémère est l'œuvre du plasticien japonais Tadashi Kawamata. La construction s'intitule Gandamaison; en japonais gandam désigne les robots transformers.
     
     
     

     
    Gandamaison, installation de Tadashi Kawamata à Versailles
     


         Kawamata travaille toujours in situ: « Pratiquer in situ, c'est arriver sans idées préconçues et réfléchir en fonction du site. ... Mon travail est plus de l'ordre de l'arrangement. Je ne crois pas à une quelconque idée nouvelle, celle-ci est toujours en lien avec le passé. » 1
     
     
     
     
     
    Gandamaison, installation de Tadashi Kawamata à Versailles
    source
     
     
     
     
       Kawamata a travaillé avec huit étudiants-architectes pendant une dizaine de jour. Gandamaison comprend deux parties, une extérieure et une intérieure.

         La structure extérieure, aujourd'hui démontée, ressemblait de loin à un amoncellement de cageots laissées là par un marché monstrueux. D'un peu plus près, l'installation semblait couler du toit de la Maréchalerie ou y ramper comme un organisme vivant. Ce corps mutant phagocytait le bâtiment classique (1682) qui avait l'air en ruine, comme après un bombardement.  On pouvait aussi y discerner un géant affalé dont on ne voyait que les jambes. Avec cette construction, Kawamata apportait un peu de chaos aux écuries de Jules Hardouin-Mansart, intendant général des Bâtiments du Roi.
     
     
     
     
     
    Gandamaison, installation de Tadashi Kawamata à Versailles
    Partie intérieure
     
     
     
       La structure intérieure de Gandamaison est un dôme de bois à la surface irrégulière qu'on dirait instable. Elle n'a rien d'oppressant, donnant une impression de légèreté et de fantaisie. Les cagettes, achetées à un producteur local, sont liées entre elles par des liens de plastique noir. Un courant d'air, ou une bousculade, pourrait les faire s'entrechoquer. Le bois, imprégné d'un produit chimique retardateur de feu, dégage une odeur gênante qui empêche de rester trop longtemps sous la voûte.
     
     
     
     
     
    Gandamaison, installation de Tadashi Kawamata à Versailles
    Partie intérieure. Tunnel
     
     
     
     
        De chaque côté de la voûte centrale se trouvent deux petits tunnels de cagettes. L'ensemble modulable est accroché à un filet, retenu par des cordes et des poulies ancrés dans les murs de pierre qu'il dissimule. La lumière filtre à travers les cagettes, créant un clair-obscur mystérieux.
     
     
     
     

         
     
    Gandamaison, installation de Tadashi Kawamata à Versailles
    Partie intérieure. Filet.
     
     
     
     
       Versailles est un lieu de pouvoir et d'apparat. Le Roi-Soleil l'a crée, on y a signé des traités d'armistice, le Parlement et le Sénat s'y réunissent pour y modifier le Constitution. Tadashi Kawamata fait voler en éclats tout ce sérieux en y installant une construction poétique, tout à fait inutile. Le plafond de cagettes, objets pauvres liés au monde du travail, est un écho ironique aux plafonds d'or et de stuc du château de Versailles. Si l'architecture classique est stricte avec ses façades soigneusement alignées, les intérieurs versaillais démentent cette sévérité; les demeures royales et princières recèlent un vrai délire décoratif. Kawamata livre ici sa propre interprétation des plafonds à caissons.
     
        A cause du bruit médiatique fait autour de Jeff Koons à Versailles, on a peu entendu parler de Kawamata. C'est dommage. Au contraire des œuvres de Jeff Koons qui sont en tournée mondiale et se voient de capitales en capitales, les créations éphémères de Kawamata sont détruites aussitôt après l'exposition. Il n'en reste que des photos et des vidéos.
     
     
     
     
     
     
    Gandamaison, installation de Tadashi Kawamata à Versailles
    Partie intérieure.
     
     
     
     
     
         Tadashi Kawamata, avec ses architectures chaotiques et aériennes, questionne les lieux où il travaille. Il utilise toujours des éléments de base en bois mal dégrossi (poutres, planches, cagettes) ou des objets de récupération (chaises). Partout où il intervient, Kawamata travaille avec les habitants et les étudiants de la ville choisie. A Versailles, il a travaillé avec les élèves de l'École nationale supérieure d’architecture et les professeurs pour construire une autre gigantesque Gandamaison dans la cour d'honneur des Ecuries.

         A Chicago en 1990 avec ses faux abris de sans-abri et à Houston en 1991, avec ses fausses favélas narguant les riches gratte-ciel, ses interventions avaient une dimension politique et sociale.
     
     
     
     
     

    Cabane dans les arbres, au jardin des Tuileries
    Tadashi Kawamata 2008
     
     
     
     
     
        A Paris ou à New-York Kawamata accroche des cabanes dans les arbres, geste poétique qui renvoie à l'enfance. Ces habitats précaires renvoient aussi aux constructions de fortune des SDF qui prolifèrent dans les grandes métropoles, pauvres ou non.

     

        Ses accumulations gigantesques questionnent plus la ville, l'espace public, que la société. A Toronto en 1989, "Colonial Tavern Park" des échafaudages branlants coincés entre deux bâtiments classiques introduisait le chaos dans un univers urbain policé, forçant à voir les interstices de la ville.

        En 2007, dans une cave Pommery à Reims il construisit une cathédrale de mille chaises cassées. En 2002 à Evreux, des passerelles qui entourent un bâtiment. Sur la Loire, il érige un observatoire pour Estuaire 2007, au-dessus des marais. Cette œuvre est unes des rares qui ne soit pas détruite après l'exposition.
     
     
     
     
     

    Cagettes de maraîchers
    Gandamaison, installation de Tadashi Kawamata à Versailles
    Partie intérieure.
     
     
     


         Tadashi Kawamata est né en 1953, au Japon, sur l’île de Hokkaïdo. Il vit et travaille à Tokyo et à Paris. Artiste internationalement reconnu,  il expose partout dans le monde.
     
     
     
     
     
    Kawamata, Gandamaison
    La Maréchalerie - centre d’art contemporain
    École nationale supérieure d’architecture de Versailles
    5 avenue de Sceaux, 78000 Versailles  01.39.07.40.94
    Exposition du 19 septembre au 13 décembre 2008
    Construction extérieure du 18 septembre au 6 octobre 2008

     

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    art contemporain
    novembre 2008
     
     
     
     
    1- in Kawamata, CCC Tours, les Editions de l'atelier Calder, 1994, cité dans le dossier de presse.
     
     
     

     

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        Du sol, l'installation de Numen / For use ressemble à un cocon parasite solidement accroché aux piliers, une structure maladive en expansion tissée par une araignée psychotique, menaçant de tout engloutir.

     

     

    Tape-Numen-Palais-de-Tokyo-70559.jpgNumen / For use, installation de scotch transparent, Palais de Tokyo

     

     


       La forme organique translucide se déploie au-dessus de la tête des visiteurs du Palais de Tokyo. Ce cocon labyrinthique est fait de large scotch transparent ajouté couche après couche, assez solide pour supporter le poids de quelques explorateurs. Comme des mouches engluées, on devine les corps se débattant par reptation, glissade et sautillement. A la fois légèrement angoissant et excitant, les tunnels de scotch divergent et se recoupent, enveloppant l'intrépide visiteur de manière plus ou moins serrée et l'isolent des bruits ambiants. Claustrophobes s'abstenir.

     


      Les spectateurs restés au sol tendent le cou en entendant les crissements du ruban et les conversations étouffés.

     

     


    TAPE NUMEN : FOR USE PARIS par Palagret   

     

     

     

        “L'intérieur de la structure est souple, élastique et pliable tandis que la forme elle-même est parfaitement statique comme si elle suivait la trajectoire des forces, étant définie par elles. Quand le public entre dans l'installation, ce qui est à l'origine une sculpture devient peu à peu de l'architecture." 1

     

     


    Tape-Numen-Palais-de-Tokyo-70396.jpgNumen / For use, installation de scotch transparent, Palais de Tokyo

     

       C'est une installation monumentale de Numen/For Use de Sven Jonke ( né en 1973, vit et travaille à Berlin), de Christoph Katzler ( né en 1968, vit et travaille à Vienne et de Nikola Radeljkovic ( né en 1971, vit et travaille à Zagreb).

     

    Tape-Numen-Palais-de-Tokyo-70521.jpgNumen / For use, installation de scotch transparent, Palais de Tokyo

     


      Les créations expérimentales de ce collectif croate sont immersives et participatives. Elles n'ont pas d'usage prédéfini, à la fois sculpture et attraction foraine. Les installations de Numen / for use sont spécifiques au site où elles se déploient ( Lille, Berlin, Melbourne, Florence ou Tokyo) et éphémères.

     

     

    Tape-Numen-Palais-de-Tokyo-70504.jpgNumen / For use, installation de scotch transparent, Palais de Tokyo

     

     

     

    Tape-Numen-Palais-de-Tokyo-70502.jpgNumen / For use, installation de scotch transparent, Palais de Tokyo

     

     

     

     

     

    Lien sur ce blog:

    Tape Melbourne

     

     

     

    Palais de Tokyo, Inside

    du 20/10/2014 au 11/01/2015

     

     

    Palagret

    in situ

    fevrier 2015

     

     

     

     

     

     

    1- Numen / for use

     

     

     
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    "Pourquoi Ballon Dog?"

    " Peut-être parce qu'il y a en lui l'idée de la survie. J'ai transformé un objet sans qualité et éphémère - un simple ballon- en une œuvre monumentale qui a le pouvoir de survivre.

     

     

     

       Balloon Dog est une des sculptures les plus connues de Jeff Koons. Un multiple qui existe en 5 couleurs (bleu, magenta, jaune, orange et rouge), est exposée un peu partout dans le monde et achetée par les grands collectionneurs, comme François Pinault ou Eli Broad, pour des sommes vertigineuses.

     

         En novembre 2013, Balloon Dog (orange) s'est vendu aux enchères chez Christie's pour 58 405 000 $. Cette sculpture de métal rutilant est la copie monumentale d'un chien fait de ballons tel qu'en fabriquent les amuseurs de rue pour les enfants. Une sculpture solide et lourde imitant un jouet léger et fragile à la parfaite surface réfléchissante. Une sculpture comique, drôle, en hommage à son fils qu'il ne voyait plus après on divorce de la Cicciolina

     

     

     


    Versailles-Koons-Balloon-dog-3.jpg

    Balloon Dog (magenta) de Jeff Koons, 1994-2000
    Acier chromé inoxydable au poli miroir, vernis transparent
    307,3 x 363,2 x 114,3 cm. Série Celebration
    Salon d'Hercule, Versailles

     

     

     

    - PH.D: "Pourquoi Balloon Dog?"

    - Jeff Koons:  Peut-être parce qu'il y a en lui l'idée de la survie. J'ai transformé un objet sans qualité et éphémère - un simple ballon- en une œuvre monumentale qui a le pouvoir de survivre. D'autre part cette œuvre est une surface réfléchissant (dans tous les sens) à 360°: quand vous êtes devant, elle vous donne votre position dans l'environnement et celui-ci change avec vous. Si vous ne bougez pas, si personne ne bouge, rien ne se passe. Mais si vous vous déplacez, le reflet abstrait change. L'abstraction dépend de vous.

    - PH.D: Devant la pièce on peut penser aux sculptures de Picasso des années 30, les femmes faites de sphère et de courbes. A Brancusi aussi.

    -Jeff Koons: Et plus encore à Miro, à son chien aboyant à la lune.

    - Ph.D: L'oeuvre est, par ailleurs, assez nettement sexuelle.

    - Jeff Koons: Biomorphique plutôt. Le ballon est gonflé par la respiration, comme un corps. Sans la respiration, sans la vie, il s'effondre. La forme disparaît. ... Il m'arrive de me dire qu'au néolithique, un homme aurait pu créer la même forme avec des intestins d'animaux. Quant à son sexe, la pièce est féminine et masculine simultanément." 1

     

     

    Miro-chien-aboyant-a-la-lune.jpg Chien aboyant à la lune, Joan Miro, lithographie 1952

     

     

         Exposé en 2008 au château de Versailles, le Balloon Dog (magenta) trônait fièrement dans le salon d'Hercule, créant une dissonance comique avec les ors du château. Balloon Dog sera exposé à Beaubourg dans la grande rétrospective Jeff Koons mais il y sera sans doute plus banal entouré de murs blancs.


     

     
     

    Balloon-dog-Koons-Venise-by-dalbera.jpg Balloon dog à Venise

    Photo Dalbera

     

     

        Le célèbre chien koonesque est une star. Il fait une discrète apparition dans le film "La nuit au musée 2" où les oeuvres exposées s'animent le soir venu. On voit sautiller Balloon dog derrière Ben Stiller. S'animent aussi un baiser de Roy Lichtenstein, le couple de fermiers d'American Gothic peint par Grant Wood et le célèbre baiser de Times square photographié par Alfred Eisenstaedt. Jeff Koons fait ainsi partie des icônes de la culture américaine.

     

     

     


    Balloon dog de Jeff Koons dans "une nuit au musée" par Palagret

     

     


       Le graphiste Michael Green a créé un gif animé montrant Balloon Dog qui se dégonfle, en boucle. Une mésaventure amusante qui ne risque pas d'arriver à la vraie sculpture puisqu'elle a l'air d'être en baudruche mais est en fait très solide. Michael Green cherche en ce moment à vendre Balloon Dog deflated sur ebay. D'abord estimé à 2000 $, le chien ballon qui se dégonfle n'a pas trouvé preneur. Michael Green l'a alors proposé à 5800 $, toujours sans trouver preneur. On peut voir cette petite animation numérique sur la toile alors pourquoi l'acheter? Green ne cherche peut-être qu'à se faire connaître.

     

     

    Koons-Ballon-Dog-H-M-sac.jpg Sac H&M orné de l'image de Balloon Dog de Jeff Koons

     

     
     

        On retrouve Ballon dog en objets de décoration. Pour l'exposition new-yorkaise au Whitney museum, le magasin de vêtement H&M a collaboré avec Jeff Koons pour créer un sac orné de Ballon Dog.  Le sac, en édition limitée, sera aussi vendu à Paris dans le magasin H&M des Champs Elysées, le 10 décembre prochain de 8h30 à 11h pour 39,99 euros. Le motif parisien sera magenta.

     

     

     

    Balloon-dog-Koons-lampe.jpgLampe "Balloon dog" dans une boutique de décoration

     

     

    Jeff-Koons-Beaubourg-escalator.jpg

    Jeff Koons photographié dans la chenille de Beaubourg

     

     

     

    Exposition de Jeff Koons à Beaubourg

    du 26 novembre 2014 au 27 avril 2015

     

     

     

    Jeff-Koons-Beaubourg-code-couleur.jpg

    Brochure du centre Pompidou Code Couleur

     

     

    Liens sur ce blog:
     
    * Jeff Koons, "Fait d'Hiver", plagiat ou appropriation d'une image existante, deux manchots en plus
     
    * Jeff Koons: gazing balls, sculptures antiques et boules réfléchissantes à Beaubourg

    Ushering in banality, un cochon à Versailles

    Michael Jackson, éternellement jeune, immortalisé par Jeff Koons

    Bear and the policeman de Jeff Koons

    Rabbit de Jeff Koons

    Split-rocker de Jeff Koons

    Chainlink, la tortue et l'hippopotame de Jeff Koons
     
    La locomotive suspendue de Jeff Koons bientôt à Los Angeles
     
    La locomotive de Jeff Koons déraillera-t-elle avant d'être lancée?
     
    La visite de l'atelier de Jeff Koons mise aux enchères
     
    Rabbit, le lapin de Jeff Koons, à la parade de Macy's

    L'art contemporain et Jeff Koons à Versailles

     
    Seize sculptures de Jeff Koons bientôt à Versailles


     

     

     

     

    Palagret

    septembre 2014

    art monumental contemporain

     

     

     

     

    Sources:

     

    1- ITW de Philippe Dagen, Magazine du Monde, 22 novembre 2014

     

    Gif animé de "Ballon dog deflated"

     

     

     

     

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       Un canard géant à Los Angeles, un lapin géant à Taïwan, un hippopotame géant à Londres, les sculptures géantes de Florentijn Hofman sont partout. Il semble que le plasticien danois est le chouchou des organisateurs de festivités. Ses baudruches monumentales et ses sculptures attirent des millions de visiteurs et font le succès des évènements festifs.

     

     

     

    Hofman Hippopothames 1HippopoThames de Florentijn Hofman sur la Tamise

     

     

       A Londres cette fois-ci, HippopoThames long de 21 mètres a été remorqué de son site de construction aux Royal Docks jusqu'à Nine Elms. L'hippopotame londonien est maintenant semi-immergé dans la Tamise et ancré près de la rive sud du fleuve. Le gentil monstre est fait de lattes de bois clouées sur une charpente. Cette foi-ci la créature d'Hofman ne se dégonflera pas. Pendant un mois, HippopoThames oscillera doucement avec la marée qui remonte l'estuaire de la Tamise

     

     

     

     

    Hippopothames HofmanHippopoThames et Florentijn Hofman contemplant la Tamise

     

     


     

         Hofman a découvert qu'il y a des centaines de milliers d'années il existait des hippopotames préhistoriques dans la Tamise aussi HippopoThames n'est pas si incongru que ça à Londres. Comme le canard qui est un jouet, l'hippopotame est inspiré d'une image vue dans un livre pour enfant. Bien que de taille monstrueuse il ne fait peur à personne avec son air gentil.

     

     

      Après "HippopoThames" Hofman ne souhaite plus créer des sculptures flottantes. Après le succès mondial du canard, tout le monde voulait un autre canard. 1


     

     

     

    Hofman Hippopothames by Mike T flickrHippopoThames de Florentijn Hofman sur la Tamise, à marée basse


     


     


     

     

     

     

    Hippopothames de Florentijn Hofman

    Sur la Tamise à Nine Elms, South Bank 

    Londres, Angleterre

    Du mardi 2 au 28 septembre 2014

     

     

     

    Voir la construction de l'Hippothames


     


     


     

     

    Liens sur ce blog:

    Le canard géant de Florentijn Hofman en tournée mondiale

    Estuaire 2007: grandeur et décadence du canard géant de Florentin Hofman

     

     

     

     

     

     

    Palagret

    art monumental contemporain

    septembre 2014


     

     


     


     


     

    Notes:

    1- in CNN style


     

     


     

     

     
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       Le canard gonflable géant de l'artiste hollandais Florentijn Hofman a bien des malheurs. Ce jouet de bain survitaminé s'est déjà dégonflé dans plusieurs villes ( Nantes, Kaohsiung, Taoyuan etc ...) où il était en tournée mondiale. Le 31 décembre 2013, il a explosé à Taïwan, vers midi. Un témoin a affirmé au journal Straits Times de Singapour qu'un aigle avait percé la baudruche avec ses serres. Une autre version accuse les employés d'avoir voulu regonfler le canard un peu trop vite.


     

     

    Hofman canard Taïwan by Akira Hsu Canard géant gonflable de Florentijn Hofman dans le port de Keelung à Taïwan

     

     

       

      Ce canard monumental est fragile. Parfois ses soigneurs le dégonfle volontairement pour le protéger des typhons et même des vents ou des pluies trop fortes.


     

     

    Hofman duck in Taïwan nuitCanard géant gonflable de Florentijn Hofman dans le port de Keelung à Taïwan

     


        

        Comme dans tous les ports où il a séjourné, le canard de bain de Hofman suscite un énorme engouement. Haute de 18 mètres, la baudruche jaune poussin attire des milliers de touristes. On fabrique des jouets à son image alors que le canard de Hofman est déjà la copie agrandie d'un jouet de bain.


     

     

    Hofman duck in Taïwan gâteau Gâteau à l'effigie du Canard de Florentijn Hofman à Keelung

     

     

     

         On vend des gâteaux à son effigie et des boutiques se rebaptisent. Il y a aussi des faux canards géants dans plusieurs villes chinoises, des contrefaçons qui ennuient beaucoup le plasticien Florentijn Hofman. Mais comme Hofman a lui même copié un canard de bain sans en avoir les droits ...

     


     

     

    Hofman duck in Taïwan afficheHappy Keelung, affiche

     

     

     

     

      Après sa mésaventure à Taïwan, le canard dégonflé a traversé le Pacifique et est arrivé à Los Angeles pour le Tall ship festival du 20 au 24 août. Restera-til gonflé ou d'autres malheurs l'attendent-il dans le port de San Diego?

     


     

     

    Hofman canard géant L.A Canard géant gonflable de Florentijn Hofman  Los Angeles

     

     

     

       Oeuvre néo-pop d'art contemporain de Florentijn Hofman, le canard jaune est de plus en plus une attraction touristique et il fait des émules. BJ Price, un peintre australien, vient de réaliser une tortue géante en baudruche pour le port de Sydney.

     

     

     

     

    Monty Python dead parrot by David Holt 2“This parrot is no more! It has ceased to be! It’s expired and gone to meet its maker! This is a late parrot! It’s a stiff!”

    s'énervait John Cleese en essayant de se faire rembourser ce perroquet mort.

    Perroquet bleu mort près du Tower bridge à Londres

     

     

     

     

          La chaîne de télévision UKTV Gold a fait réaliser un perroquet bleu géant en hommage au célèbre sketch des Monty Python qui remontaient sur scène en juillet à Londres. La sculpture de 15 mètres de long représente le perroquet sur le dos, les pattes raidis. Réalisé en fibre de verre par le sculpteur Iain Pendergast, le volatile repose près de Tower Bridge, sur la rive sud de la Tamise.


     

     

    Hofman duck in Taïwan néonEnseigne à l'effigie du canard à Keelung, Taïwan

     

     

     

     

        Art contemporain, marketing ou attraction, les sculptures géantes gonflables (le Stonehenge de Jeremy Deller), en dur (l'araignée de Louise Bourgeois) ou en fleurs (le Puppy de Jeff Koons) se voient sur les parvis des musées, dans les parc d'attractions ou dans les fêtes sans qu'il soit toujours possible de leur attribuer un statut artistique. On attend toujours la locomotive géante de Jeff Koons.

     


     


     

    Liens sur ce blog:

    Le canard géant de Florentijn Hofman en tournée mondiale

    Estuaire 2007: grandeur et décadence du canard géant de Florentin Hofman

     

     

     

     

    video de l'explosion du canard géant de Florentijn Hofman à Taïwan

     

     

     

     

    Palagret

    art monumental contemporain

    août 2014


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  •  

       Voici une video de l'installation de Philippe Ramette sous la coupole des Galeries Lafayette. "Éloge de la contemplation" (Le Temps suspendu…) représente un homme seul, un mannequin de plastique blanc, contemplant d'en haut la foule du Grand Magasin.


     

     

    Ramette éloge contemplation Galeries Lafayette 34"Éloge de la contemplation" (Le Temps suspendu…), Philippe Ramette

    Sous la coupole des Galeries Lafayette


     

     

     


    Philippe Ramette, éloge de la contemplation... par Palagret

     

     

    Voir texte ici

     

     

    Ramette-carte-postale-sous-la-mer.jpgCartes postales de la performance de Philippe Ramette sous la mer

     

     

     

    Philippe Ramette

    "Éloge de la contemplation" (Le Temps suspendu…)

    Sous la coupole des Galeries Lafayette Haussmann, à Paris

    du 14 juillet au 30 août 2014

     

     

     

    Palagret

    août 2014

    Art et commerce

     


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      L'étrange cité des Kabakov n'utilise pas tout l'espace (13.500 m²) de la nef du Grand Palais. Les deux plasticiens russes installent de petites maisons aux murs blancs formant un labyrinthe. Les installations, maquettes, dessins et peintures ne se voient pas de l'extérieur. 

     

     

    Kabakov Monumenta 14 cité labyrinthe 1Les sept pavillons de l'étrange cité, Ilya et Emilia Kabakov, Monumenta 2014, Grand Palais

     

     

       L'étrange Cité d'Ilya et Emilia Kabakov n'est pas vraiment in situ comme les oeuvres des Monumenta précédentes. La coupole, la porte et les pavillons des Kabakov pourraient être exposés ailleurs car ils ne prennent pas en compte l'architecture spécifique du lieu, son immensité et sa lumière.

     

     

    Kabakov-Monumenta-14-e-trange-cite--coupole-et-p-copie-1.jpgLa coupole et la porte, Kabakov, l'étrange cité, Monumenta 14 

     

     

      Au contraire, Richard Serra y avait planté cinq stèles monumentales (Promenade 2008), Boltanski étalé de sinistres vêtements rappelant les camps de concentration (Personnes 2010), Anish Kapoor avait rempli la nef d'un monstre boursoufflé (Léviathan 2011) et Daniel Buren avait planté une forêt de parasols colorés (Excentrique(s) 2012); toutes installations monumentales qui habitaient le Grand Palais. Seul Anselm Kiefer en 2007 avait seulement parsemé l'immense nef de ruines.

     

     

     

    Kabakov Monumenta 14 cité labyrinthe 0Pavillons de l'étrange cité, Ilya et Emilia Kabakov, Monumenta 2014, Grand Palais

     

     

     

       Avec ses ruelles, ses murs blancs aveugles et ses arc-boutants, l'étrange cité évoque une cité médiévale méditerranéenne, une casbah aux portes étroites. Il faut pénétrer à l'intérieur pour découvrir les richesses de l'étrange cité. Chaque pavillon est un récit illustré qui traite d'une voie possible pour atteindre l'au-delà par des métaphores, des atmosphères ou une suggestion sensorielle. Ce voyage dans l'immatériel et l'infini suit une évolution qui passe par différents stades:

     

     

     

    Kabakov-Monumenta-14-e-trange-cite--muse-e-vide.jpgLe musée vide, l'étrange cité des Kabakov, Monumenta 2014, Grand Palais

     

     

    - Le musée vide, approche esthétique: la salle est dépourvue de tout tableau. Des taches de lumière indiquent l'emplacement des tableaux envolés tandis que résonne la Passacaille de Jean-Sébastien Bach. C'est un espace de recueillement pour les visiteurs attentifs ... ou un sujet de plaisanterie pour d'autres. Des médiateurs sont là pour expliquer la démarche des Kabakov.

    - Manas, cité céleste, approche mystique et mythologique.

    - Le centre de l'énergie cosmique, approche scientifique.

     

     

     

    Kabakov-Monumenta-14-e-nergie-cosmique-10338.jpgLe centre de l'énergie cosmique, l'étrange cité des Kabakov, Monumenta 2014, Grand Palais

     

     

     

    - Comment rencontrer un ange, approche religieuse

    - Les portails, transition de la vie à la mort. Approche humaniste agnostique. Un portail de bois "marque la césure entre l'intérieur et l'extérieur, entre le domaine privé et la sphère sociale, entre l'individuel et le collectif". Il est entouré de douze peintures, variations stylistiques jouant avec la lumière.

     

     

    Kabakov-Monumenta-14-e-trange-cite--Portail.jpgLes portails, l'étrange cité des Kabakov, Monumenta 2014, Grand Palais

     

     

     

          - La chapelle blanche et la chapelle sombre parlent de l'oubli et de la mémoire. Reprenant les proportions d'une église de la Renaissance, elles sont ornés de tableaux d'Ilya Kabakov.

     

     

     

    Kabakov-Monumenta-14-chapelle-sombre-10387.jpgLchapelle sombre, l'étrange cité des Kabakov, Monumenta 2014, Grand Palais

     

     

    Kabakov-Monumenta-14-chapelle-blanche-10398.jpgLa chapelle blanche, l'étrange cité des Kabakov, Monumenta 2014, Grand Palais

     

     

    Kabakov Monumenta 14 cité labyrinthe 2Pavillons de l'étrange cité, Ilya et Emilia Kabakov, Monumenta 2014, Grand Palais

     

     

     

    Liens sur ce blog:

    Monumenta: les Kabakov à la rencontre de l'ange dans l'étrange cité

    Monumenta 2008, une promenade avec Richard Serra

    Monumenta 2010, Boltanski, coeurs battants sous la nef

    Monumenta 2011: Anish Kapoor succédera à Boltanski au Grand Palais

    Leviathan, dans le ventre du monstre boursouflé d'Anish Kapoor, Monumenta 2011

    Monumenta 2012, Daniel Buren: une fantaisie mathématique sous la verrière du Grand Palais, video  

     

     

     

    Kabakov-Monumenta-14-l-e-trange-cite--plan.jpgPlan de l'étrange cité, Ilya et Emilia Kabakov, Monumenta 2014

     

     

     

    Monumenta 2014

    Ilya et Emilia Kabakov, l'étrange cité

    Du 10 mai au 22 Juin 2014

     

    Grand Palais, Paris

     

     

    Palagret

    Monumenta

    mai 2014

     

     

     

     

     
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